/news/society
Navigation

Le «Dream» d’un survivant

Un jeune homme a demandé un chien à Rêves d’enfants pour offrir de la zoothérapie

Charles-Edward Mercier veut faire équipe avec son chien Dream pour offrir de la zoothérapie aux enfants malades. « Je crois que ça peut faire une réelle différence dans leur vie et aider durant leurs traitements. »
Photo Stevens LeBlanc Charles-Edward Mercier veut faire équipe avec son chien Dream pour offrir de la zoothérapie aux enfants malades. « Je crois que ça peut faire une réelle différence dans leur vie et aider durant leurs traitements. »

Coup d'oeil sur cet article

Un jeune homme de Lévis sélectionné par la fondation Rêves d’enfants alors qu’il combattait une tumeur au cerveau a choisi de redonner aux autres enfants malades en demandant un chien qu’il entraînera pour faire de la zoothérapie pédiatrique.

Charles-Edward Mercier n’a pas hésité une seconde quand son médecin lui a annoncé à l’automne qu’il allait être admissible à un rêve d’enfant. Même s’il combattait lui-même un rare cancer du cerveau, un germinome pinéal, le jeune homme ne pouvait s’enlever de la tête l’image des jeunes enfants qu’il côtoyait au centre hospitalier.

« Ç’a été un choc pour moi de voir autant d’enfants malades », raconte Charles-Edward, qui a lui-même failli y rester en raison de son importante tumeur. « Je ne me suis jamais senti malade, comparativement à eux. Je les voyais souffrir et je pensais à ce que ça ferait d’avoir un chien pour les accompagner. Je me disais que ça changerait leur vie », ajoute celui qui a fêté son 18e anniversaire durant son combat contre la maladie.

« C’était ça ou rien du tout »

C’est de cette façon que Dream est arrivé dans sa vie. Le petit golden retriever âgé de quatre mois lui a permis d’affronter ses propres traitements finaux de chimio et de radiothérapie, et il deviendra un allié pour les jeunes malades. Alors qu’il aurait pu demander un voyage ou d’autres cadeaux pour lui à Rêves d’enfants, Charles-Edward a plutôt voulu redonner. « C’était ça ou rien du tout », souligne-t-il avec aplomb.

Encore toute jeune, l’attachante petite bête passera par un long processus d’entraînement qui commencera en janvier avec des spécialistes de l’Académie Tops-K9. « On a du temps de plaisir à s’amuser avec Dream et, ensuite, il commencera à travailler », explique son bienveillant maître à qui le chiot obéit déjà plutôt bien... si une gâterie lui pend au bout du nez !

Frôler la mort

Heureux de pouvoir redonner aux enfants malades par l’entremise de Dream, Charles-Edward Mercier a bien failli ne jamais connaître ce bonheur. En fait, c’est par hasard, en juin dernier, qu’il a appris qu’il avait une tumeur au cerveau, un hasard qui lui a sauvé la vie.

« J’avais un œil qui louchait depuis un mois et ma blonde insistait pour que j’aille consulter. Dès que l’optométriste m’a vu, elle m’a envoyé à l’urgence et j’étais opéré deux jours plus tard pour diminuer la pression dans mon cerveau », raconte avec une maturité impressionnante le solide gaillard de 6 pi 7 po. « Les médecins m’ont dit qu’une semaine ou deux de plus et j’étais mort. »

Après avoir rétabli la pression dans son cerveau, les médecins ont pu amorcer des traitements pour réduire la masse qui se trouvait sur la glande pinéale. Après quatre cycles de traitements de chimiothérapie de 21 jours et 5 semaines de radiothérapie, Charles-Edward est en excellente voie d’être tiré d’affaire.

« Aux derniers tests, il y avait 91 % de diminution de la tumeur avec la chimio. Il reste des tests en janvier et février, puis je vais devoir être suivi pendant 10 ans ensuite », souligne celui qui a bien hâte de reprendre son cours de mécanique d’engins de chantier l’automne prochain. « Je ne me suis pas vraiment senti malade, mais arrêter l’école et le travail, ça a été le plus dur. »

Charles-Edward Mercier, 18 ans

Charles-Edward Mercier veut faire équipe avec son chien Dream pour offrir de la zoothérapie aux enfants malades. « Je crois que ça peut faire une réelle différence dans leur vie et aider durant leurs traitements. »
Photo Stevens Leblanc
  • Tumeur au cerveau (germinome pinéal)
  • Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL)

« Dream, c’est un peu mon cadeau de cancer. Je sais qu’il va me suivre longtemps et, sur­tout, qu’il va pouvoir aider des enfants malades qui ont besoin de ces moments-là pour oublier la maladie. »

– Charles-Edward Mercier

Les 25 000 réalisations de Rêves d’enfants

Pour les responsables de Rêves d’enfants, une histoire remplie de générosité comme celle de Charles-Edward et Dream témoigne parfaitement de la mission de l’organisme qui a récemment atteint le chiffre magique des 25 000 rêves.

La demande de Charles-Edward Mercier peut paraître simple, mais elle fera une réelle différence dans la vie d’enfants malades pour les années à venir. Son rêve fera boule de neige et lui permet de « donner au suivant ».

« Ça nous arrive à l’occa­sion de voir des enfants utiliser leur rêve pour se projeter dans le futur et aider d’autres enfants. C’est une symbolique très forte parce que c’est aussi ça, Rêves d’enfants », explique Pierre-Luc Berthiaume, directeur pour l’Est-du-Québec, touché par la générosité du jeune homme.

L’exemple d’un athlète

Au cours des dernières semaines, un autre rêve d’enfant est venu toucher M. Berthiaume et les autres membres de l’organisme. Jayden Strauss, un jeune athlète de 18 ans passionné de chaussures de sport, a eu la chance de concevoir sa propre paire de chaussures Nike dans le cadre du 25 000e rêve de l’organisme.

Atteint d’un virulent cancer, le jeune Albertain a fait ses premiers pas en plusieurs semaines avec ses propres chaussures au pied. « Il avait été alité durant de longues semaines et il a insisté pour marcher quand on lui a mis ses chaussures », explique M. Berthiaume.

Malgré le décès tragique du jeune homme au mois de novembre, la fondation a choisi de pousser ce rêve jusqu’au bout en lançant la gamme de vêtements King Jay, en l’honneur du garçon. « De cette façon, Jayden survivra à travers la marque et, comme tout l’argent va à Rêves d’enfants, il permettra à d’autres jeunes de vivre leur rêve. On est parti pour un autre 25 000 avec un rêve comme celui-là », estime M. Berthiaume.