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La lente mutation de l'automobile

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Cela fait maintenant plus de 65 ans que je commente la scène automobile après d’humbles débuts dans un hebdo de sport appelé fort à propos «Parlons Sport». Soyez sans crainte, je ne vous ennuierai pas avec d’endormantes statistiques.

Mon topo se veut davantage un constat de l’évolution de cette industrie qui a traversé de longues périodes de vacuité au long desquelles les vraies innovations techniques furent d’une rareté désolante. L’accent était mis sur les gros V8 forts en cylindrée, mais faibles en puissance. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils étaient increvables.

L’automobile a fait des progrès incommensurables au cours des 65 dernières années, même si elle a stagné pendant trop longtemps. Prenons l’exemple des freins à disque qui ont fait leur apparition seulement après avoir été expérimentés dans des courses d’endurance. Ils ne sont même pas encore utilisés à l’arrière sur bon nombre de voitures.

Des bonds prodigieux

Le plus bel exemple des avancées de l’automobile réside dans les statistiques entourant leurs performances. Je citerai un exemple qui me concerne personnellement et qui paraît irréfutable. Il y a environ 10 ans, j’étais retombé en amour avec une voiture sport dont le nom seul évoquait la performance pure et dure. À tel point que j’avais décidé d’en dénicher une sur le marché de l’occasion et de fureter avec le monde de la voiture ancienne.

Il s’agissait d’une Alfa Romeo Giulietta Sprint Veloce 1959 qui fut ma compagne pendant un an.

 

N’était-ce pas une entrée en matière sublime dans ce marché?

À l’arrêt, on eut dit qu’elle roulait à 200 km/h sauf qu’elle était incapable de rattraper une simple Volkswagen ou même une Toyota Corolla de l’année, édition sport ou non. J’avais beau défoncer le plancher, mon Alfa made in Italy avait besoin  d’un bon 10 km pour atteindre les 130 km/h promis. Rien pour écrire à chez vous!

Bref, les voitures étaient lamentables avec leurs chromes étincelants et une pléthore de gadgets sinon de bébelles inutiles comme les voitures «parlantes» (sans blague) issues de chez Chrysler ou les quatre roues directrices, courtoisie de chez Honda.  Elles ne faisaient rien d’autre que d’user 4 quatre pneus en virage au lieu de deux. 

Au cours de mes 65 ans dans l’automobile, il était notoire de voir les designers accorder plus d’attention à la silhouette qu’aux éléments mécaniques. Au diable la mécanique et vive le flafla! Ainsi, les enjoliveurs de roues passaient bien avant les disques qui devinrent à l’ordre du jour.

La peur des coussins

J’ai aussi connu l’époque des transmissions automatiques à trois vitesses alors que le Jeep Cherokee de maintenant vous offre, croyez-le ou non, 9 rapports. Ce n’est certes pas une réussite totale, mais une évolution tout de même notable.

Parmi les vraies options des années évolutives, on trouve les freins ABS, qui mirent du temps à s’imposer à cause des réactions (sautillements) dans le volant. Même chose pour les coussins gonflables dont le public avait une sacrée peur, craignant que leur présence blesse par exemple un conducteur qui fumerait la pipe au volant, risquant de l’avaler.

 

Conséquemment, leur imposition allait tomber dans la controverse. Nul besoin de préciser que ces mesures de sécurité entrainèrent une résistance chez de nombreux automobilistes, retardant du coup leur apparition sur le marché.

Comme vieux routier, j’ai aussi «subi» l’ère des compactes américaines concoctées en vitesse pour répondre aux succès des constructeurs japonais. C’est ce qui nous a donné quelques aberrations appelées Vega, Valiant, Corvair, Falcon, Comet et une fournée de voitures peu fiables et mécaniquement inférieures aux créations étrangères.

Je pourrais en rajouter bien d’autres au risque de voir cet article devenir une sorte de bible automobile. Cela nous mènerait bien loin quand on voit arriver la voiture autonome qui menace la survie de l’industrie automobile telle qu’on la connaît.

 

Une chose demeure certaine: j’espère être là pour en suivre la mutation.