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Des paniers de Noël qui redonnent le sourire

Le Pignon Bleu en distribue une centaine aux démunis

Famille faible revenu
Photo Agence QMI, Simon Clark La maman de Princesse-Irène, 11 ans, et Odile-Thérèse, 6 ans, qui vit uniquement de prêts et bourses alors qu’elle a effectué un retour aux études à 50 ans, admet que son Noël ne serait pas le même sans les paniers de Noël distribués par Le Pignon Bleu.

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Arrivée à Québec il y a quatre ans, une mère de famille camerounaise affirme que son temps des Fêtes ne serait pas le même si elle ne pouvait compter sur le panier de Noël qu’elle reçoit de l’organisme Le Pignon Bleu, avec lequel elle peut s’offrir de copieux repas en famille.

Ce n’est pas pour tout le monde que le temps des Fêtes rime avec excès et nourriture à profusion. Pour Judith Bi Suh, qui a visité deux maisons d’hébergement pour femmes de Québec après avoir été victime de violences conjugales, c’est une période difficile lorsqu’on jongle avec un faible revenu.

« Il y a parfois une dinde, sinon il y a plein de choses autres que de la nourriture, comme des bas, des camisoles, des brosses à dents, etc. Ce que j’aime, c’est qu’ils [les bénévoles du Pignon Bleu] nous demandent ce dont on a besoin, comme ça on évite le gaspillage », indique la mère de famille de 50 ans, originaire de la région anglophone du nord-ouest du Cameroun. « Avec ce panier, je peux aussi préparer un repas du jour de l’An et même faire des provisions », affirme celle qui compte bien concocter un poulet ou un poisson braisé à la camerounaise pour ses filles, Princesse-Irène, 11 ans, et Odile-Thérèse, 6 ans.

Aide aux devoirs

« Le Pignon Bleu, c’est plus que de l’aide alimentaire, ils font aussi de l’aide aux devoirs, et chaque midi ma fille va dîner à leur restaurant. Comme ça, j’ai la conscience tranquille. Je sais qu’elle va bien manger et ça m’aide économiquement », mentionne Mme Si Buh, qui reçoit de l’aide alimentaire une fois aux deux mois, depuis près de trois ans. « Nous allons chercher le nécessaire, le pain, les œufs, le lait », indique-t-elle.

Du Cameroun à Québec

Il faut dire que les premières années de Mme Si Buh en sol québécois n’auront pas été de tout repos, ce qui explique aujourd’hui en partie sa situation économique précaire. « Il y a des mois où je compte le nombre de jours avant la fin du mois et j’espère que ça vienne vite », explique celle qui étudie actuellement au certificat de français à l’Université Laval et qui vit sur ses prêts et bourses.

En 2013, après huit ans de mariage au Cameroun accompagnés de nombreux épisodes de violence, Mme Si Buh décide de venir s’installer à Québec avec sa famille. « Je croyais qu’en venant au Québec ça le changerait [son ancien mari], mais ça n’a pas été le cas », mentionne la mère de famille. Mais, à peine quelques mois après leur déménagement, le manège recommence. « C’était très difficile, c’était les larmes chaque jour. J’allais rejoindre mes filles dans leur lit pour dormir », explique celle qui s’est réfugiée dans un centre d’hébergement pour femme avec ses filles.

« J’étais psychologiquement abattue, je n’avais plus de force et je vivais beaucoup d’instabilité financière », raconte celle qui a dû quitter son travail de préposée aux bénéficiaires.

Aujourd’hui, elle aimerait retrouver son ancienne passion, l’enseignement de l’anglais, qu’elle a pratiqué pendant près de 15 ans en Afrique.

« J’ai pris mon courage à deux mains et, malgré mon âge, je vais faire une demande d’admission pour le bac en enseignement de l’anglais à l‘automne », mentionne la femme, qui espère un nouveau départ pour 2018.


En 2016-2017, le Pignon Bleu a servi 
  • 661 485 collations en milieux scolaires et défavorisés
  • 17 590 repas à des adultes et des enfants
  • 190 dépannages alimentaires
  • 126 paniers de Noël