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Le principal gang de narcos de Colombie annonce la fin de ses actions armées

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Photo AFP

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Le Clan del Golfo, principale bande de trafiquants de drogue de Colombie qui s’est dit prêt à se livrer à la justice, a annoncé la fin de ses actions armées dans un «effort» pour une paix «complète», après plus d’un demi-siècle de conflit.

«Nous décrétons une cessation unilatérale des actions militaires offensives sur tout le territoire national à partir du treize décembre de cette année», ont écrit les milices d’Autodéfense gaïtanistes de Colombie (AGC), le bras armé de cette bande criminelle, mercredi soir dans un communiqué.

Le président Juan Manuel Santos a salué jeudi cette annonce. «Tout acte pour diminuer la violence dans ce pays est bienvenu. Mais cela ne signifie pas que nous allons cesser de mettre la pression sur cette organisation», a-t-il déclaré à Medellin, la deuxième ville de Colombie (nord-ouest), où il a lancé un programme de lutte contre la coca, composant de la cocaïne dont la Colombie est le premier producteur mondial.

Le Clan del Golfo (Clan du Golfe), issu de la démobilisation des paramilitaires d’extrême droite en 2006 et qui se consacre essentiellement au trafic de drogue ainsi qu’à l’extraction minière illégale, a annoncé en septembre son intention de se soumettre à la justice.

Mercredi, les AGC ont affirmé que l’arrêt des actions armées entrait dans le cadre des «efforts» et des «engagements» du Clan pour «contribuer à une paix intégrale, totale et durable». Elles ont appelé les associations de victimes, les militants des droits, l’Eglise catholique et la communauté internationale à vérifier le respect de cette trêve.

Elles ont en outre demandé à la guérilla de l’ELN, qui observe un cessez-le-feu jusqu’au 9 janvier, aux dissidents de l’ex-rébellion des Farc, qui a signé la paix en 2016, et aux autres gangs de trafiquants de se joindre à cette trêve dans les zones où ils peuvent être en conflit.

Le gouvernement ne considère pas le Clan del Golfo comme un acteur politique du conflit armé qui déchire la Colombie depuis plus de 50 ans. Mais en octobre il a présenté un projet de loi prévoyant une réduction des peines en faveur des gangs se soumettant à la justice.

Le Clan del Golfo est la cible d’une offensive des forces de l’ordre depuis 2015. Selon les autorités, ses effectifs ont été réduits de 4000 à environ 1800 membres. Son numéro deux, Roberto Vargas Gutierrez alias «Gavilan», a été tué en septembre, puis son successeur Luis Orlando Padierna, alias «Inglaterra», en novembre.

Ce gang, auparavant appelé Clan Usuga ou Los Urabeños, contrôle jusqu’à 45% du trafic de drogues vers les États-Unis. Il est dirigé par Dairo Antonio Usuga, alias Otoniel, l’homme le plus recherché de Colombie et pour l’arrestation duquel Washington offre une récompense de cinq millions de dollars.