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Un Trudeau dépensier, mais... chanceux

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Depuis la prise de pouvoir de Justin Trudeau en octobre 2015, la dette fédérale brute a augmenté de 56 milliards en raison notamment des lourds déficits qui s’accumulent.

Malgré cette hausse appréciable de la dette, les frais de la dette publique, eux, ont baissé de plusieurs milliards de dollars. Grâce à quoi ? Au refinancement de la dette fédérale à un taux plus faible.

Tout un coup de chance pour le gouvernement Trudeau ! Et on conviendra qu’au chapitre de la faiblesse des taux d’intérêt, il n’a aucun mérite. C’est plutôt à la Banque du Canada que revient le mérite de faire pression sur les taux d’intérêt.

Reconnu pour être fort dépensier, le gouvernement Trudeau a également la chance de gouverner le pays en une période économique relativement florissante. Ce qui lui permet de bénéficier d’une augmentation sensible des revenus. À tel point qu’il réussit, en dépit de la progression des dépenses, à présenter un déficit inférieur aux prévisions budgétaires.

Après 7 mois

Pour les sept premiers mois de l’exercice financier 2017-2018, soit d’avril à octobre, le gouvernement Trudeau affiche un déficit de 6,3 milliards. Vous allez me dire que c’est beaucoup.

Oui ! Mais c’est quand même 3 milliards de moins que l’an passé à pareille date. Et cela laisse présager qu’à la fin de l’exercice, le déficit sera probablement inférieur aux prévisions révisées lors de la mise à jour économique et budgétaire du ministre des Finances Bill Morneau d’octobre dernier. Lesquelles prévisions du déficit (19,9 G$) étaient déjà nettement inférieures aux prévisions initiales (28,5 G$) du budget déposé en mars 2017.

Pour la période du 1er avril au 31 octobre dernier, les revenus d’impôt et de taxes ont bondi de 9,7 milliards de dollars, ce qui comprend une hausse de 6,9 milliards d’impôts sur le revenu et une augmentation de 2,8 milliards de taxes et droits d’accise.

Cette forte appréciation des revenus fiscaux est attribuable à la bonne santé de l’économie canadienne. À titre d’exemple, la hausse des revenus de la TPS au cours de cette période de sept mois laisse entendre que les ventes au détail ont augmenté de 50 milliards. On parle évidemment des ventes taxables...

Hausse des dépenses

Pour vous montrer à quel point le gouvernement Trudeau a généré une très forte hausse des dépenses fédérales, il suffit de comparer le montant dépensé à titre de « charges de programmes » lors des sept derniers mois de pouvoir du gouvernement Harper (d’avril à octobre 2015) au montant dépensé par le gouvernement Trudeau au cours de la période d’avril à octobre 2017.

Pour cette même période de sept mois, le gouvernement de Justin Trudeau a dépensé 17,4 milliards de plus. C’est une hausse de 11,9 % des dépenses fédérales.

Pendant ce temps-là, les revenus grimpaient de 5,2 %.

Heureusement que les frais d’intérêt de la dette fédérale baissaient, eux, de 13,3 %.