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Cartel du pain : vous pourriez recevoir une carte de 25 $ chez Loblaw

L’entreprise offre cette compensation pour avoir participé à un cartel du pain

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Si vous avez acheté du pain emballé dans un magasin de Loblaw, vous pourriez avoir droit à une carte de 25 $ que remet l’entreprise pour s’excuser d’avoir comploté pour fixer les prix durant près de 15 ans.

« C’est bon que cette situation ait été mise en lumière. Il faut avoir de la libre concurrence afin que le consommateur puisse avoir le meilleur prix possible, surtout qu’il n’y a pas beaucoup de joueurs dans le marché », soutient Mario Valiquette, qui achète trois paquets de pains préemballés par semaine pour ses deux ados.

L’entreprise Loblaw, qui détient notamment les supermarchés Provigo et Maxi, ainsi que la compagnie de pains Weston, ont admis mardi soir qu’elles avaient participé à une entente de fixation des prix concernant certains produits de boulangerie, de la fin 2001 à mars 2015.

Les deux compagnies qui appartiennent à la même société, George Weston limitée, ont aussi annoncé qu’elles ont congédié les employés responsables et mis en place des mesures pour éviter que cette situation se reproduise.

On ignore combien les consommateurs ont payé en trop en raison de ce cartel du pain, mais la compagnie a décidé d’offrir une carte de 25 $ à dépenser dans ses magasins aux consommateurs admissibles.

Loblaw estime qu'elle donnera de 75 à 150 millions $.

Mario Valiquette, qui achète trois paquets de pains par semaine, considère que le 25 $ promis n’est pas un montant suffisant.
Photo courtoisie
Mario Valiquette, qui achète trois paquets de pains par semaine, considère que le 25 $ promis n’est pas un montant suffisant.

 

Pas d’accusation

La chaîne d’épicerie a donné peu d’informations sur la façon dont il sera possible de se prévaloir de ce montant.

« C’est une petite tape sur les fesses selon moi. Ça me semble peu pour les 15 ans que cela a duré. Il faudrait qu’il y ait des amendes de la part des autorités », insiste M. Valiquette.

Mais puisque les compagnies ont admis avoir participé au stratagème et en raison de leur collaboration à l’enquête du Bureau de la concurrence, elles ne feront l’objet d’aucune accusation ni sanction criminelle.

Un recours collectif est cependant toujours possible pour les consommateurs. Il faudra bien lire les conditions entourant l’obtention de cette carte de 25 $, avertit l’avocat qui a déposé le recours contre Loblaw et Weston ainsi que les deux autres chaînes d’épicerie Metro et Sobeys (IGA).

« Cadeau empoisonné »

« On ne sait pas combien ont empoché les compagnies avec cette entente, alors c’est difficile de savoir si 25 $ c’est suffisant ou non. On ne sait pas non plus si en acceptant le 25 $, on renonce à la possibilité de participer à un recours collectif ; ça peut être un cadeau empoisonné », insiste Joey Zukran, de LPC avocat.

Loblaw pourrait aussi en sortir gagnante puisqu’elle attire de cette façon des clients dans ses magasins, qui dépenseront sans doute plus que 25 $, ajoute Me Zukran.

Une telle admission permet aussi de se demander s’il est possible que des prix soient aussi fixés sur d’autres produits en magasin, souligne Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de management à l’Université Dalhousie, à Halifax.

Ce que l’on sait sur la réclamation

  • L’ouverture des réclamations se fera le 8 janvier
  • Il faudra déclarer que l’on est majeur
  • Il faudra déclarer que l’on a acheté certains produits de boulangerie préemballés dans l’un des magasins de Loblaw
  • Il est possible d’inscrire son adresse courriel sur le site carteloblaw.ca pour recevoir toutes les informations