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Mon plus beau cadeau de l’année

Sans la précieuse aide de Pierre Marleau et de sa chienne Ita, je n’aurais jamais pu localiser la dépouille de ce chevreuil magnifiquement couronné de la réserve faunique de Papineau-Labelle. Sur les côtés, les résultats de chasse de notre groupe de 2013 à 2017.
Photo courtoisie Sans la précieuse aide de Pierre Marleau et de sa chienne Ita, je n’aurais jamais pu localiser la dépouille de ce chevreuil magnifiquement couronné de la réserve faunique de Papineau-Labelle. Sur les côtés, les résultats de chasse de notre groupe de 2013 à 2017.

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Peu d’endroits génèrent autant de chevreuils trophées que la réserve faunique de Papineau-Labelle.

J’ai l’immense plaisir de faire partie d’un groupe de six chasseurs depuis 2013. Chaque année, nous nous inscrivons au tirage au sort mis sur pied par la société d’État. Lorsqu’on nous alloue un secteur, les gars de l’équipe mettent beaucoup d’efforts et de temps pour préparer les sites en prévision de la saison à venir.

Un éden

Ce grand territoire de 1628 km², qui s’étend de l’Outaouais jusqu’aux Hautes-Laurentides, est subdivisé en 81 zones de chasse d’une superficie de 10 à 12 km² chacune. On y trouve une forêt de feuillus avec des érablières à bouleau jaune et une portion mixte, avec, entre autres, de la pruche. Le relief est montagneux et il y a de la nourriture à profusion.

Contrairement à tous les secteurs limitrophes qui ceinturent cette Sépaq, la pression de chasse y est minime. La réserve est très giboyeuse, car le prélèvement est limité par rapport au nombre de clients. Il n’y a que 170 groupes de 2 à 6 personnes répartis sur trois périodes de 5 jours et demi, de la fin octobre à la mi-novembre, qui peuvent y tenter leur chance. Mathématiquement, en imaginant que tout le monde soit chanceux, il ne pourrait pas se prélever plus de 680 cerfs de Virginie, sur un territoire qui correspond à quatre fois la superficie de l’île de Montréal. Concrètement, retenez que le taux de succès se maintient aux environs de 20 %, bon an, mal an.

Sachez aussi qu’il n’y a pas de périodes spécifiques pour les nemrods qui utilisent un arc ou une arme à poudre noire.

Réalité du terrain

Comme partout ailleurs, il faut s’appliquer et investir de longues heures à attendre. Si vous chassez sur le chemin ou aux abords des sentiers, il y a fort à parier que vos résultats seront peu probants.

On ne peut pas dire qu’il y a une surpopulation dans le Papineau-Labelle. Vous ne verrez pas des douzaines de cervidés lors d’un séjour. En contrepartie, il faut savoir que le ratio mâles-femelles est beaucoup mieux équilibré que dans les zones publiques du fait de la pression de chasse. Le principe de contingentement de la réserve engendre une qualité supérieure et, surtout, un cheptel de bucks matures plus élevés, car tous les petits mâles ne se font pas systématiquement intercepter dès leur jeune âge.

Résultats passés

2013
Photo courtoisie
2013
2014
Photo courtoisie
2014
2015
Photo courtoisie
2015

Comme vous pouvez le constater sur le montage photographique ci-joint, nous avons capturé de très belles bêtes de 2013 à 2015. En 2016, nous n’avons rien récolté, car il faisait trop chaud et nous avions légèrement modifié certai­nes de nos approches. Nous les avons heureusement rectifiées l’automne dernier.

Chasse 2017

2017
Photo courtoisie
2017

De lundi 13 h à mercredi midi, un seul membre de ma bande de joyeux lurons avait vu des cerfs. Michel avait observé huit femelles à son site d’appâtage. Pour être honnête, nous commencions à être un peu découragés. À notre grand bonheur, à 16 h 15, Serge Lyonnais a intercepté un joli cervidé avec une petite coiffe de huit pointes.

Le lendemain matin, à 7 h 20, Jean Durand a récolté un autre beau reproducteur avec un panache plus volumineux de huit pointes.

Pour ma part, à 7 h 45, j’ai vu un gros spécimen pendant environ deux secondes avant qu’il ne disparaisse derrière une talle de bois dense. Je l’ai reconnu, il s’agissait du gigantesque buck qu’on apercevait sur nos caméras depuis des lustres. À cause de ses cornes uniques, on le surnommait « Crochet ». Il s’est immobilisé face à un grattage artificiel que j’avais rafraîchi avec de l’urine naturelle Purine.

À travers les arbres et les branches, je voyais son cou et une partie de sa zone vitale. S’il bifurquait vers la droite, j’aurais sans doute eu un meilleur angle de tir. À l’opposé, s’il reprenait sa marche vers l’arrière, j’aurais perdu toute possibilité de l’intercepter. Même si les conditions n’étaient pas optimales, car ma vision était grandement obstruée, j’ai décidé de tenter ma chance. Assis sur mon mirador, j’ai pivoté mon corps vers la gauche, à tel point que j’étais en déséquilibre. J’ai fait feu. Sous l’impact de la détonation, le télescope de mon arme m’a frappé l’arcade sourcilière. J’ai eu beau regarder le chevreuil visé, il ne bougeait pas, car je ne l’avais pas atteint et il ne pouvait pas identifier la source de danger potentiel. La balle s’était certainement logée dans un arbre sur son passage.

Je réarme et je tire à nouveau. À mon plus grand regret, ce trophée prend la poudre d’escampette. J’attends 30 minutes et je vais voir la scène où s’est déroulée l’action. Je trouve du poil par terre, d’autres pilosités enfoncées dans l’écorce d’un érable à cause du boulet, mais pas de sang. Inutile de vous dire ma déception. Je pars à sa recherche sans succès.

Un sauveur

Vers 8 h 30, je me rends au poste d’accueil et j’appelle un conducteur de chiens de sang expérimenté, Pierre Marleau. Ayant passé toute la nuit à traquer un gibier blessé, il ne pourra pas arriver sur les lieux avant 11 h 30. J’avais alors le moral à zéro et très peu d’espoir.

À midi, en compagnie de sa chienne Ita, une rouge de Hanovre, nous retournons à mon site de chasse. Cette belle bête a déjà participé à plus de 130 des 160 recherches effectuées par ce grand passionné.

En premier lieu, Pierre analyse la scène et l’angle du projectile. Pour vous donner une meilleure idée, sachez qu’il ne voyait pas ma plate-forme de l’endroit où se tenait le cerf. Il m’a ensuite demandé de me rendre à mon tree stand et de projeter le rayon du laser qu’il m’avait confié pour comprendre la trajectoire. D’après son expertise et les poils retrouvés, il m’informe que j’ai fort possiblement atteint l’animal dans une fesse. Je lui réponds que c’est impossible. Il y a toutefois une marque franche sur un arbre à proximité qui nous indique que l’ogive a peut-être dévié de sa course initiale.

Du flair

Il a alors fait sentir le site à son assistante canine. Cette dernière est équipée d’un collier émetteur et d’une laisse de 30 mètres qui permet au conducteur de chiens de sang de suivre la progression d’Ita. Après avoir tourné en rond pendant environ deux minutes, elle a perçu une odeur d’adrénaline de blessure et elle est partie avec conviction vers l’endroit où mon buck s’était dirigé. Moins de 45 secondes plus tard, nous avons trouvé quelques gouttes de sang. À approximativement 300 mètres de notre point d’origine, la chienne a localisé plusieurs accumulations de liquide organique, qui devenaient de plus en plus volumineuses. La couleur rouge clair, la coagulation et la présence occasionnelle de petits morceaux de gras indiquaient qu’il s’agissait inévitablement d’une blessure musculaire et de panse.

Au bout de seulement 20 minutes, Ita a repéré mon mastodonte, inanimé. Nul besoin de vous dire à quel point j’étais fier et heureux du dénouement de ce récit peu enviable.

Entre vous et moi, on se vante rarement de ce genre de tir manqué. Malgré toute la frustration et l’anxiété de l’attente, sans l’assistance de ces experts de la recherche de gibier blessé, je suis persuadé que je n’aurais jamais retrouvé ce trophée d’une vie.

Pour en savoir plus sur les conducteurs de chiens de sang ou pour faire appel à un de ces spécialistes, visitez le site www.accsq.com

Pour participer au tirage au sort d’un forfait en camping avec votre roulotte ou votre tente, en camp rustique ou en chalet tout équipé, inscrivez-vous avant le 15 janvier prochain aur le site www.sepaq.com/tirages.

Pour obtenir de plus amples renseignements, même pour un combiné orignal-chevreuil, composez le 819 440-6556.