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1,6 M$ pour le pied-à-terre d’un Hells

Le motard a même placé une pub dans le New York Times pour vendre le domaine de Sainte-Sophie

Le courtier présente le domaine comme une « majestueuse résidence rustique contemporaine sur un site enchanteur ».
Photo courtoisie Sotheby’s Le courtier présente le domaine comme une « majestueuse résidence rustique contemporaine sur un site enchanteur ».

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Le pied-à-terre d’un Hells Angel québécois récemment promu membre du gang sur la Côte d’Azur est à vendre pour la coquette somme de 1 625 000$.

Ce somptueux domaine situé au bord d’une rivière, à Sainte-Sophie, dans les Basses Laurentides, a longtemps été le domicile du motard globe-trotter Martin Robert et appartient au père de ce dernier, a appris Le Journal.

Le domaine, qui comprend une maison pour invités, borde la rivière Achigan.
Photo courtoisie Sotheby’s
Le domaine, qui comprend une maison pour invités, borde la rivière Achigan.

Alors qu’il était membre du chapitre des Hells de Montréal, « Marty » Robert avait notamment fourni au tribunal l’adresse de cette propriété comme étant son lieu de résidence après avoir été arrêté dans l’opération SharQc.

La maison de courtage Sotheby’s International cherche des acquéreurs potentiels ici, mais aussi aux États-Unis puisqu’elle annonce la propriété dans le quotidien New York Times.

Une vue de la salle à manger.
Photo courtoisie Sotheby’s
Une vue de la salle à manger.

Nouveau Hells français

Selon nos sources, Martin Robert a quitté le chapitre montréalais des Hells — qui fêtait ses 40 ans le week-end dernier — durant la dernière année pour devenir membre en règle d’une section que la bande a établie sur la Côte d’Azur, en France.

Il est ainsi l’un des rares motards québécois à avoir acquis un statut de Hells Angel « international » avec un écusson « World » cousu sur sa veste.

Martin Robert, portant sa veste des Hells lors d’un voyage à Venise.
Photo courtoisie
Martin Robert, portant sa veste des Hells lors d’un voyage à Venise.

Originaire de Sainte-Sophie, Robert, 43 ans, est libre depuis mars 2015 après avoir purgé cinq ans de prison à la suite de l’opération SharQc. Il s’était reconnu coupable de complot relativement à des meurtres commis pendant la guerre que les Hells ont livrée aux Rock Machine entre 1994 et 2002.

Il avait réussi à esquiver cette rafle policière de la Sûreté du Québec en avril 2009, ce qui lui avait valu de faire partie des 10 criminels les plus recherchés de la province.

Sa cavale a pris fin neuf mois plus tard près de Cancún, au Mexique, où il se terrait sous une fausse identité.

Condamné à répétition

Ancien membre des Death Riders de Laval, Robert a accumulé les condamnations pendant les années 90, pour incendie criminel, trafic de cocaïne et possession illégale d’armes à feu chargées.

Le 18 janvier 1999, le défunt avocat Pierre Panaccio était parvenu à lui éviter une longue peine de pénitencier en convainquant le juge Paul Chevalier que le jeune Robert s’était « extirpé » du milieu des motards et qu’il « ne représentait plus un danger pour la société ».

La défense avait notamment plaidé que Robert avait quitté l’école durant sa 5e année du secondaire, qu’il avait eu un grave accident d’automobile et qu’il avait commencé à côtoyer les motards en fréquentant les bars.

Le 5 décembre 2002, Martin Robert recevait ses « couleurs » de membre en règle des Hells.

Robert avait aussi été accusé avec son confrère Normand « Casper » Ouimet dans l’opération Diligence portant sur l’infiltration des Hells dans l’industrie de la construction. Il était soupçonné d’avoir fait ouvrir des comptes offshore à l’île Maurice et d’avoir blanchi de l’argent sale pour le compte d’une organisation criminelle, mais il s’en était tiré indemne en bénéficiant d’un arrêt des procédures en 2013.