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Des débordements fréquents dans les refuges

Des débordements fréquents dans les refuges
SÉBASTIEN ST-JEAN/24 HRS/AGENCE QMI

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Les services d’hébergement d’urgence pour les personnes itinérantes sont utilisés à pleine capacité et certains refuges enregistrent parfois des débordements, alors que les températures se situent en dessous des normales de saison depuis la fin décembre.

Dans certains refuges, les lits supplémentaires pour la période hivernale sont parfois insuffisants pour combler la demande.

«Dépendamment des ressources, on ajoute des places dans des espaces communs qui ne sont pas des dortoirs, comme des tapis, pour que les gens aient quand même droit à un lieu pour dormir. Ce ne sont pas des conditions idéales, mais c’est mieux que la rue», note le directeur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreau.

Dans les deux maisons d’hébergement de la Rue des femmes, les débordements sont monnaie courante. Hier soir, la maison Olga a dû refuser des femmes qui voulaient passer la nuit, après avoir «étiré l’élastique» au maximum, regrette la fondatrice de l’organisme Léonie Couture. À la maison Jacqueline, il y avait un surplus, mais on a pu accepter toutes celles qui voulaient dormir.

Lorsque tous les lits sont occupés, les intervenantes ajoutent des tapis. Parfois, on va même plus loin pour ne refuser personne. «Ça arrive que des femmes nous demandent de rester sur des chaises parce que le froid n’a pas d’allure», relate Mme Couture.

Quand les maisons débordent, cela est «très exigeant» pour les intervenants de la Rue des femmes, qui doivent rester alertes. Puisque l’organisme accueille des femmes ayant des problèmes de consommation et de santé mentale, les surplus sont plus difficiles à gérer pour le personnel restreint. «Il y a la limite des maisons, mais aussi la limite du personnel», explique Léonie Couture.

Planification

À la Mission Bon Accueil, aucun débordement n’a été noté depuis le début de l’hiver. Le refuge fonctionne tout de même à pleine capacité, reconnait son président-directeur général Samuel Watts. Depuis le début des grands froids, «tous les gens qui voulaient avoir un lit ont pu avoir un lit».

M. Watts souligne que les acteurs du domaine de l’itinérance ont commencé à planifier les mesures hivernales dès juin 2017. De cette planification est né un service de navette circulant entre les refuges, la halte-chaleur de St-Michael et les endroits très fréquentés par les personnes itinérantes.

Alternative aux refuges

Certaines personnes itinérantes préfèrent ne pas fréquenter les refuges. Depuis le 1er décembre, une halte-chaleur est ouverte toutes les nuits à la Mission St-Michael pour s’assurer que ces personnes aient un endroit chaud. Une ressource qui connait un fort achalandage depuis, alors qu’entre 30 et 40 personnes s’y rendent chaque nuit, mentionne Pierre Gaudreau.