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2017: l’année des dérapages

2017: l’année des dérapages
Photo d’archives AFP

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On se souviendra de 2017 comme l’année de #moiaussi, Weinstein, Salvail, Rozon et compagnie.

Mais il faudra se souvenir aussi de 2017 comme l’année des dérapages : des gens accusés à tort et à travers, et l’omerta face à ceux qui osent remettre en question le discours commun. Si tu ne crois pas toutes les victimes 100 % du temps, si tu remets en question le dogme « hommes-prédateurs/femmes-victimes », tu es un sale traître à La Cause.

LES HOMMES, TAISEZ-VOUS !

Le comédien américain Matt Damon s’est fait tomber sur la tomate pour avoir dit... des évidences.

En entrevue avec Business Insider, il a affirmé : « Nous sommes à un tournant et c’est génial. Mais je pense qu’il y a une chose dont on ne parle pas suffisamment, c’est qu’il y a une trâlée (a shitload) d’hommes – en fait la majorité des hommes avec qui j’ai travaillé –, qui ne font pas ce genre de choses et dont la vie ne sera pas affectée ».

Damon a osé dire que tous les hommes à Hollywood ne sont pas tous des porcs. Il s’est fait crier des noms et s’est fait clouer au pilori, bien entendu. Des féministes lui ont même lancé qu’en tant qu’homme, il n’avait pas d’affaire à parler de ces sujets-là...

Au réseau ABC, il a aussi tenu des propos qui ont fait bondir les bien-pensants. Il a osé expliquer qu’il fallait faire une distinction entre « mettre une main aux fesses à quelqu’un » et « violer ou agresser sexuellement un enfant ». Il a précisé : « Je pense qu’il existe un spectre de comportements divers et variés ».

Personnellement, je suis entièrement d’accord avec lui. On ne peut pas mettre sur le même pied de « gravité » un regard insistant, une avance repoussée et une pénétration sauvage.

Matt Damon a dit des évidences. Mais il s’est fait traiter de tous les noms parce qu’en 2017, le gros bon sens a pris le bord.

ELLES NE SONT PAS TOUTES DES SAINTES

J’ai toujours eu de la difficulté avec les mouvements de type #onvouscroit. Jamais je ne pourrai me faire à l’idée que dès le moment où une femme affirme avoir été victime, il faut la croire sur parole.

Alors, en 2018, je vais continuer de m’interroger sur le fait que certaines présumées victimes de certains présumés prédateurs ont continué d’avoir avec eux des comportements amicaux pendant des années après leur présumée agression.

S’il y a une chose que j’ai retenue du procès de Jian Ghomeshi, c’est que des femmes peuvent mentir à leur avocat, et cacher des informations cruciales aux policiers et procureurs. Des femmes peuvent comploter entre elles pour « faire tomber » un homme puissant.

Rappelez-vous cette femme qui avait affirmé en Cour qu’elle ne voulait plus rien savoir de Ghomeshi après qu’il l’eut agressée. La défense avait démontré qu’un an plus tard elle lui avait envoyé des courriels de flirt accompagnés d’une photo d’elle en bikini.

LE PIRE ET LE MEILLEUR

Pour moi, 2017 aura été l’année où un mouvement social incontournable a donné la parole à des victimes réelles, mais aura aussi fait beaucoup de « victimes collatérales ». Des réputations détruites, des vies gâchées, bref, une chasse aux sorcières bien intentionnée qui a dérapé.