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Un party propre, propre, propre

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Cette semaine, l’Association étudiante des études avancées en philosophie de l’Université du Québec à Montréal (l’AEEAP-UQAM) a envoyé le courriel suivant à ses membres.

CONTENT-ES D’ÊTRE INVITÉ-ES

« Nous sommes heureuses et heureux de vous inviter au cocktail de fin de session ! L’AEEAP et l’Assophia mettront à votre disposition des breuvages, avec et sans alcool, ainsi qu’un buffet végane substantiel.

« De plus, il y aura une foire aux livres sur place ! L’AEEAP fait don de ses vieux livres, mais n’hésitez pas à en apporter si vous en avez dont vous voulez vous départir.

« Vous pouvez également faire des demandes spéciales pour forger l’ambiance musicale : il suffit de nous envoyer vos propositions sur Facebook ou par courriel !

« Toute la communauté départementale, incluant les professeur-es et les étudiant-es de tous les cycles, sont invité-es à faire connaissance et à tisser des liens indestructibles dans une ambiance décontractée et inclusive.

« Nous vous rappelons qu’il s’agit d’un événement inclusif et que le respect mutuel sera exigé de toutes et tous. À ce titre, les propos sexistes, misogynes, racistes, homophobes, capacitistes, transphobes ou en général discriminatoires ou intolérants ne seront pas acceptés.

« Il y aura sur place une personne sobre à contacter si vous en ressentez le besoin. Au plaisir de vous y voir ! »

LA NOVLANGUE UNIVERSITAIRE

La personne (probablement non genrée et non binaire) qui a rédigé ce communiqué maîtrise parfaitement la novlangue universitaire.

Tous les poncifs à la mode y sont : l’écriture non genrée, le buffet végane, la répétition du mot « inclusif », la présence d’une personne « sobre » qui pourra policer les pensées si jamais les langues se déliaient trop sous l’effet de l’alcool (rappel du bon vieux temps où un parent responsable surveillait les partys de jeunes dans les sous-sols, afin de s’assurer que ça ne frenchait pas trop)...

On met même en garde les invités contre les propos « capacitistes » – ie : « forme de discrimination, de préjugé ou de traitement défavorable contre les personnes vivant un handicap »...

Cela dit, je me pose une question existentielle : pourquoi prendre la peine de préciser que les blagues racistes, sexistes, homophobes et transphobes seront interdites ?

On parle ici d’une association d’études avancées ! En philo ! À l’UQAM !

C’est comme si un regroupement de végétariens prenait la peine de préciser à ses membres de ne pas apporter de ragoût de pattes de cochon à son party de Noël !

LE BRAILLARD

Il y a quelques jours, j’ai été invité au traditionnel party de fin de sondage de CHOI Radio X.

Je n’ai pas entendu une seule blague raciste ou sexiste de la soirée... Et on n’avait prévu aucun safe space pour protéger les oreilles fragiles des fêtards. Pas besoin !

Diantre ! Ciel d’Afrique et patte de gazelle ! Serait-ce plus dangereux d’assister à un party d’étudiants de philo à l’UQAM qu’à un party de la méchante, méchante radio de Québec ?

Après, on se demande pourquoi Justin est si populaire auprès des jeunes...

Le gars a passé la dernière année à brailler ! C’est le roi des petits lapins !

Nous vivons vraiment une époque formidable...