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Derrière la vague de froid

Polices des itinérants EMRII
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Depuis plusieurs jours et en pleine période des Fêtes, le Québec (et surtout les Québécois) sont plongés dans une longue vague dite de froid extrême.

Pour les personnes itinérantes, c’est un enfer glacé. Pour les animaux errants, c’est souvent une peine de mort.

Face au grand froid, les humains, même dans une société avancée comme la nôtre, ne sont pas non plus tous égaux.

Si vous vivez dans un appartement ou une maison bien isolée, vous partez déjà gagnant devant toute vague de froid. Si, en plus, vous avez les moyens de payer votre compte de chauffage (électrique ou autre) lorsqu’il rentrera, vous avez frappé le gros lot du confort.

À l’opposé, si vous faites partie des trop nombreux citoyens habitant un appartement ou une maison mal isolée, vous allez pâtir d’une vague de froid. Votre santé prendra un coup, passager ou non, c’est certain.

Si, en plus, comme c’est souvent le cas quand on vit dans un endroit mal isolé, vous n’aurez pas vraiment les moyens de payer votre éventuel méga compte de chauffage, «vague de froid» devient synonyme de stress et de privation financière aditionnelle

Il faut le vivre ou l’avoir vécu pour savoir ce que c’est. Ce qui fut déjà mon cas, comme tant d'autres, à quelques reprises pendant ma jeunesse et ma jeune vie d’adulte.

Depuis quelques jours, alors qu’on gèle allègrement, j’y pense souvent et beaucoup et je me pose à nouveau la question suivante :

Comment se fait-il que dans un État comme le nôtre, riche en hydro-électricité que nous avons même nationalisée, Hydro-Québec, lorsqu’il y a des périodes courtes ou longues de grands froids, n’accorde pas des rabais concrets pour ses clients sur l’aide sociale et aux travailleurs à petits revenus? Des rabais, et non pas des ententes de paiement.

Ce serait pourtant un geste de solidarité sociale élémentaire.

Quant aux appartements locatifs mal isolés, une chose est également sûre. Tant que le gouvernement du Québec ne redonnera pas aussi des ressources et des dents, des vraies, à la Régie du logement, les locataires plus démunis continueront à en souffrir dans l’indifférence des décideurs publics qui eux, vivent bien au chaud.