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Année faste en Bourse

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Photo AFP Les dirigeants de la Bourse philippine (PSE) ont festoyé hier à l’occasion de la première journée de négociations de l’année.

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Sous la présidence d’un Donald Trump protectionniste, la Bourse américaine vient de connaître en 2017 l’une de ses plus prolifiques années boursières, enfilant les records à la vitesse grand V.

Alors que le Nasdaq boucle l’année en hausse de 29 %, le vénérable Dow Jones se distingue avec un surprenant gain de 25 %, et l’indice le plus représentatif de la Bourse américaine, le S&P 500, affiche une plus-value proche de 20 %.

Cette super performance de Wall Street a eu pour effet de « tirer » toutes les places boursières de la planète à la hausse.

La Bourse de Toronto n’a pas fait exception. Mais malheureusement pour nous, la Bourse canadienne affiche l’une des moins bonnes performances boursières au monde, avec un gain de seulement 6 %. Ce sont des peanuts à comparer à Wall Street, au Nikkei (+19 %), au Heng Seng (+33 %), aux marchés émergents (+31 %).

Grâce à l’optimisme qui a régné sur Wall Street tout au long de l’année 2017, la capitalisation boursière mondiale, c’est-à-dire la valeur boursière de toutes les sociétés inscrites en Bourse s’est ainsi appréciée de quelque 13 000 milliards de dollars US, soit plus de six fois le PIB du Canada.

Le défi en 2018

La folle chevauchée de Wall Street va-t-elle se poursuivre en 2018 ?

L’actuel niveau élevé des indices boursiers américains escompte déjà les « futurs » résultats positifs des grandes nouvelles économiques américaines, dont l’adoption de la fameuse réforme fiscale et les effets « positifs » du protectionnisme de Donald Trump.

À vrai dire, le grand défi boursier de l’année 2018 consistera à boucler l’année sans qu’une sévère correction boursière ne vienne ronger une large portion des gains accumulés sur papier en 2017.

Soyons réalistes ! L’actuel cycle haussier de la Bourse remonte au 9 mars 2009, moment où Wall Street a touché son creux lors de la crise financière de 2008-2009. Huit années de hausse ou presque, ça donne un « Bull Market » pas mal long !

Et plus le « Bull Market » prend de l’âge, plus les valeurs boursières sont élevées, plus ça exige de la croissance et de la rentabilité, et plus l’économie doit tourner rondement.

Méchant défi que de réussir à maintenir un tel rythme de croissance ! Et encore faut-il que les autres grandes économies emboîtent le pas à l’échelle mondiale.

La réalité

Regardons la réalité boursière en face. Et pour ce faire, voici les hausses enregistrées par les indices nord-américains depuis le creux de la dernière crise financière.

INDICE 9 MARS 2009 29 DÉCEMBRE 2017 HAUSSE
Dow Jones 6547 24 719 277 %
S&P 500 677 2673 295 %
Nasdaq 1268 6903 444 %
S&P/TSX 7567 16 209 114 %

On conviendra que la Bourse américaine a rapporté de juteux rendements depuis la crise financière de 2008-2009.

Il faut cependant remettre cette forte hausse boursière dans sa juste perspective. Entre le haut (en 2007) du précédent cycle haussier et le creux de mars 2009, les indices se sont effondrés de 50 % à 55 %.

Les perspectives

En mars prochain, l’actuel « Bull Market » aura neuf ans. C’est historiquement le deuxième plus long cycle haussier depuis 1945.

Le plus long cycle fut celui qui a commencé le 5 décembre 1987, un mois et demi après le krach d’octobre 1987. D’une durée de 12 années, ce cycle s’est terminé le 24 mars 2000. Époque de la folie des titres de télécom et de l’internet.

La fin de ce « Bull Market » a été suivie d’une gigantesque déconfiture boursière de 50 %.

Je ne dis pas cela pour jouer au prophète de malheur... mais pour vous inviter à la prudence.

Cela dit, un grand nombre d’analystes persistent à croire que la tendance haussière du marché va se poursuivre en 2018.

Souhaitons-nous bonne chance. On en aura grandement besoin !

MES MISES EN GARDE

LA CRYPTOMANIA

Bravo aux aventuriers de la cryptomonnaie ! Vous avez accumulé des gains faramineux avec le Bitcoin. Et les « spécialistes » de la spéculation se fendent maintenant en quatre pour vanter la fortune qui nous attend avec le lancement des nouvelles cryptomonnaies. Ça me rappelle la folie de la fabuleuse hausse du cours de l’or et de l’argent, à la fin des années 1970. Ça me rappelle aussi la folie des titres RÉA dans les années 1980. Et celle des titres internet à la fin des années 1990. Et que dire du miraculeux papier commercial des années 2000... qui a emballé les institutions financières jusqu’à... en crever !

Un conseil : les bulles se suivent et se terminent toutes de la même façon : par un krach !

LE DOLLAR ET LA HAUSSE DES TAUX

Amorcée en 2017, la hausse des taux d’intérêt est irréversible.

On s’attend à ce que la Réserve fédérale américaine relève son taux directeur au moins à trois reprises au cours de 2018. La Banque du Canada devrait emboîter le pas, question de ne pas se retrouver avec un huard canadien trop faible par rapport au dollar américain. La faiblesse du dollar canadien est certes un atout pour les exportations canadiennes vers les États-Unis. Par contre, cela rend moins accessibles les produits importés des États-Unis. Le dollar canadien devrait rester autour des 79 cents US.

LE MARCHÉ DES OBLIGATIONS

Une difficile année attend le marché obligataire. La hausse des taux d’intérêt étant bien enclenchée, le marché des obligations négociables émises par les gouvernements et les entreprises devrait s’avérer peu rentable pour les investisseurs.

La raison en est fort simple : la valeur marchande des obligations négociables fluctue à l’inverse des taux d’intérêt. Lorsque les taux montent, leur valeur marchande fléchit et vice-versa.

Le marché obligataire a enregistré une belle performance lors de la période allant du début de la dernière crise financière jusqu’à la fin de 2016. Pourquoi ? Parce que les banques centrales, dont la Réserve fédérale et la Banque du Canada, ont considérablement réduit leur taux directeur respectif. Mais avec la solide reprise économique, cette période est révolue. Place maintenant à la hausse graduelle des taux et, par conséquent, à un marché obligataire léthargique.

MARCHÉ HYPOTHÉCAIRE

Avec le retour à la hausse des taux d’intérêt, les emprunteurs hypothécaires ont grandement « intérêt » à renouveler au plus sacrant leurs hypothèques. Plus ils vont attendre, plus le taux risque d’être plus élevé. Et il y a lieu par surcroît d’opter pour une hypothèque d’une longue durée.

Le taux officiel du terme de cinq ans est actuellement de 4,99 %. D’ici la fin de 2018, ce taux officiel pourrait approcher les 6,0 %. Et en 2019, il pourrait frôler les 6,5 %.

Mais comme vous savez, il est possible de se négocier une hypothèque à taux nettement inférieur aux taux officiels. Présentement, on peut encore se trouver une hypothèque de cinq ans autour de 2,9 %, soit deux points de moins que le taux officiel. Un terme de sept ans pour environ 3,7 % et un 10 ans pour 3,75 %.