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On a oublié de rire

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Le gala des Olivier d’hier soir était pétri de bonnes intentions : un humoriste qui met son trophée aux enchères pour les victimes d’agressions sexuelles, chapeau ; un animateur qui refuse de nommer l’agresseur présumé de l’année parce que ce serait lui faire trop d’honneur, très classe ; des présentateurs qui nous donnent des trucs pour éviter les grands malaises sexuels dans les partys de Noël, bien vu ; des humoristes qui portent un macaron avec un mégaphone pour encourager la dénonciation, très bien. C’était très actuel, très sensible. Mais était-ce drôle ? Bof.

Je comprends le besoin de l’industrie de faire son mea culpa, son acte de contrition, de s’autoflageller pour avoir accueilli en son sein un mononcle libidineux, en fermant les yeux avec plus ou moins de complaisance. Mais trop c’est comme pas assez. À force de prendre des mines sombres pour parler de ce sujet grave et de confronter l’éléphant dans la salle, on a oublié de faire rire. Et un gala d’humour ce n’est pas un message d’intérêt public ou un sermon sur les vilains prédateurs. Vivement l’année prochaine pour qu’on rie un peu.

What de phoque ?

- Question candide : pourquoi tous ces « hosties », « criss », « tabarslak », « je chiais dans mes culottes en tabarnak », dans vos bouches, chers gagnants et présentateurs, toute cette vulgarité, tous ces « bullshit », « j’m’en sacre », « se frotter le batte », « rien qu’s’une lèvre », toutes ces blagues en dessous de la ceinture ?

Pourquoi Patrick Groulx et François Morency ont-ils fait tout un numéro « fuck la relève » en prononçant 687 fois le mot « fuck », jusqu’à dire « fuck l’enveloppe » au moment de dévoiler le gagnant ? Vraiment, des scripteurs ont été payés pour écrire ça ?

- Pour des humoristes qui, il y a quelques mois seulement, montaient sur scène avec des muselières pour dénoncer les attaques à la liberté d’expression, je trouve qu’il n’y en a pas eu beaucoup pour appuyer Guy Nantel, que le lobby des rien-pensants a voulu faire taire. À part François Morency qui a blagué sur le fait que l’homme qui a fait des menaces de mort à Nantel était peut-être un participant à ses vox pop mécontent, personne n’y a fait référence. Wow, belle solidarité les amis. Quand ce sera vous qui vous ferez dire : « Tu n’as pas le droit de faire des blagues sur X ou Y », qui se portera à votre défense ?

- Le t-shirt de Simon Leblanc. Que dire ? Au moins, il n’était pas déchiré.

Le malaise Bombardier

En terminant, j’aimerais poser une question à Mario Tessier. Lors de l’avant-gala, Tessier a demandé à Mariana Mazza sur le tapis rouge : « Tu es amie avec Denise Bombardier. ... J’ai pas de joke là-dessus, je voulais juste te laisser avec un frette. »

Ah oui, Mario, être amie avec une intellectuelle qui a fait avancer le Québec et qui a toujours eu le courage des ses opinions, et qui a dénoncé les prédateurs sexuels bien avant que tu fasses ton premier spectacle, c’est vraiment un « beau malaise », c’est honteux ?