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En finir avec des quêtes inutiles

Malene Rydahl
Photo Pierre-Paul Poulin Malene Rydahl

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Après s’être distinguée avec la publication de son premier livre, Heureux comme un Danois, devenu best-seller, Malene Rydahl a décortiqué la question du bonheur dans son nouvel essai, Le bonheur sans illusions. Argent, beauté, sexe, pouvoir, célébrité : et si ce n’était que de la poudre aux yeux, de la fantaisie pure ?

Malene Rydahl, avec bienveillance, s’est intéressée au mythe du bonheur parfait, pour étudier chacun des « ingrédients » qui y sont généralement attachés. Chapitre par chapitre, elle se questionne sur la beauté, la richesse qui engendre des mariages sans amour, les problèmes liés à la célébrité.

Son point de vue est fort intéressant, et son approche aussi. « À travers mes recherches sur le bonheur, pour mon premier livre, Heureux comme un Danois, j’ai vu ces cinq obsessions qui revenaient dans les conversations, à travers mes différents postes dans le monde corporatif. Elles revenaient aussi lorsque je croisais des personnages dont je parle dans le livre. »

À son avis, ces « rêves qui nous ont été vendus » – beauté, argent, pouvoir, célébrité et sexe – sont peut-être « la plus grosse arnaque du siècle ». « Ces éléments-là ne peuvent pas rendre les gens heureux à l’intérieur. J’ai voulu mettre en lumière quel est le vrai lien entre ces éléments et le bonheur, à la fois d’un point de vue académique (les recherches) et à travers des histoires et des observations, pour décomplexer les gens. »

Malene est radicale : il faut arrêter de croire à la vie rêvée des autres. « Elle n’est pas vraiment celle qu’on croit, celle qu’on a voulu nous faire croire, à commencer par les histoires de Disney de quand on était petits (la belle princesse qui se marie avec le beau prince, riche, puissant...) et avec une série de films et d’émissions de télévision, de média, de publicités qui racontent la même histoire. »

« On finit par se complexer de ne pas être assez beau ou belle, de ne pas avoir assez d’argent, de ne pas être assez puissant, de ne pas être assez célèbre. On s’imagine que les célébrités vivent des vies de rêve. Quant à la sexualité, ça a été détourné pour devenir une quête de performance où les jeunes, en Europe et aux États-Unis, se renseignent sur les sites pornographiques. »

Malene Rydahl note que toutes ces formes de croyances collectives font que, comme des moutons, on adopte tous le même comportement. « Il y a un faux espoir : si on accumule ces obsessions : beauté, argent, pouvoir, célébrité et sexe – eh bien, ça peut être une recette, une garantie de bonheur, alors que c’est absolument faux. L’extérieur, quel que soit le niveau de plaisir, ne pourra jamais nous rendre heureux à l’intérieur. »

Apprécier sa vie

Elle invite les lecteurs à commencer à vivre leur vie intérieure et leur vie comme elle est, et l’apprécier, au lieu de courir après la vie rêvée des autres.

« C’est encore plus dangereux aujourd’hui avec les médias sociaux : on croit à la vie rêvée des autres. C’est le voisin, le collègue qui “post” des photos des vacances, des relations idéalisées. »

« Ça nous nourrit dans le mauvais sens pour nous pousser vers ces idées : plus on est belle plus on est heureuse, plus on est riche, plus on est heureux, plus on a des vies parfaites, plus on est heureux... C’est tout simplement pas vrai. »


► Malene Rydahl est née au Danemark mais vit en France depuis plus de 20 ans.

► Auteure et conférencière, elle propose des pistes simples et concrètes pour cultiver une vie heureuse.

<b><i>Le bonheur sans illusions</i></b><br /> Malene Rydahl<br /> Éditions Edito, 344 pages.
Photo courtoisie
Le bonheur sans illusions
Malene Rydahl
Éditions Edito, 344 pages.

EXTRAIT

« J’ai décidé d’aller voir de plus près si ces cinq ingrédients - beauté, argent, pouvoir, célébrité et sexe - permettent oui ou non un accès rapide à une vie heureuse. Pour faire la part des choses entre illusion et réalité. Pour comprendre si “la vie rêvée des autres” est bien celle qu’on croit. Pour appréhender, aussi, comment profiter des plaisirs de la vie sans qu’ils finissent par nous faire du mal, et remettre en lumière les ressorts profonds de notre bien-être. »

— Malene Rydahl, Le bonheur sanas illusions

 

Une « détox » des illusions

Malene Rydahl propose une autre approche du bonheur que courir après des illusions - une sorte de « détox » des illusions.

« L’insatisfaction perpétuelle, c’est très mauvais pour le bonheur, pour la paix intérieure. D’autant que l’adaptation hédonique est un phénomène qui intervient assez rapidement. »

L’adaptation hédonique ? « Admettons que vous gagnez 1000 euros. Vous allez être content pendant quelques heures, quelques jours », explique-t-elle. « Vous allez vous adapter à ce plaisir, vous allez en vouloir plus, vous allez vous remettre dans un état d’insatisfaction... Ça part et ça n’arrête jamais : il n’y a jamais de satisfaction par rapport à cette quête. »

Quoi faire alors pour revenir à un équilibre et se recentrer sur les vraies valeurs ?

« Il faut commencer par bien se connaître, pour prendre le temps de savoir ce qu’on aime, dans la vie. Trouver un sens à la vie et avoir cette relation intérieure avec soi-même. Ça, pour moi, c’est le premier pas. »

Il faut travailler son monde intérieur, ajoute-t-elle : sur l’amour de soi, sur l’acceptation de soi, et avoir une base où on peut exister et être bien, sans toutes les sources extérieures de bonheur.

« Après, qu’on ait envie d’avoir des plaisirs dans la vie, c’est normal ! Mais qu’on les identifie bien comme des plaisirs. Et il faut rester dans la capacité d’émerveillement. Je parle de ça parce que j’ai vu beaucoup de gens privilégiés qui ne sont plus capables de s’émerveiller. »