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Une pêche de 750 kilos

Un motard québécois arrêté en haute mer sur un voilier chargé de 37 millions $ en cocaïne

Basés en République dominicaine, le Sea Ya II et son équipage ont fait escale à l’île de Saint-Martin et naviguaient vers le Québec.
Photo Courtoisie Basés en République dominicaine, le Sea Ya II et son équipage ont fait escale à l’île de Saint-Martin et naviguaient vers le Québec.

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Le périple téméraire d’un motard québécois qui revenait du Sud à bord d’un voilier chargé de plus de 37 millions $ en cocaïne a fini en queue de poisson mardi.

Ce proche des Hells Angels a été arrêté en flagrant délit au large de la côte Est américaine, en matinée, avec deux autres membres de l’équipage du Sea Ya II qui transportait 750 kilos de cette drogue, a appris notre Bureau d’enquête.

Le Montréalais d’origine, dont on ne peut révéler l’identité puisqu’il n’a pas encore été accusé, s’est fait épingler au terme d’une enquête d’envergure internationale menée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avec des organisations policières basées à l’étranger.

Un Américain et un Européen ont aussi été écroués après que la Garde côtière américaine eut arraisonné le voilier de 65 pieds qui remontait l’océan Atlantique, à la hauteur du Maine.

Via Saint-Martin

Selon nos sources, les policiers croient que la drogue était destinée au marché canadien, du moins en partie, à cause de la présence du Québécois de 43 ans sur le bateau.

Le voilier Sea Ya II aurait son port d’attache en République dominicaine, où des Hells Angels du Québec ont fondé un chapitre, à Cabarete, il y a près de 10 ans.

D’après nos sources, le bateau – mis en vente pour 240 000 $ par ses ex-propriétaires il y a 10 ans – aurait fait escale à l’île de Saint-Martin, dans les Caraïbes, ont pu constater les policiers qui suivaient son trajet depuis le début.

En septembre dernier, la GRC et l’Agence des services frontaliers avaient également intercepté un voilier en provenance de Saint-Martin transportant 250 kg de cocaïne à son arrivée en Nouvelle-Écosse. Luc Chevrefils, 59 ans, de Saint-Zotique, ainsi qu’un Néo-Écossais qui pilotait le petit voilier de 29 pieds avaient été arrêtés.

 

Une méthode éprouvée

Il est rare qu’un voilier rempli de cocaïne soit intercepté non loin du Québec en plein mois de décembre.

Toutefois, l’utilisation de ce type d’embarcation de plaisance par des narcotrafiquants québécois pour importer de la drogue ne date pas d’hier. Plusieurs se sont fait prendre avant que leur commande n’arrive à bon port. Parmi eux, on retrouve :

  • En juillet 2004, la GRC avait arrêté six Québécois au large de la Nouvelle-Écosse, dont Roger Bourbeau et Martin Patry, de Longueuil, qui revenaient de la Colombie sur un voilier chargé de 500 kg de poudre blanche.
  • Le mois suivant, le voilier de Luc Normandin, de Sainte-Anne-de-la-Pérade, se faisait saisir au large de Porto Rico avec 750 kg de cette drogue à son bord. Normandin avait été condamné à 17 ans de taule, tandis que le caïd du gang de l’Ouest, Raymond Desfossés, avait écopé de 13 ans dans cette affaire.
  • En 2007, Jean-Pierre Gagnon, un ex-journaliste qui fut aussi attaché politique de l’ex-ministre péquiste Jean Garon, avait été appréhendé aux Bahamas sur un voilier transportant 226 kg de cocaïne.

Sur le marché noir montréalais, la valeur de la drogue saisie mardi au large du Maine s’élève minimalement à 37,5 M$, si l’on tient compte que le kilo se vend 50 000 $ au Québec. Mais une fois « coupée » pour en augmenter la quantité et écoulée sur la rue, la même cocaïne peut générer des revenus de cinq à sept fois plus élevés pour l’ensemble de sa chaîne de distribution.