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Il vainc sa dépendance à l’alcool alors qu’il n’est âgé que de 18 ans

Maxyme Milhomme a commencé à boire dès l’âge de 11 ans

Maxyme Milhomme
Photo Jean-francois Desgagnés La consommation d’alcool de Maxyme Milhomme l’a même mené tout droit à l’hôpital où il a frôlé la mort, à 15 ans. «Le médecin m’a dit que j’aurais vraiment pu mourir, mais j’ai recommencé à boire le lendemain. C’est fort, la dépendance», raconte Maxyme.

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Nouvelle année, nouveau départ. Des mots qui prendront tout leur sens pour un jeune de 18 ans qui a vaincu sa dépendance à l’alcool grâce au centre de réadaptation en toxicomanie Le Portage, alors qu’il a touché à sa première bière... à onze ans.

Sa descente aux enfers l’a mené en centre jeunesse, où il a passé pratiquement toute son adolescence en raison de ses problèmes de comportement. Son cheminement n’a pas été de tout repos, alors qu’il a été renvoyé de son école secondaire, a perdu son travail et son appartement, en plus du soutien de ses proches. Aujourd’hui, sobre depuis près de dix mois, Maxyme Milhomme peut se vanter d’avoir surmonté sa dépendance.

« Plus le temps arrive, plus le positif arrive. Au début, c’est dur parce que tu fais juste ramasser le mal que tu as fait quand tu consommais », indique le jeune homme avec résilience. « À la fin, juste avant d’entrer en thérapie, j’avais déçu tout le monde, j’étais tout croche tout le temps. C’était rendu tellement fort, plus grand que moi, je me disais que j’aimerais juste ne pas me réveiller de cette brosse-là », confie-t-il.

Intimidation

Victime d’intimidation au primaire, Maxyme double sa cinquième année, puis on le change d’école. « On me traitait de graisse de McDo, ou de graisse à l’état pur dans la cour d’école, en raison de mon problème de poids », raconte-t-il. Arrivé à sa nouvelle école, il inverse les rôles et devient intimidateur. « Je ne voulais plus jamais revivre cette situation-là », explique-t-il.

Ce fut le début de ses années à la dérive, qui auront effectivement été houleuses. « C’est là que j’ai commencé à consommer à 11 ans, tout seul dans ma chambre », mentionne-t-il, précisant que ses parents étaient bien loin de se douter de ce qui se tramait entre les murs de sa chambre.

Au début, sa consommation était hebdomadaire. Pour satisfaire ses envies, il volait dans le bar de ses parents. « Je recherchais ce qui avait le plus haut taux d’alcool. Je me bouchais le nez pour boire ». Rapidement, ses démons sont devenus présents au quotidien. « Je “calais” avant d’aller à l’école le matin, sur l’heure du dîner, je sortais en voler au dépanneur et j’allais boire dans les toilettes », admet celui qui consommait « facilement » une dizaine de bières par jour.

Se reprendre en main

Au bout du rouleau, il contacte lui-même Le Portage l’hiver dernier, pour être reçu en thérapie. Il entre ainsi le 7 mars, au centre de Saint-Malachie. Il n’en ressortira que cinq mois et demi plus tard. « Mon père m’a dit récemment qu’il a l’impression d’avoir retrouvé son enfant de 10 ans », mentionne celui qui est de retour sur les bancs d’école, en éducation spécialisée, dans le but de devenir intervenant... au Portage. « C’est devenu ma deuxième famille », conclut-il.