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Un Montréalais lance un jeu de société sur la corruption

David Loach a conçu le jeu de société «Construction & Corruption» qui se penche sur la corruption dans l'industrie de la construction à Montréal. Il se trouve au café Point de Victoire où le jeu a été lancé le samedi 16 décembre. La version française sera disponible en janvier 2018.
SARAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES/AGENCE QMI David Loach a conçu le jeu de société «Construction & Corruption» qui se penche sur la corruption dans l'industrie de la construction à Montréal. Il se trouve au café Point de Victoire où le jeu a été lancé le samedi 16 décembre. La version française sera disponible en janvier 2018.

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«Moins il y a de travaux complétés, plus vous êtes payé.» C’est le mot d’ordre d’un tout nouveau jeu de société sur la corruption dans l’industrie de la construction qui vient d’être lancé par un Montréalais.

Le but du jeu de négociation «Construction & Corruption» est de conserver le plus longtemps possible ses contrats auprès de la Ville de Montréal pour faire un maximum d’argent. Toutes les stratégies sont possibles pour s’enrichir de façon malhonnête : pots-de-vin, soudoiement, collusion entre entrepreneurs, alliances avec le maire. Mais les joueurs doivent réussir ce tour de force sans se faire pincer par les autorités et en évitant les enquêtes.

«Cela a commencé par une blague entre moi et mon ami Frank [Perrin, co-créateur du jeu]. On était pris cet été dans le trafic sur l’autoroute 40 en direction ouest et on s’est amusé pendant deux heures à parler de l’idée d’un jeu de société sur la corruption», raconte David Loach, éditeur multimédia et concepteur du jeu de société.

Après avoir consacré ses temps libres à travailler sur son projet et à le tester, ce dernier a finalement lancé «Construction & Corruption» ce samedi en version anglaise. La version française sera disponible en janvier 2018.

«Au début, je faisais cela pour mes amis, mais maintenant beaucoup de gens me disent qu’ils veulent le jeu!» souligne le trentenaire, qui est un grand amateur de jeux de société.

Se moquer de la corruption

Le jeu se veut un amusant clin d’œil au scandale de corruption à Montréal dans l’octroi de contrats publics dans le milieu de la construction, qui a mené à la création de la commission Charbonneau en 2011.

«Pour plusieurs le jeu est un stéréotype négatif de Montréal. Dans un sens oui ce l’est, mais dans l’autre sens tous les gens pour qui je l’ai fait sont des gens qui habitent à Montréal. Pour nous c’est une blague», soutient David Loach.

«Il y a un petit système de justice dans le jeu, ça ne banalise pas la corruption, ça met de l’avant les initiatives pour l’enrayer», indique celui qui est prêt à adapter éventuellement son jeu pour d’autres villes comme New York et Seattle.

Une campagne de sociofinancement sera lancée cette semaine sur le site Kickstarter. Il sera possible de commander le jeu de société en version bilingue pour une livraison vers le mois de février.

David Loach espère réussir à vendre 500 unités au coût approximatif de 70 $ canadiens pour chacun.

Pour plus d’informations : constructionandcorruption.com