/news/currentevents
Navigation

Les employés de la MMA ont été négligents, plaide la Couronne

Les employés de la MMA ont été négligents, plaide la Couronne
Photo Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

SHERBROOKE – Les plaidoiries se sont ouvertes, mercredi, au procès des anciens employés de la Montreal, Maine and Atlantic (MMA) accusés de négligence criminelle en lien avec l'explosion d'un train transportant du pétrole à Lac-Mégantic.

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales Sacha Blais a amorcé sa plaidoirie en affirmant que le conducteur du train, Thomas Harding, aurait dû serrer plus de freins sur son train lorsqu'il s'est arrêté à Nantes, quelques heures avant le drame.

Or, la preuve démontre que M. Harding a serré seulement sept freins à main alors qu'il aurait dû en mettre le double. Thomas Harding a négligé de s'assurer que le train était bel et bien sécurisé avant de le laisser sans surveillance, a insisté Me Blais.

La poursuite reproche aussi au mécanicien de locomotive de ne pas avoir effectué de test d'efficacité de retenu des freins à main comme l'exigeaient les règlements sur la circulation ferroviaire du Canada et les règles de la MMA.

Par ailleurs, M. Harding, par acquis de conscience, aurait dû retourner au train après avoir appris qu'un incendie avant éclaté dans la locomotive, alors qu'il savait que les freins indépendants activés à partir de la locomotive allaient graduellement perdre leur pression d'air, a fait valoir le procureur.

Sur ce dernier point, Me Blais a avancé que Richard Labrie, contrôleur de la circulation ferroviaire, aurait dû demander au mécanicien de train après cet incendie pour lui demander de se rendre sur place afin de s'assurer que la situation était maîtrisée. Richard Labrie a plutôt demandé à Jean-Noël Busque, le responsable de l'entretien de la voie ferrée, un employé non qualifié, de s'y rendre.

Au cours des conversations avec Thomas Harding, jamais le contrôleur n'a demandé à Harding comment il avait sécurisé le train.

En ce qui concerne Jean Demaître, directeur d'exploitation de la MMA à l'époque, il avait le devoir de s'informer et prévoir le danger, a avancé le procureur.

Me Sacha Blais a mentionné que ni Jean Demaitre ni Richard Labrie n'ont cru bon de demander à Thomas Harding si le train avait bien été sécurisé alors que ça relevait de leur responsabilité.

Thomas Harding, Richard Labrie et Jean Demaître font face à 47 chefs d'accusation de négligence criminelle causant la mort à la suite du déraillement et de l'explosion du train de la MMA, qui a fait 47 morts dans la nuit du 6 juillet 2013.

Les avocats des trois ex-employés de la MMA, qui n'ont présenté aucune défense à leur procès, plaideront demain et vendredi.

Si tout se déroule rondement, les jurés pourraient être séquestrés pour amorcer les délibérations mardi prochain.