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Elle a été oubliée dans son fauteuil roulant le soir de Noël

La Longueuilloise de 83 ans a dû s’endormir habillée après avoir été négligée par son préposé

Simone Gryson s’est retrouvée prisonnière de son fauteuil roulant en raison de l’absence du préposé chargé de la mettre au lit.
Photo Pierre-Paul Poulin Simone Gryson s’est retrouvée prisonnière de son fauteuil roulant en raison de l’absence du préposé chargé de la mettre au lit.

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Une dame paralysée a attendu toute la soirée de Noël l’employé du CLSC qui devait venir la sortir de son fauteuil roulant pour la mettre au lit, mais elle a été complètement oubliée.

« Même un chien est mieux traité », s’indigne Simone Gryson, 83 ans, lorsqu’elle raconte l’épisode douloureux qui lui a gâché son dernier Noël.

Le 25 au soir, cette résidente de Longueuil attendait la venue de l’un des employés du Centre local de services communautaires (CLSC) de Longueuil-Ouest, qui l’assistent cinq fois par jour.

En effet, depuis qu’elle a été atteinte d’une tumeur au cerveau il y a une dizaine d’années, Mme Gryson est partiellement paralysée.

Elle se déplace dans un fauteuil roulant duquel elle ne peut s’extraire elle-même.

Des employés du CLSC la visitent donc à 7 heures le matin pour la mettre dans son fauteuil, et à 10 heures le soir pour l’en sortir et la coucher, entre autres.

Mais ce soir-là, personne ne s’est présenté.

Pas de réponses

« C’était très frustrant, explique au Journal Simone Gryson. J’ai appelé le service de garde du CLSC quatre fois, mais personne ne répondait. »

Son mari, Marshall Aris, âgé de 84 ans, est lui aussi en fauteuil roulant. Il a dû assister impuissant à la détresse de sa femme.

« Avant, je pouvais l’aider, mais maintenant, mes genoux sont foutus », regrette-t-il en soupirant.

Vers minuit, en désespoir de cause, le couple a fait appel à sa voisine.

« Elle partait au travail, raconte Simone Gryson. Elle m’a dit “j’ai juste le temps de te mettre au lit, mais je ne peux pas te déshabiller.” Je lui ai répondu de faire du mieux qu’elle pouvait. »

Mme Gryson a donc été forcée de s’endormir habillée.

« J’ai passé une nuit d’horreur, une nuit d’abandon », résume la femme.

Manque d’organisation

Mme Gryson affirme que c’est la première fois qu’on l’oublie ainsi, mais déplore les retards fréquents et le manque d’organisation global du CLSC de Longueuil-Ouest.

Elle raconte que, le 24 décembre, l’employé de 19 h est venu à 20 h 30, que le 25, personne n’est venu la coucher, et que le 26, deux employés se sont présentés à la même heure.

Lors de sa visite chez Mme Gryson mercredi, le représentant du Journal a pu constater que l’employé censé la visiter à 11 h n’était toujours pas là à 11 h 45.

Encore...

« On m’a encore oubliée », nous a expliqué Mme Gryson un peu plus tard dans l’après-midi.

Contacté par Le Journal, le CISSS de la Montérégie-Est explique que le retard du 24 est dû à la météo et que l’incident du 25 provient d’une erreur individuelle.

« La personne ne s’est pas présentée, commente l’agente d’information, Magalie Dupont. La chef de service a parlé à l’employé et appelé Mme Gryson pour présenter ses excuses. »

Mme Dupont nous a indiqué qu’elle n’était en revanche pas en mesure de justifier le retard constaté mercredi par le représentant du Journal.