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Aucune femme sélectionnée dans la catégorie du meilleur réalisateur aux Golden Globes

18th Annual AFI Awards - Arrivals
AFP La réalisatrice Patty Jenkins.

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Aucune femme n’est sélectionnée dans la catégorie du meilleur réalisateur aux 75es Golden Globes, malgré plusieurs années de polémique sur le sexisme à Hollywood, alors que l’industrie du cinéma américaine est encore sous le choc du scandale de l’affaire Weinstein.

Ces derniers mois, des films mis en scène par des femmes ont pourtant été applaudis par la critique ou ont parfois cartonné au box-office, comme Wonder Woman de Patty Jenkins.

Plusieurs d’entre eux, notamment Lady Bird (Greta Gerwig) ou Mudbound (Dee Rees), affichent plusieurs nominations aux Golden Globes, qui seront remis dimanche lors d’une cérémonie à Beverly Hills, mais aucune cinéaste n’a été retenue pour le prix de la réalisation.

Cette année, entre autres, Kathryn Bigelow a fait les gros titres avec son film à suspense historique sur les révoltes raciales et les brutalités policières, Detroit, et Sofia Coppola a été acclamée à Cannes et ailleurs avec Les Proies.

Pourtant, les quelque 90 membres de l’Association des journalistes étrangers d’Hollywood, dont beaucoup sont des femmes, n’ont choisi aucune d’elles pour figurer dans le club des cinq sélectionnés.

Guillermo Del Toro est le favori pour La forme de l’eau, une romance fantastique entre une muette et un monstre reptilien. Il rivalise avec Martin McDonagh (Three Billboards: les panneaux de la vengeance), Christopher Nolan (Dunkerque), Ridley Scott (Tout l’argent du monde) et Steven Spielberg (Pentagon Papers).

Une analyse, menée par l’AFP, des anciens nommés dans cette catégorie montre que seules cinq femmes ont été retenues dans l’histoire des Globes, qui remonte aux années 40.

Barbra Streisand – la seule lauréate pour le film Yentl (1983) – et Kathryn Bigelow ont été nommées deux fois chacune, tandis que Sofia Coppola, Jane Campion et Ava DuVernay complètent la maigre liste.

Aux Oscars, c’est encore pire : depuis la première cérémonie en 1929, quatre femmes ont été sélectionnées (Lina Wertmuller, Sofia Coppola et Jane Campion) et une seule l’a emporté : Kathryn Bigelow pour Démineurs.

Leur absence des prix du cinéma est le reflet de leur quasi-exclusion des plateaux : une étude publiée jeudi par la Fondation Annenberg et l’Université de Caroline du Sud (USC) montre que, dans les dix dernières années, elles ne représentaient que 4 % des metteurs en scène.

83,7 % des réalisatrices n’ont tourné qu’un film dans la décennie passée contre 55,3 % des hommes, et les femmes sont largement cantonnées aux œuvres d’art et d’essai.

« Le fauteuil du metteur en scène reste mâle et blanc », souligne l’étude, notant que sur 1,100 films et 1,223 réalisateurs considérés, seuls 5,2 % étaient noirs et 3,2 % étaient asiatiques.

Les disparités entre hommes et femmes se retrouvent à la tête des studios, où l’on ne compte que 24 % de femmes.

« Nous avons besoin de changements radicaux, à commencer par des dirigeants (de studios) qui font de la diversité une priorité (...) et jusqu’aux consommateurs » appelés à voter et à se faire entendre, assène l’étude.