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À la crèche de l’Oratoire Saint-Joseph

1950

Avant Après
photo Courtoisie du Centre d’archives et de documentation Roland-Gauthier de l’oratoire Saint-Joseph, La crèche extérieure de l’oratoire Saint-Joseph, décembre 1950, 237c-1 creche_ext.
Photo Ben Pelosse

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À la crèche de l’Oratoire Saint-Joseph

C’est en décembre 1950 que la première crèche extérieure grandeur nature est aménagée à l’oratoire Saint-Joseph. Bercés par la musique du Gloria in excelsis Deo, les fidèles viennent voir la grotte de la Nativité à la sortie de la messe de minuit. Le jour de Noël, Mgr Paul-Émile Léger bénit la crèche lors d’une cérémonie extérieure diffusée sur les ondes de CKAC. Malgré le temps glacial, une centaine d’enfants rendent hommage à l’Enfant Jésus couché dans sa mangeoire. Cette initiative du comité du Noël Chrétien a pour objectif de rechristianiser la fête de Noël, plusieurs fidèles ayant remarqué une baisse de la dévotion depuis la fin de la guerre. La tradition des crèches est alors mise de l’avant. Amorcée en 1223 par saint François d’Assise, cette pratique était largement diffusée en Europe, mais encore relativement nouvelle au Québec. Graduellement, les artistes, mais aussi les écoliers, se mettent à fabriquer des santons, chacun avec sa touche personnelle.

Une crypte centenaire

« On était comme une petite famille », écrivait l’un des maçons ayant travaillé à la construction de la crypte, il y a plus de cent ans. Visitant régulièrement le chantier, le frère André veille sur tous, s’assurant de rémunérer les travailleurs à même les dons recueillis à la porte. Entrepris en 1914, le projet de construction de la crypte-église avait pour objectif d’accueillir plus efficacement les nombreux visiteurs désireux de se recueillir en la présence du frère André. Inaugurée le 16 décembre 1917 par Mgr Bruchési, la crypte reçoit des foules impressionnantes pour la Fête-Dieu et la fête du Sacré-Cœur ainsi qu’à la fête du Travail. Lorsque survient le décès du frère André le 6 janvier 1937, près d’un million de fidèles défilent à la crypte pour un dernier hommage. Située aujourd’hui dans l’aile latérale de la crypte, la chapelle votive du tombeau du frère André est ornée de dix mille lampions et d’ex-voto, remerciant le saint homme pour ses guérisons miraculeuses.

Les Petits Chanteurs du Mont-Royal

Photo courtoisie du Centre d’archives et de documentation Roland-Gauthier de l’Oratoire Saint-Joseph, Les petits chanteurs du Mont-Royal à la crèche intérieur de l’Oratoire, 1957, 286i-8 PCMR_creche

Que seraient les fêtes sans les chants de Noël ? Surmontant la crypte, la basilique aménagée dans le dôme est finalement inaugurée en 1955. Il ne manque qu’une chose à l’oratoire Saint-Joseph pour animer les lieux : un chœur de voix d’enfants. Dans l’esprit de charité qui a toujours inspiré l’œuvre du frère André, ce sont des orphelins ou des enfants issus de foyers très modestes qui sont choisis pour en faire partie. Accueillis comme pensionnaires jusqu’en 1972, les garçons reçoivent un enseignement musical de haut niveau, tout en suivant le cursus scolaire normal. Dès 1962, le chœur donne des prestations à l’extérieur de l’oratoire. En 1978, les Petits Chanteurs du Mont-Royal ont le privilège d’enregistrer un concert de Noël à la basilique Notre-Dame avec le célèbre Luciano Pavarotti. Ayant voyagé à travers le monde, enregistré des disques et chanté avec des artistes et des orchestres renommés, les Petits Chanteurs du Mont-Royal sont aujourd’hui reconnus comme l’une des meilleures chorales d’enfants en Amérique du Nord.