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Fermeture brutale des sept pâtisseries De Gascogne

Plusieurs clients et employés de la chaîne se sont heurtés à des portes closes

Pâtisserie fermée
Photo Camille Garnier Les employés Cédric Amram, Mathilde Falgueyret, Ludivine Dalmasso, Mathieu Latour et Nicolas Hamann-Legris sont écœurés par la manière dont les proprios ont procédé à la fermeture du magasin.

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Des centaines d’employés et de clients ont découvert avec stupeur jeudi matin la fermeture des pâtisseries De Gascogne, bien connues des Montréalais depuis 60 ans.

Seule une poignée d’employés ont été prévenus mercredi soir que la pâtisserie fondée en 1957 faisait faillite et que ses sept succursales seraient fermées définitivement dès le lendemain.

« C’est inhumain. Il n’y a aucune empathie », s’indigne Ludivine Dalmasso, gérante du magasin située avenue Laurier.

Son adjoint, Cédric Amram est l’unique employé parmi la vingtaine que compte la boutique à avoir été averti de cette fermeture par la direction.

Serrures changées

« J’ai reçu un coup de fil de notre directrice des ventes à 22 h 30 la veille pour me dire de ne pas aller travailler le lendemain, que les serrures avaient été changées et que l’entreprise faisait faillite », raconte-t-il.

Dans la petite équipe soudée de ce magasin, la nouvelle a eu l’effet d’une bombe.

« Je passe mon temps à pleurer, confie Mme Dalmasso. Nous entendions des rumeurs depuis quelque temps comme quoi cela n’allait pas bien, mais on ne pensait pas à une fermeture, et surtout pas comme ça. »

Surprise

Chez les clients, la surprise était la même. Croisée jeudi devant la boutique de l’avenue Laurier, Annik Lescop venait chercher des galettes commandées la semaine dernière.

« Je ne comprends pas, je n’ai reçu aucun message, rien », s’étonnait-elle.

Le choc a été d’autant plus dur pour les employés que la direction leur a demandé de faire énormément d’heures supplémentaires pendant les Fêtes.

« Nous avons fait 70 heures par semaine au lieu de 45, six jours sur sept, explique Cédric Amram. C’était très intense. »

Les employés, à qui la direction a promis par courriel de verser leur dernier salaire, se réuniront cet après-midi pour organiser un éventuel recours.

Sur son site internet, l’entreprise revendique plus de 250 employés.

Sans emploi en début d’année, beaucoup craignent d’avoir des difficultés à retrouver du travail rapidement.

« Le mois de janvier, ce n’est pas franchement la bonne période pour retrouver une job à Montréal », affirme Cédric Amram.

Pas rare

« En cas d’insolvabilité, ce n’est pas particulièrement rare d’avoir une fermeture comme celle-ci que l’on pourrait qualifier de brutale ou soudaine, explique l’avocat spécialisé en droit du travail François Longpré. Ce que la loi dit, c’est que lorsqu’on licencie les gens, on doit leur donner un préavis ou payer une indemnité au lieu de ce préavis. »

M. Longpré ajoute cependant qu’en cas de faillite, il est fréquent que l’entreprise n’ait pas les moyens de payer cette indemnité et que les salariés en soient pour leurs frais.

Contactée par téléphone, la direction des pâtisseries De Gascogne n’a pas rendu les appels du Journal.