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Au chevet de son bébé à Noël

Des parents passeront les Fêtes à l’hôpital aux côtés de leur poupon prématuré

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Le temps des Fêtes sera beaucoup moins festif cette année pour des parents qui ne s’attendaient pas à célébrer entre les murs de l’Unité néonatale du centre hospitalier de l’Université Laval, au chevet de leur poupon né prématurément.

La naissance du petit Olivier Lacelle n’a pas été de tout repos pour sa maman Marie-Claude, qui raconte être passée par une « montagne russe d’émotions. Aujourd’hui, c’est au jour le jour, je prends chaque petite nouvelle », raconte celle qui passera Noël au chevet de son garçon, né le 28 octobre, à 28 semaines de grossesse.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES
La naissance du petit Olivier Lacelle n’a pas été de tout repos pour sa maman Marie-Claude, qui raconte être passée par une « montagne russe d’émotions. Aujourd’hui, c’est au jour le jour, je prends chaque petite nouvelle », raconte celle qui passera Noël au chevet de son garçon, né le 28 octobre, à 28 semaines de grossesse.
Olivier Lacelle, né le 28 octobre, 28 semaines de grossesse.
Photo courtoisie
Olivier Lacelle, né le 28 octobre, 28 semaines de grossesse.

« Le temps des Fêtes, c’est joyeux, c’est familial, c’est une réunion, mais cette année ce ne sera pas le cas. Ce sera une journée comme les autres », mentionne Marie-Claude Lacelle, maman de 30 ans qui a mis au monde son petit Olivier à 28 semaines, le 28 octobre dernier. À sa naissance, Olivier ne pesait que 1390 grammes, un poids plume qui nécessite plusieurs semaines d’hospitalisation et de suivi médical serré. « J’ai décidé que je ne fêtais pas Noël en décembre, je serais trop émotive. Ma famille et moi on va plutôt fêter en janvier », poursuit-elle.

La cigogne est aussi passée beaucoup plus tôt que prévu pour Cynthia Cantin Bilodeau, âgée de 28 ans, qui a accouché de Tamira-Lee Ouellet à 25 semaines de grossesse, le 20 septembre dernier, alors qu’elle ne pesait que 730 grammes. « Et ça, c’était avec tous ses appareils sur elle », précise la maman, qui n’a pas non plus le cœur à la fête cette année.

« Habituellement je décore tôt, j’adore Noël, mais cette année, c’est autre chose. Je sais que je devrai me forcer pour mon autre fille, mais ce n’est pas évident », indique celle pour qui il a été difficile de ne pas pouvoir prendre son enfant dans les jours qui ont suivi sa naissance.

Tamira-Lee, née le 20 septembre à 25 semaines de grossesse, a récemment été transférée aux « soins intermédiaires », soit la dernière étape avant le retour à la maison. « Nous avons vraiment hâte qu’elle rentre à la maison », mentionne sa maman, Cynthia Cantin-Bilodeau, qui viendra aussi souhaiter Joyeux Noël à sa petite à l’hôpital.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES
Tamira-Lee, née le 20 septembre à 25 semaines de grossesse, a récemment été transférée aux « soins intermédiaires », soit la dernière étape avant le retour à la maison. « Nous avons vraiment hâte qu’elle rentre à la maison », mentionne sa maman, Cynthia Cantin-Bilodeau, qui viendra aussi souhaiter Joyeux Noël à sa petite à l’hôpital.
Tamira-Lee, née le 20 septembre, 25 semaines de grossesse.
Photo courtoisie
Tamira-Lee, née le 20 septembre, 25 semaines de grossesse.

« Partir les mains vides »

« Au début, je ne pouvais pas la flatter ni la toucher parce que sa peau n’était pas encore tout à fait formée. J’avais peur qu’elle ne me reconnaisse pas ou qu’elle ne sache pas que j’étais sa maman, j’ai trouvé ça très difficile », raconte-t-elle avec émotion.

D’une même voix, elles affirment que la plus dure épreuve c’est de quitter l’hôpital chaque soir, les « mains vides ». « Au début, je pleurais chaque soir, surtout quand je voyais des parents partir avec leur bébé. Partir le ventre vide et les mains vides, ce n’est pas dans l’ordre des choses », mentionne Mme Lacelle, qui compare son expérience à des « montagnes russes d’émotions ». « Malgré tout, on s’adapte à tout. C’est certain que ce fut une grosse période de deuil, ce n’était pas ça que j’avais imaginé, mais la vie continue et il se porte bien », poursuit-elle.

Heureusement, Tamara-Lee et Olivier prennent du mieux et du poids, tranquillement. Ils devraient être en mesure de rentrer à la maison, lorsqu’ils auront atteint un poids minimum de 5,5 livres, ce qui devrait correspondre à la date qui était prévue au départ pour leur arrivée, soit respectivement les 3 et 19 janvier 2018.

L’Unité néonatale du CHUL

♦ L’Unité peut accueillir 56 patients

♦ Pathologies les plus fréquentes

  • grands prématurés
  • malformations cardiaques ou intestinales
  • divers problèmes neurologiques

♦ En 2017, il y a eu 1600 admissions

♦ Le ratio est d’une infirmière pour un à trois bébés, selon les besoins

Bienvenue au « département des miracles »

Depuis huit ans, Véronique Pouliot accompagne les parents d’enfants prématurés à l’Unité néonatale du CHUL pendant la période des Fêtes
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES
Depuis huit ans, Véronique Pouliot accompagne les parents d’enfants prématurés à l’Unité néonatale du CHUL pendant la période des Fêtes

Les infirmières de l’unité néonatale du CHUL, appelée le « département des miracles » par plusieurs parents, font du mieux qu’elles peuvent pour rendre la période des Fêtes un peu plus joyeuse.

« On essaie de mettre un peu d’ambiance avec des guirlandes, on a des sapins de Noël, on met nos uniformes de Noël et certaines arrivent avec des oreilles de rennes pour faire sourire », mentionne Véronique Pouliot, infirmière de nuit à l’unité, qui a célébré ses huit derniers temps des Fêtes avec ses « petits patients ». « On essaie d’être là le plus possible pour les familles, de mettre un peu de joie dans leur journée, mais parfois juste le silence, être à leur côté, c’est tout ce que ça prend », ajoute-t-elle, en parlant de « vocation » pour qualifier son travail.

La bise de minuit

Le 24 décembre à minuit, les infirmières du département se déplacent dans chaque chambre pour faire la bise aux parents présents auprès de leur « petit combattant ». « L’unité, c’est comme notre deuxième famille. Je donne de mon temps pour ces petits bébés-là, qui sont comme mes petits bébés », affirme-t-elle, connaissant les prénoms des 43 poupons présents à l’unité.

« Le 31 décembre à minuit, on prend l’interphone et on souhaite une bonne année à tout le monde », ajoute l’infirmière, qui profite de sa pause de 30 minutes pour célébrer avec la moitié de ses collègues, pendant que les autres restent au chevet des enfants.

« Je remercie le ciel »

Pour Marie-Claude Lacelle et Cynthia Cantin-Bilodeau, il n’y a pas de doute que le personnel de l’unité néonatale fait de réels « petits miracles ». « Je remercie le ciel que cette unité existe. Quand je pars chez moi, le soir, je pars la tête tranquille, et ça, ça n’a pas de prix. Je sais qu’ils s’en occuperont bien, je le vois dans la façon dont ils regardent les enfants », mentionne Mme Lacelle.