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Pour le meilleur et pour le pire

Jonathan Drouin: «Je ne commencerai pas à être négatif, à chialer et à trouver des excuses»

SPO-SHARKS DE SAN JOSE VS CANADIENS DE MONTREAL
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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La première saison de Jonathan Drouin avec le Canadien ne se déroule pas, jusqu’ici, comme il le souhaitait. Comme tout joueur dont l’équipe éprouve des difficultés, il s’efforce de rester positif.

La chose ne doit pas lui être toujours facile. Le jeune homme est reconnu pour avoir du caractère.

À sa deuxième saison avec le Lightning de Tampa Bay, il était retourné chez lui, à Sainte-Agathe, après avoir été rétrogradé dans les mineures.

Il avait tenu son bout pendant plusieurs semaines avant de réaliser qu’il valait mieux pour sa carrière de rentrer au bercail. Il avait ensuite connu de très bonnes séries avec le Lightning, qui s’était rendu en finale de l’Est après avoir pris part à la grande finale l’année précédente.

Défaite frustrante

Pour la première fois depuis ses débuts avec le Tricolore, il a coupé court à une mêlée de presse après la quatrième défaite d’affilée subie par les siens, samedi dernier, aux mains des Panthers de la Floride.

Il s’agissait d’un sixième revers par jeu blanc en 39 rencontres pour la troupe de Claude Julien.

Le mécontentement se lisait sur le visage de Drouin. Il était en beau fusil et c’était très bien ainsi.

Quand on est payé pour générer de l’attaque et produire, la frustration prend le dessus et il ne faut pas avoir peur d’afficher ses émotions.

Il y a des jours meilleurs.

Comme hier, par exemple.

Drouin était parfaitement calme quand je me suis assis avec lui après la séance d’entraînement au complexe du Canadien à Brossard.

Ça ne voulait pas dire qu’il avait oublié le cinquième revers de suite encaissé la veille contre les Sharks de San Jose. Il l’avait encore à l’esprit sans doute, mais la colère s’estompe avec le temps.

Pas le moment de pointer du doigt

Drouin estime qu’il y a une façon de composer avec les situations difficiles.

« Quand on critique, il faut le faire de manière constructive, fait-il valoir.

Je suis ici pour six ans, ajoute-t-il en faisant référence à la durée du contrat qu’il a signé à son arrivée à Montréal l’été dernier.

Je ne commencerai pas à être négatif, à chialer et à trouver des excuses. Surtout pas à ce moment-ci. C’est la dernière chose à faire dans les circonstances.

Ce n’est vraiment pas le temps de bougonner et de commencer à pointer des coéquipiers du doigt. Cela empire les choses.

Il arrive que l’on dise à un coéquipier qu’il aurait dû me passer la rondelle sur un jeu ou que j’aurais dû en faire autant à son endroit. Ça fait partie du métier. Mais si chacun se met à prendre des directions différentes, on ne s’en sortira jamais. »

Des choses à apprendre

Je ne pouvais pas parler à Drouin sans lui demander s’il se remet en question au poste de centre.

« Il arrive que je me dise lors d’une soirée difficile que j’aimerais jouer à l’aile, a-t-il répondu avec franchise.

Mais si je commence à me dire que c’est à l’aile que je veux jouer et que je ferais mieux à cette position, je ne m’améliorerai pas à titre de joueur de centre. Pour le meilleur ou le pire, je dois jouer au centre.

Je sais que ça fait cliché, mais c’est un apprentissage. Quand tu affrontes Anze Kopitar ou Joe Thornton comme ce fut le cas lors de notre dernier match, tu regardes ce qu’ils font pour être aussi bons.

Je dois m’améliorer sur les mises en jeu. À l’aile, tu peux rester sur le bord de la bande sans trop bouger. C’est autre chose au centre. Tu dois bouger tes pieds, mais tu dois voir aussi à bien te positionner. »

Que lui réserve l’avenir ?

Jusqu’ici, les résultats ne sont pas concluants.

Drouin ne totalise que 18 points en 31 matchs. Il n’a récolté qu’une mention d’aide à ses 10 dernières rencontres.

Son différentiel de moins 16 le place en avant-dernière position chez le Canadien, après Jeff Petry qui présente une fiche de moins 22.

Loin de moi l’idée d’être fataliste, mais quand je vois comment les choses se passent avec Drouin, je pense à Pierre Turgeon, à Pierre Larouche et à combien d’autres attaquants au style offensif qui ont calé dans les nids de poule à Montréal.

J’ajoute le nom d’Alex Galchenyuk dans le lot.

Turgeon et Larouche étaient dotés d’un grand talent. Sans être leurs égaux, Drouin et Galchenyuk possèdent de belles habiletés.

Galchenyuk a le pif pour le filet. Il lui arrive de marquer des buts comme s’il enfilait une aiguille. Drouin est rapide et créatif. Lui aussi est capable de marquer de beaux buts.

Ce serait bien de le voir connaître un bon match ce soir face à son ancienne équipe au Centre Bell.

Ça pourrait lui donner le regain dont il a besoin.