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Un maire adopté par une Française et un soldat allemand

Eric Westram
Photo Dave Parent Eric Westram, Maire de Rosemère

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L’histoire du nouveau maire de Rosemère tient du scénario hollywoodien. Né en Europe d’une mère adolescente puis confié à l’orphelinat, il a été adopté par une Française et un Allemand qui se sont rencontrés pendant les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale.

Eric Westram l’admet, il est un drôle de phénomène en raison de son passé pour le moins particulier.

Sa mère biologique était une adolescente italienne qui l’a mis en adoption alors qu’il n’avait que quatre ou cinq jours en 1956.

« Je suis une espèce de mélange de citoyens du monde et j’ai gardé ce côté culturel très ouvert », dit-il.

Enfant soldat

Le destin d’Eric Westram s’est joué sur les champs de bataille en France.

« Mon père étant allemand et ma mère française, ils étaient l’un contre l’autre. Mon père conduisait des chars d’assaut, des Panzer. Il faisait partie de la dernière vague de soldats. Hitler sentait que la guerre était perdue. Il prenait des enfants, leur mettait un fusil dans les mains et il les envoyait au front. Mon père devait avoir 16 ou 17 ans quand ils l’ont mis dans un char d’assaut », précise le nouveau maire.

Il ajoute aussi que son père adoptif, Horst Walter Westram, ne partageait pas la philosophie des nazis, bien au contraire. Sous le régime totalitaire de Hitler, les jeunes Allemands n’avaient pas le choix, c’était les champs de bataille ou la mort.

L’amour pendant la guerre

C’est après avoir été blessé et fait prisonnier que Horst Walter a rencontré Germaine, la femme avec qui il restera jusqu’à la fin de ses jours.

Son char d’assaut a été immobilisé. En sortant, il s’est fait tirer des balles dans le dos.

« Après, mon père s’est retrouvé prisonnier dans une ferme en France et c’est là qu’il a rencontré ma mère qui était déjà orpheline, a dit M. Westram.

« Mes parents ont quitté l’Europe avec moi pour le Québec », raconte l’homme de 61 ans. Le maire, dont le nom à la naissance était Achile Faltreni, n’en veut pas à sa mère biologique de l’avoir confié à un orphelinat. L’adoption lui a permis de grandir au sein d’une famille unie pour qui l’éducation avait une grande importance.

« Je peux imaginer une jeune femme italienne de 16 ans qui tombe enceinte dans un pays très religieux. Ça n’a pas dû être évident. Me laisser à l’adoption a été selon moi un geste extrêmement noble », conclut M. Westram.

-En collaboration avec monjournal.ca