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Atteinte d'une tumeur au cerveau, une adolescente a traversé un «enfer»

Une tumeur sur une glande dans le crâne retardait ses règles et obstruait sa vue

Danielle Hoppenheim
Photo Pierre-Paul Poulin Danielle Hoppenheim, âgée de 16 ans, a dû subir trois opérations au cerveau en un an et demi à cause d’une tumeur.

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Jamais Danielle Hoppenheim ne se serait doutée que ses règles en retard et ses problèmes de vue étaient causés par une tumeur de la grosseur d’une balle de ping-pong dans sa tête, qui a bien failli la tuer.

« Le 17 octobre [dernier], je pensais que nous allions la perdre », confie en tremblant la mère de l’adolescente, Allison Rosenthal. C’était juste avant sa troisième opération au cerveau en un an et demi.

Ce soir-là, sa fille Danielle, âgée de 16 ans, était en convulsions pendant que le liquide contenu dans son cerveau lui coulait par le nez. « C’était le pire moment de ma vie, je tremblais dans l’ambulance avec elle, qui était complètement catatonique », se souvient Mme Rosenthal, alors que sa fille n’en garde aucun souvenir.

Pourtant, quand Danielle a d’abord consulté des médecins en février 2016, rien ne laissait présager un tel dénouement.

Elle était d’abord allée voir une endocrinologue, spécialiste des hormones, car elle n’avait pas eu ses règles depuis de nombreux mois. Au même moment, elle consultait un optométriste, car elle n’arrivait plus à voir de chaque côté de sa tête.

« Je n’aurais jamais pensé que les règles et la vision pouvaient avoir un lien et que ce lien serait une tumeur », s’étonne encore sa mère.

Une IRM a décelé une tumeur, de la grosseur d’une balle de ping-pong, attachée à sa glande pituitaire, aussi appelée l’hypophyse, qui agit comme le quartier général pour distribuer les hormones dans le corps humain.

La tumeur était énorme puisque cette glande mesure à peine 10 millimètres de diamètre. Si grosse, qu’elle écrasait une partie du nerf optique de l’adolescente, obstruant ainsi sa vision.

Opérée rapidement

Sans tarder, elle se faisait opérer pour la faire retirer par les neurochirurgiens de l’Hôpital pour enfants de Montréal. Les médecins lui ont ouvert le crâne d’une oreille à l’autre pour tenter d’enlever la tumeur, qui était heureusement bénigne.

Malheureusement, ils n’ont pas pu l’enlever en entier et, un an plus tard, elle se remettait à grossir. Elle a donc été réopérée par le nez cet automne.

Cette fois, toute la tumeur a été retirée. Mais à l’insu des médecins, la plaie dans son nez s’est mal refermée. Danielle a souffert de migraines plusieurs jours, puis a attrapé une pneumonie et une méningite, jusqu’au soir fatidique où les convulsions sont survenues.

Danielle est restée cinq jours dans un coma artificiel après sa troisième opération pour sceller la plaie dans son nez, car les médecins voulaient éviter tout mouvement pour qu’elle se referme bien.

« Je devais avoir 600 textos quand j’ai rouvert mon téléphone, mes amis s’inquiétaient et se demandaient où j’avais disparu », relate en riant l’adolescente.

Danielle Hoppenheim, 16 ans (Montréal)

Danielle Hoppenheim
Photo courtoisie
  • Tumeur à la glande pituitaire
  • Hôpital de Montréal pour enfants­­­ (CUSM)

« C’était le pire moment de ma vie, je tremblais dans l’ambulance avec elle » – Sa mère, Allison Rosenthal

L’adolescente a traversé un « enfer »

Les médecins de Danielle Hoppenheim saluent le courage de l’adolescente, qui a traversé un « enfer » tout en gardant sa bonne humeur et ne prenant pas de retard à l’école.

« Tout lui est arrivé si rapidement, ça a été difficile, sans compter qu’être une adolescente est déjà assez compliqué », soutient l’endocrinologue Preetha Krishnamoorthy, de l’Hôpital pour enfants de Montréal.

Malgré une première chirurgie en mars 2016, à moins d’une semaine d’avis, Danielle a terminé son 4e secondaire et réussi ses examens. Puis, après plus d’une semaine d’hospitali­sation dans le coma, l’adolescente entend bien rattraper son retard et obtenir son diplôme avec ses amis au printemps prochain.

Suivie de près

Elle est cependant suivie de près par la Dre Krishnamoorthy, qui continue de s’assurer que sa glande pituitaire fonctionne toujours bien, après quand même trois opérations.

Pour l’instant, les niveaux d’œstrogènes dans son sang, l’hormone qui entraîne les règles, sont redevenus normaux. Par contre, elle ne produit pas d’hormones de croissance en ce moment, selon sa médecin. Elle rappelle qu’heureusement, des médicaments pourront éventuellement combler les carences de l’adolescente.

Pour sa part, le neurochirurgien qui a opéré Danielle, Jean-Pierre Farmer, est heureux qu’après des opérations très délicates dans le cerveau, la glande pituitaire et le nerf optique de l’adolescente restent intacts.

Pendant la première opération, par le crâne, les médecins ont dû faire preuve d’un grand doigté pour atteindre la glande sous le cerveau.

Autant d’agilité a été nécessaire pour celle par le nez, alors que les outils passaient par une narine et une caméra pour guider leurs gestes par la deuxième.