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Saunders: de vieilles tactiques

Billy Joe Saunders
Photo MARTIN ALARE Billy Joe Saunders

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Dans toutes ces années passées à couvrir des soirées de boxe, un seul boxeur a vraiment gagné un combat pendant la conférence de presse. Les autres fois, les tactiques habituelles de roulage de gros yeux n’ont eu qu’une incidence mineure sur l’allure d’un combat.

Quand bien même Billy Joe Saunders aurait rappelé la défaite de David Lemieux contre Gennady Golovkin en insistant sur le fait que ça prouvait qu’il n’était pas digne de l’élite mondiale, il oubliait que Kell Brook, l’ancien champion du monde qui a traversé l’Atlantique pour l’encourager, s’est fait coucher en cinq rounds par Golovkin.

Si tu veux insulter Brook, envoie fort mon homme, je ne suis pas certain qu’il te prend très au sérieux.

Et si tu veux insulter David Lemieux, c’est parfait. Lemieux a entendu dix fois pire dans les rues de sa jeunesse.

Bernard Hopkins

Bernard Hopkins, qui est maintenant l’un des actionnaires de Golden Boy, a joué au père Noël, hier, à Sorel.
Photo courtoisie
Bernard Hopkins, qui est maintenant l’un des actionnaires de Golden Boy, a joué au père Noël, hier, à Sorel.

Le seul que je sais qu’il est entré dans la tête d’un boxeur lors d’une conférence de presse officielle, c’est Bernard Hopkins. Je le sais parce que Jean Pascal me l’a confirmé quelques années plus tard et que j’ai subi la lourdeur de son regard de tueur même si je n’avais rien à voir avec le ring.

Ce jour-là, pendant que Pascal faisait son numéro, Hopkins fixait le vide... avant de m’accrocher. Cet homme est intimidant même si on sait parfaitement qu’il ne peut quand même pas se lever pour venir t’agresser. Je ne sais pas pourquoi, peut-être un regard acquis dans les prisons américaines où il a séjourné.

Puis, Hopkins avait accroché le micro et lui qui parle comme un roman-fleuve avait soufflé d’une voix rauque : « Have a good fight ». Tout. C’avait été tout. Mais c’était menaçant. Tellement que Pascal m’avait raconté plus tard : « Le seul qui est entré dans ma tête avant un combat, c’est Bernard Hopkins. Il m’avait vraiment atteint ».

Soit dit en passant, pour son combat contre Ahmed Elbiali, Pascal et Stéphan Larouche ont joué la game eux aussi. L’histoire que Pascal avait pris du poids, c’était de la boulechite. Pour convaincre le clan Elbiali encore plus, ils ont même demandé un amendement au contrat pour avoir droit à deux livres de plus. C’était de la frime.

Le jeune Elbiali était convaincu qu’il aurait droit à une promenade avec un p’tit vieux hors de forme. Il n’a jamais rien compris à cette tempête du nord qui s’abattait sur lui.

HBO et Golden Boy : la sainte paix

Laval avait de la grosse visite hier midi. On l’oublie, mais attirer à la même table dans le resto-bar du Sheraton Peter Nelson, le patron de HBO, et Eric Gomez, celui qui mène le quotidien... et le mensuel chez Golden Boy, c’est déjà un exploit en soi.

Nelson, toujours aussi beau gosse, sait comment répondre à n’importe quelle question, même la plus vicieuse qu’on puisse imaginer. Il reste souriant, regarde l’interlocuteur dans les yeux et répond d’une voix posée qui dédramatise le pire des conflits.

HBO a été secoué par l’arrivée de PBC et le projet d’Al Haymon de réussir avec la boxe ce que l’UFC a réalisé avec les arts martiaux mixtes : c’est-à-dire créer un monopole. Et voilà que Bob Arum, le patriarche (mes excuses à Manon Massé) de Top Rank a déposé toutes ses affaires au réseau ESPN. Mais Nelson ne panique pas.

« Disons que nous sommes en paix. S’il y a eu une guerre avec Al Haymon et PBC, on n’en parle plus. Nous sommes en paix et nous continuons à présenter de bons combats de boxe avec de bons partenaires comme Golden Boy Promotions, entre autres. C’est le secret de la business, présenter de bons et grands combats », a-t-il dit.

Décodé, c’est clair. La terrible guerre contre les centaines de millions flambés par PBC et Al Haymon est pratiquement terminée. Et si Nelson ne veut surtout pas s’en vanter, n’en demeure pas moins que c’est HBO qui a gagné. Par le simple fait de survivre et d’occuper son territoire.

Quant à Golden Boy, ils ont flanqué une poursuite de 300 millions contre Al Haymon. Et surtout, ils ont continué d’organiser de bons combats. Et ils ont probablement parmi les trois plus importants promoteurs sur la planète.

Tout ce beau monde sera encore à Laval ce midi...