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2017: l’année d’un président «incroyable»

Donald Trump
Photo d'archives, AFP Donald Trump

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Tous les politiciens déforment parfois la vérité, mais, en 2017, Donald Trump a pulvérisé tous les records d’exagérations, de faussetés et de mensonges. Ce président est tout simplement « incroyable ».

Après avoir passé sa vie d’homme d’affaires à mener les gens en bateau, Donald Trump a fait irruption en politique en mentant effrontément sur les origines de Barack Obama.

On a longtemps cru qu’il changerait s’il devenait président et qu’il s’efforcerait de préserver la crédibilité de la fonction. On se trompait.

Certains médias tiennent des listes exhaustives des centaines de faussetés proférées par Trump, mais comme votre Journal n’a pas un cahier spécial à y consacrer, je n’en ai retenu qu’un petit échantillon.

Toujours le meilleur

À son assermentation, Trump affirmait que la foule était la plus grande de tous les temps. Les photos démontrent l’inverse.

Comme il n’a jamais digéré qu’Hillary Clinton l’ait devancé au scrutin populaire, il a affirmé, sans aucune preuve, que des millions de votes étaient frauduleux.

Trump répète constamment que son administration est la plus active de l’histoire moderne. C’est faux.

L’économie américaine va bien et c’est de bonne guerre pour le président de s’approprier une part du crédit, mais Trump revendique tout le crédit et prétend erronément que ses performances déclassent celles de tous ses prédécesseurs.

Trump se vante d’un chômage historiquement bas, mais le taux baisse depuis 2010. Il se félicite d’une création d’emploi spectaculaire, mais le total d’emplois créés de février à novembre 2017 est inférieur à celui des mêmes mois en 2011, 2013, 2014, 2015 et 2016. L’indice Dow Jones a gagné 25 % depuis janvier et Trump s’en pète les bretelles. Pendant la première année d’Obama, l’indice avait grimpé de 32 %.

Fausses représentations

Chaque fois qu’il ouvre la bouche pour défendre son protectionnisme, Trump dit des faussetés. Il prétend que les États-Unis sont en déficit avec presque tous les pays, y compris le Canada, mais ils sont en surplus avec près de 100 pays, dont le Canada.

Sur la criminalité ou l’immigration, les chiffres qu’il cite sont souvent trompeurs.

Pour vendre sa réforme fiscale, Trump a dit que les Américains sont les plus taxés du monde, que ses baisses d’impôts seront les plus importantes de l’histoire, que la réforme coûtera une fortune à sa famille et que la classe moyenne y gagnera plus que les nantis. Tout cela est faux.

« Believe me ! »

Trump soutient que l’affaire russe est une fabrication. C’est probablement son plus gros mensonge : chaque nouvelle révélation sur cette affaire contredit ses affirmations passées.

Il affirme qu’il a restauré la crédibilité internationale des États-Unis, mais le reste du monde ne le croit pas et, sous sa gouverne, le leadership américain s’étiole à vue d’œil. Même si les Américains demeurent majoritairement sceptiques face à un président qui ponctue chaque mensonge d’un « Believe Me ! » bien senti, sa façon de faire de la politique s’insère insidieusement dans la normalité. C’est comme ça que la démocratie s’éteint.