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Des choristes vivront leur moment de gloire au réveillon

La veille de Noël est la journée la plus intense pour les chanteurs de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde

Le chef d’orchestre Louis Lavigueur rappelle à l’ordre les choristes qui poussent un peu trop la note. Même si le Chœur polyphonique est une chorale bien rodée qui joue tous les dimanches, au moins trois répétitions sont consacrées à préparer le concert réveillon de Noël. Il s’agit d’une occasion en or de se produire devant des gens qui viennent rarement à l’église.
Photo Martin Alarie Le chef d’orchestre Louis Lavigueur rappelle à l’ordre les choristes qui poussent un peu trop la note. Même si le Chœur polyphonique est une chorale bien rodée qui joue tous les dimanches, au moins trois répétitions sont consacrées à préparer le concert réveillon de Noël. Il s’agit d’une occasion en or de se produire devant des gens qui viennent rarement à l’église.

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Louis Lavigueur se souvient des tireurs d’élite qui passaient avec leurs snipers à côté du local de pratique de sa chorale pendant les funérailles nationales de Jean Béliveau en 2014, mais assure que la journée de Noël reste la plus intense de l’année.

« C’est toujours un stress. Il y a pas mal plus de monde que d’habitude », confie le chef d’orchestre.

À moins de 48 heures du réveillon, le Chœur polyphonique de Montréal se rassemble pour la deuxième de trois pratiques en vue du réveillon de Noël. Leur local est niché tout en haut de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, au centre-ville de Montréal, où il se produira pour la 46e année de suite.

Les choristes chanteront d’un balcon d’où ils ont une vue imprenable sur l’intérieur de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde. Bien que cette dernière soit cinq fois plus petite que la basilique Saint-Pierre de Rome, au Vatican, elle a les mêmes proportions.
Photo Martin Alarie
Les choristes chanteront d’un balcon d’où ils ont une vue imprenable sur l’intérieur de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde. Bien que cette dernière soit cinq fois plus petite que la basilique Saint-Pierre de Rome, au Vatican, elle a les mêmes proportions.

Pour s’y rendre, il faut traverser un sous-sol où s’entassent des centaines d’objets religieux envoyés par les églises qui ferment un peu partout dans le diocèse de Montréal.

Des incontournables

La trentaine de choristes arrivent petit à petit, déposent leurs manteaux et se regroupent dans la salle de répétition.

Ils commencent par s’échauffer en faisant des exercices vocaux, puis s’attaquent au répertoire qu’ils chanteront ce dimanche soir.

Plusieurs choristes ont renoué avec leur passion pour le chant pendant leur retraite. Leur participation au chœur les tient occupés et leur permet de rencontrer d’autres gens.
Photo Martin Alarie
Plusieurs choristes ont renoué avec leur passion pour le chant pendant leur retraite. Leur participation au chœur les tient occupés et leur permet de rencontrer d’autres gens.

« Oups oups oups ! Quelqu’un n’a pas mis ses pneus d’hiver », lance Louis Lavigueur lorsqu’un des choristes pousse un peu trop la note sur le « Gloria » de l’hymne Les anges dans nos campagnes.

« Il y a toujours une part de chants d’Église, mais il y a aussi des classiques qui doivent être là chaque année, explique-t-il. L’Adeste fideles, le Hallelujah de Händel, Sainte Nuit, ce sont des incontournables. »

« Moi c’est Minuit chrétien, chanté à minuit avec les douze coups de cloche », précise Monique Desbiens, membre du Chœur polyphonique de Montréal depuis 26 ans.

Choriste à 32 ans

Plusieurs jeunes hommes qui étudient en musique ont été recrutés par le chœur puisqu’il manquait de voix graves et masculines.
Photo Martin Alarie
Plusieurs jeunes hommes qui étudient en musique ont été recrutés par le chœur puisqu’il manquait de voix graves et masculines.

Plusieurs jeunes choristes ressortent à travers des têtes grises.

David Ratelle, 32 ans, s’est joint à la chorale parce qu’il manquait de voix graves d’hommes, mais s’est ensuite découvert un intérêt pour le côté religieux du chant, raconte-t-il.

« C’est sûr que de répéter ici, dans la grande cathédrale, ça donne envie de s’intéresser au côté spirituel de la chose. Ce n’est pas n’importe quelle petite église », explique-t-il.

Les choristes du Chœur polyphonique de Montréal commencent toutes 
leurs répétitions par des échauffements du corps et de la voix.
Photo Martin Alarie
Les choristes du Chœur polyphonique de Montréal commencent toutes leurs répétitions par des échauffements du corps et de la voix.

D’ici minuit, dimanche, les responsables de la chorale se croisent les doigts pour que tout se déroule comme prévu.

« On nous sert toujours un repas avant la messe de minuit et, une année, un choriste qui s’était un peu trop servi de boisson avait perdu ses partitions. Ça avait beaucoup agacé le chef d’orchestre », se souvient en riant la présidente du conseil d’administration du chœur, Ginette Mckercher.