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Équipe sans personnalité, sans âme

Blue Jackets vs Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Avec un contrat de 4,5 M$ par an qui sera encore valide la saison prochaine, Max Pacioretty représentera une aubaine pour une équipe qui cherchera à améliorer son sort au cours des prochaines semaines.

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Claude Julien claironne que ses joueurs veulent gagner. O.K.

Alors qu’on m’explique pourquoi les patineurs du Canadien ne parviennent pas à compétitionner au même niveau que les Sharks de San Jose, qui, mardi soir, n’ont rien offert de bien spectaculaire ?

Je crois même qu’ils étaient prêts à être battus, pour employer une expression propre au hockey.

Serait-ce parce que le Canadien est une équipe ordinaire ?

Bon, je retiens que Max Pacioretty et Jonathan Drouin, qui n’ont pas marqué un seul but depuis la dernière semaine de novembre 2017, changent la donne.

Je retiens également qu’Alex Galchenyuk ne produit pas comme on le souhaiterait... mais encore faudrait-il oublier ses carences en défense et lui fournir plus d’opportunités de s’illustrer dans l’autre sens de la patinoire.

On comprend tout ça.

Vingt points de moins que Vegas

Mais, si je consulte le classement des équipes et que je réalise que les Golden Knights de Vegas ont récolté 20 points de plus que le Canadien, à la mi-saison, c’est qu’il y a plus que les performances de Pacioretty, Drouin et Galchenyuk qui doivent expliquer les piètres résultats de la première moitié de la saison.

C’est plutôt désolant. Cette équipe n’a pas de personnalité, elle n’a pas d’âme.

On croit qu’un traitement-choc s’impose.

Mais, à ce stade-ci de la saison, alors que les chances d’une qualification aux séries éliminatoires tiendrait du miracle (pour y arriver, le CH devrait conserver une moyenne d’efficacité de ,690), je crois plutôt qu’un groupe de décideurs clairvoyants pourrait profiter de la situation pour remettre l’équipe sur les rails. Si, évidemment, on fait preuve d’opportunisme, de jugement et de leadership.

Échanger Pacioretty immédiatement en retour d’un joueur établi et d’un ou deux choix au repêchage, ça ne changera rien à la présente saison. Et, quand on parle de choix au repêchage, si on dresse un bilan des recruteurs de l’équipe, ce n’est pas très brillant. Au contraire.

Échanger Galchenyuk serait une autre solution, mais, présentement, quelle est sa réelle valeur sur le marché ? Ne serait-il pas profitable de lui donner du temps de jeu ?

Une aubaine à 4,5 M$

Attendre encore quelques semaines est une perspective à envisager en créant une surenchère ? Les scénarios seront nombreux, croyez-moi. Plusieurs formations ont de grandes ambitions et pour s’assurer que tous les éléments seront en place pour s’attaquer au Lightning de Tampa Bay, on fera du lèche-vitrine d’ici au 26 février.

Et on s’arrêtera assurément devant la vitrine du Canadien.

En consultant le classement des équipes, deux joueurs apparaissent au haut de l’affiche. Deux ailiers avec un curriculum vitae intéressant, deux ailiers qui pourraient ajouter du « punch » à des formations déjà bien nanties en attaque. Il s’agit de Max Pacioretty et d’Evander Kane.

Kane est plus robuste, plus solide le long de la rampe, mais Pacioretty a démontré dans le passé qu’il était un marqueur redouté par les entraîneurs adverses.

La différence entre les deux joueurs, c’est qu’une équipe pourrait profiter de Pacioretty pour deux printemps, deux qualifications aux séries éliminatoires, cette année et l’an prochain, au prix de 4,5 millions de dollars. Une aubaine. Kane, de son côté, se prévaudra de son statut de joueur autonome sans compensation, le 1er juillet 2018. Alors, je vous pose une question. Quel est le joueur le plus attrayant ? Je crois que Pacioretty est celui qui permettrait un meilleur retour sur investissement puisqu’il lui restera une autre saison à sa présente entente.

À Marc Bergevin de capitaliser sur une telle situation.

Attendre à la fin de la saison pourrait s’avérer une sage décision. C’est pendant l’entre-saison qu’on réalise parfois des coups fumants. C’est pendant cette période d’inactivité que certains joueurs retrouvent leur valeur réelle, pas celle amenuisée par une saison en dents de scie.

Le dossier Price

Il y a toujours le dossier de Carey Price qui intrigue bien des observateurs. Le Canadien gagnera-t-il la Coupe Stanley au cours des trois prochaines années ? Les chances sont très minces pour ne pas dire inexistantes.

Alors pourquoi un gardien à 10 M$ ? Price a retrouvé son synchronisme et tous ses attributs depuis son retour au jeu... et pourtant, ça ne change pas grand-chose aux performances du Canadien. Oh si, il permet au Canadien d’avoir une chance de gagner chaque soir.

Le problème, c’est que le Tricolore s’enlise de plus en plus dans les bas-fonds du classement.

Les prochaines semaines et les prochains mois auront un impact majeur sur l’organisation. Est-ce qu’on optera pour un virage à 180 degrés ? Tentera-t-on de colmater les brèches ?

Geoff Molson aura à prendre des décisions.

Mais, la première question qu’il devra se poser est la suivante : possède-t-il un personnel administratif qualifié pour accepter la mission de remettre en place une organisation en déroute ?