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Un soir de décembre, à Paris

De beaux souvenirs d’une conférence de presse au premier étage de la tour Eiffel

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JOEL LEMAY/AGENCE QMI Johnny Hallyday en spectacle à Montréal en 2014.

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Johnny Hallyday était une icône en France. À quel point ? Vous auriez dû voir les journalistes perdre toute contenance devant lui lors d’une conférence de presse tenue à Paris, en décembre 2011.

 

C’était pour annoncer une tournée qui allait marquer son retour au Québec, sur les plaines d’Abraham, lors du Festival d’été. À l’invitation du FEQ justement, j’avais fait le voyage à Paris pour rencontrer et constater le phénomène.

Déjà, le décor en disait long sur l’ampleur de l’homme : une conférence de presse suivie d’un concert au premier étage de la tour Eiffel.

On est Johnny ou on ne l’est pas.

Mais le plus frappant, pour les journalistes québécois sur place, était de voir nos collègues français amorcer presque chaque question par : « bonsoir, vous êtes mon idole et celui de ma mère, j’adore ce que vous faites et merci de venir chanter chez nous lors de votre tournée. Alors, ma question... »

Méchant contraste avec le style, disons, plus réservé des médias nord-américains.

Moi qui ai couvert le Festival de Cannes à quelques reprises, j’étais habitué à ces manifestations de « groupisme » d’une certaine presse européenne. Mais avec Johnny, ça surpassait tout.

Du feu dans les yeux

Il faut dire que le rocker n’était pas tendre avec les journalistes qui ne chantaient pas ses louanges. Rare mouton noir lors de cette conférence de presse un brin surréaliste, le représentant du Parisien avait subi les foudres du Taulier parce que son journal avait osé publier des articles sur les ventes de billets décevantes d’une tournée précédente.

« C’est tout ce que vous avez à faire, emmerder les gens ? », lui avait balancé Johnny Hallyday, du feu dans les yeux.

Combattre

Cette réplique assassine illustrait néanmoins un aspect de la personnalité de Hallyday qui lui a permis de durer. C’était un combattant. Pour lui, la vie était une bagarre incessante.

Contre la mort, qu’il a frôlée à plusieurs reprises. Contre ses démons, l’alcool et la drogue en particulier. Car Johnny avait sans cesse besoin de toucher le fond pour mieux remonter. D’où cette aura d’invincibilité qui l’entourait.

« Chaque jour était une victoire pour lui », me confiait à ce sujet Marie-Mai, qui a chanté avec lui, il y a quelques années.

Du coup, qu’il ait vécu jusqu’à l’âge de 74 ans sans jamais lever le pied de l’accélérateur restera le plus grand accomplissement de ce fabuleux artiste. Au revoir, Johnny !