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Un incendie suspect causé par une chicane de voisins?

Le locataire où le feu a pris naissance aurait menacé le voisin d’embraser l’immeuble

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Photo Agence QMI, Pascal Girard Les résidents des huit logements se sont trouvés à la rue après le violent incendie.

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Une querelle entre voisins pour du bruit pourrait être à l’origine d’un incendie suspect qui a jeté une dizaine de locataires montréalais à la rue tout juste après le Nouvel An.

Le violent brasier a pris naissance dans un logement du rez-de-chaussée mercredi soir peu après 20 h. Le feu s’est rapidement propagé aux huit appartements de l’immeuble situé sur la rue Tardif, à l’angle de l’avenue Monty, dans Montréal-Nord. Malgré les efforts des pompiers, le bâtiment a été lourdement endommagé par les flammes. Il n’est donc plus habitable.

La fumée sortait des fenêtres.
Photo Agence QMI, Pascal Girard
La fumée sortait des fenêtres.

Conflit entre résidents

L’enquête a rapidement été transférée à la police de Montréal puisque certains éléments suspects ont été soulevés par les pompiers.

D’abord, lorsque les premiers répondants sont arrivés sur les lieux, deux locataires se querellaient à l’extérieur et se blâmaient l’un et l’autre pour l’incendie qui venait de survenir.

Qui plus est, quelques jours plus tôt, des agents du SPVM ont dû se rendre à cette adresse pour une chicane entre ces deux mêmes locataires, notamment en raison de bruit, a raconté le propriétaire de l’immeuble, qui a préféré taire son nom.

Selon nos informations, l’un d’eux aurait alors menacé de faire brûler le bâtiment. C’est d’ailleurs dans son appartement que le foyer de l’incendie a été localisé.

Sans assurances

Les résidents, tous sans assurances, ont perdu la majorité de leurs biens. Certains sont hébergés par des amis ou de la famille, alors que d’autres séjournent temporairement dans un hôtel du centre-ville offert par la Croix-Rouge.

C’est notamment le cas de Jean-Max Thélisma, pour qui l’année 2018 a bien mal commencé. Le jeune homme se souvient très bien de la querelle survenue dans l’aire commune de son immeuble à logements il y a quelques jours. Ses deux voisins s’injuriaient et hurlaient au petit matin.

« C’était difficile de comprendre ce qu’ils disaient puisqu’ils mélangeaient le français, l’anglais et le créole, a raconté le sinistré. Quand la police est venue, ça s’est calmé. »

Pas nouveau

Et c’était loin d’être la première fois que les résidents de l’immeuble devaient se taper une chicane de voisins, si l’on se fie à Sherlande Telusma, qui vit elle aussi dans le bâtiment.

« Depuis deux ou trois semaines, ils se chicanent presque chaque soir et c’est principalement au milieu de la nuit, a dit la jeune femme. C’est sans arrêt. »

Les menaces proférées peu de temps avant l’incendie par l’un des résidents font en sorte que l’hypothèse privilégiée par la police est celle de l’incendie criminel. Les enquêteurs de la section des incendies criminels chargés du dossier n’ont pas encore terminé d’interroger tous les sinistrés. Pour l’instant, aucune arrestation n’a été faite dans cette histoire.