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Notre Bureau d’enquête fait bouger les choses

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En 2017, les reportages de notre Bureau d’enquête ont dicté l’actualité à maintes reprises. Ils ont amené la vérificatrice générale du Québec à ouvrir deux enquêtes. Le chef de police de Montréal a aussi été suspendu à la suite de nos révélations sur des allégations de fabrication de preuve à l’intérieur de son organisation. Le numéro deux de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a même dû démissionner après nos révélations sur ses activités entourant une entreprise controversée.

 

Le syndicat des cols bleus en tutelle

Chantal Racette
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Chantal Racette

En mai dernier, la présidente du syndicat des cols bleus de Montréal, Chantal Racette, a été destituée de son poste. Ce désaveu est survenu après une série de révélations de notre Bureau d’enquête à propos de pratiques discutables auxquelles elle aurait pris part.

En mars, nous révélions notamment que Mme Racette se faisait reprocher par d’autres membres de l’exécutif d’avoir approuvé une série de dépenses controversées. Elle aurait notamment touché une allocation deux fois plus importante que prévu pour son véhicule et obtenu le remboursement des cotisations à son fonds de retraite, à même la caisse du syndicat.

Chantal Racette a reconnu en août n’avoir « pas été facile ni parfaite », mais elle a affirmé avoir fait « le maximum possible dans l’intérêt collectif ».

Un rapport comptable externe a ensuite révélé de nombreux problèmes de gouvernance.

Le syndicat des cols bleus est actuellement en tutelle jusqu’en juin 2018.

 

Des corps policiers ébranlés

Le chef de police suspendu

Philippe Pichet
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Philippe Pichet

Le chef de la police de Montréal, Philippe Pichet, a été suspendu le 6 décembre dans la foulée d’un rapport dévastateur sur le « climat de tension et de suspicion » qui régnait dans l’organisation qu’il dirigeait.

Le rapport signé par l’avocat Michel Bouchard a été commandé en février par le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux, au lendemain des révélations de notre Bureau d’enquête au sujet de la Division des enquêtes internes du Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Le reportage faisait état d’allégations de fabrication de preuve de la part d’enquêteurs de cette division, afin de faire taire certains collègues.

Dans son rapport, Me Bouchard fait état « d’irrégularités manifestes dans la conduite des enquêtes internes, d’un contrôle inadéquat de cette activité au sein du corps de police et du non-respect de certaines dispositions de la Loi sur la police ».

C’est le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, qui a reçu le mandat temporaire de remplacer Philippe Pichet.

Un haut gradé de l’UPAC démissionne

Marcel Forget
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Marcel Forget

Le numéro deux de l’UPAC, Marcel Forget, a dû démissionner après avoir perdu la confiance du ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux.

M. Coiteux a déclaré que M. Forget n’était plus « l’homme de la situation » après la publication de révélations de notre Bureau d’enquête à son sujet.

Cinq ex-collègues policiers ont affirmé que M. Forget avait joué un rôle important dans leur décision d’acheter des actions d’une entreprise controversée, Newtech, il y a une dizaine d’années.

Deux d’entre eux l’ont identifié comme le seul intermédiaire dans leur transaction avec Newtech.

M. Forget s’est défendu d’avoir exercé illégalement la fonction de courtier. Il a toutefois renoncé à ses fonctions de commissaire associé responsable de l’intégrité des entreprises, qu’il exerçait depuis 2013.

 

Des enquêtes policières ouvertes

Enquête élargie sur les allégations de Francoeur

Yves Francoeur
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Yves Francoeur

Le 18 septembre, notre Bureau d’enquête révélait l’identité des deux élus libéraux que le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, visait lorsqu’il a déclaré à la police qu’une enquête criminelle les concernant avait été bloquée.

Nous avions pu consulter la déclaration manuscrite de 8 pages que M. Francoeur avait remise à la Sûreté du Québec (SQ). La journée même de la publication du Journal, la SQ a annoncé qu’elle élargissait son enquête sur les déclarations de M. Francoeur.

L’équipe mixte qui se penche sur les déclarations du leader syndical a alors été placée sous la supervision du DG adjoint de la SQ, Yves Morency, et de la directrice du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), Madeleine Giauque. Cette unité d’enquête comportait des membres de la SQ, de la GRC, ainsi que de trois corps de police municipaux.

Le 19 décembre, la SQ a annoncé que les allégations de M. Francoeur étaient non fondées et qu’elle n’avait aucune preuve de fraude ou de trafic d’influence.

La filière africaine fait des vagues

Notre Bureau d’enquête publiait en juin un grand reportage de 28 pages sur une série de politiciens, hauts gradés et hommes d’affaires d’Afrique francophone qui ont investi des dizaines de millions de dollars dans l’immobilier québécois, la plupart du temps sans hypothèque.

Issus de régimes parmi les plus corrompus du continent, certains d’entre eux étaient déjà dans la mire de la police en France, où les enquêtes sur les « biens mal acquis » de dirigeants congolais et gabonais débloquent.

Au Canada, nos reportages ont poussé plusieurs citoyens d’origine africaine à déposer des plaintes à la Gendarmerie royale du Canada. Ils souhaitent ainsi amener la police fédérale à se pencher sur l’origine des fonds que les investisseurs ont utilisés pour acheter ces appartements, maisons et immeubles commerciaux.

En France, en Belgique et au Tchad, notamment, notre enquête a aussi incité les autorités à s’intéresser aux affaires de ces investisseurs.

 

Nos révélations font travailler la vérificatrice générale

Enquête sur les baux de Bibeau

Marc Bibeau
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Marc Bibeau

La vérificatrice générale du Québec a déclenché une enquête dans la foulée de nos révélations sur les baux de l’ex-argentier libéral Marc Bibeau avec le gouvernement, en avril dernier.

Notre Bureau d’enquête avait notamment comptabilisé une quarantaine de contrats de location gouvernementaux dans des immeubles appartenant à une entreprise de M. Bibeau, répartis à travers une vingtaine d’organismes provinciaux. Un directeur de commission scolaire de Saint-Eustache a aussi raconté aux policiers avoir subi des pressions de la part de l’homme d’affaires afin qu’il renouvelle son bail.

Nous avons également révélé, grâce à une compilation de données, qu’une succursale de la SAQ sur cinq est établie dans un édifice appartenant à des donateurs du PLQ, notamment M. Bibeau.

Les conclusions de l’enquête de la VG sont attendues en 2018.

Les allégations d’Annie Trudel examinées

Annie Trudel
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Annie Trudel

Le gouvernement Couillard a rapidement mandaté la vérificatrice générale à la suite de révélations d’allégations portant sur l’UPAC et l’AMF.

La décision de lui confier ce mandat a été annoncée le jour même de la publication d’une entrevue de l’ex-analyste du ministère des Transports, Annie Trudel.

Mme Trudel a affirmé que le député libéral Guy Ouellette avait été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) parce qu’il s’apprêtait à faire des révélations embarrassantes à propos de l’organisation policière.

Selon l’analyste, il souhaitait mettre au jour un stratagème allégué impliquant l’UPAC, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et une firme de consultants dans le cadre du processus d’accréditation des entreprises qui veulent obtenir des contrats publics.

M. Ouellette a ensuite expliqué que des dirigeants de l’UPAC et de l’AMF auraient mis au point un système pour diriger vers une firme de consultants des entreprises qui ne répondent pas aux critères.