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L’année commence très bien à la télé

Bye Bye 2017
Photo courtoisie

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Jean-René Dufort est un puits sans fond d’idées et d’inventions. Encore une fois, sa revue de l’année était aussi drôle et percutante que le Bye Bye, l’émission la plus coûteuse, mais la plus rassembleuse de notre télé d’État. Pourtant, il n’y a pas grand’chose à reprocher à ce Bye Bye, surtout pas cette parodie géniale de Passe-Partout avec grand-papa Bi devenu trans !

Pour le plus grand bonheur des nostalgiques des Bye Bye d’autrefois, Simon-Olivier Fecteau et ses concepteurs ont rangé les effets spéciaux à l’américaine pour revenir au simple maquillage et aux bonnes vieilles perruques. Dans ce type de concept, Marc Labrèche et Anne Dorval font merveille. Grâce à son talent d’imitatrice exceptionnel, on ne verra plus Valérie Plante du même œil et Kim Jong-un pourrait même proposer à Anne Dorval de le remplacer au pied levé !

J’ai aussi visionné les dix nouveaux épisodes de The Crown, dont on dit qu’ils auraient coûté deux fois plus cher que les premiers, environ 340 millions $. Si l’argent ne fait pas le bonheur, il ne garantit pas le génie non plus. J’ai adoré la première saison de The Crown. Elle restera pour moi l’étalon auquel les séries à venir devront se mesurer. J’ai des réserves sur la deuxième saison.

LA REINE EST AU 2e PLAN

La reine Élizabeth (Claire Foy) y est moins présente. Elle est souvent un simple témoin des événements et un faire-valoir pour Philip, sa sœur Margaret et même un faire-valoir pour les hommes politiques qu’elle doit confronter. La reine sort grandie de la première saison, mais elle déçoit dans la plupart des nouveaux épisodes. Ceux qui n’aiment ni la monarchie ni la reine (la vraie) seront confortés dans leur opinion.

Claire Foy n’y est pour rien. Malgré le rôle presque secondaire que lui a ménagé le scénariste Peter Morgan, l’actrice est criante de vérité. Un simple regard, une moue, un rictus, un demi-sourire en disent plus long que n’importe quelle réplique. Olivia Colman (Golden Globe 2016 de la meilleure actrice de soutien pour The Night Manager) deviendra Élizabeth pour la troisième saison. Elle devra se surpasser pour faire oublier Claire Foy.

PLUS DE ROMAN QUE D’HISTOIRE

Ceux que l’histoire intéresse moins que la fiction seront bien servis par la deuxième saison. Les premières rencontres entre Margaret (Vanessa Kirby) et le photographe Anthony Armstrong-Jones (Matthew Goode) sont particulièrement torrides et les scènes sont explicites.

L’épisode 9, intitulé Pater familias, est entièrement consacré à Philip jeune, qu’on voit en flash-back, et au prince Charles adolescent. Tous deux essaient de se bâtir une carapace au collège Gordonstoun d’Écosse, dirigé par des éducateurs auprès desquels Gilbert Sicotte aurait l’air d’une mauviette. Au grand désespoir du duc, cette éducation à l’allemande ne réussit pas très bien à son fils Charles. C’est en vain qu’on lui frotte ses oreilles décollées !

La dernière scène entre Philip et Elizabeth est la plus émouvante de la série. Elle montre bien la rigueur des acteurs britanniques dont le jeu est toujours un cran au-dessus de celui des acteurs américains.

Je ne sais ce que nous réservent les nouveautés télévisuelles de 2018, mais le dernier Infoman comme le dernier Bye Bye et The Crown placent la barre très haute.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

Anne Dorval et Marc Labrèche seraient-ils à leur meilleur lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes ?