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Faire faillite à cause de ses locataires

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Lorsqu’elle s’est finalement résolue à rencontrer son syndic, Suzanne, 45 ans, était au bout du rouleau. Cette mère monoparentale d’un adolescent n’arrivait plus à joindre les deux bouts... à cause de ses locataires !

Préposée aux bénéficiaires avec un emploi stable, Suzanne gagne 2067 $ net par mois. Elle reçoit également 284 $ de prestation fiscale pour son fils de 13 ans, pour un revenu total de 2351 $. Propriétaire d’une maison à Bois-des-Filion achetée en 2006, elle éprouve des difficultés à rembourser son prêt hypothécaire. Elle décide donc de la mettre en location en 2013 et loue pour elle-même un appartement pour la somme de 700 $ par mois, électricité et câble inclus. Elle pense que cette décision va lui procurer une bouffée d’oxygène, mais c’est pourtant l’inverse qui se produit.

De mauvais locataires

« Suzanne a loué sa maison à un couple de personnes âgées ayant un lien familial avec elle. Ils ont signé un bail de cinq ans, et elle espère être enfin tirée d’affaire. En effet, le loyer que lui versent ses locataires lui permet de rembourser son prêt hypothécaire et de payer les taxes reliées à la propriété », explique Véronique Vachon, syndique autorisée en insolvabilité chez Raymond Chabot.

Malheureusement, les choses ne se déroulent pas comme elle le prévoit. Ses locataires lui téléphonent constamment pour lui demander de venir effectuer des réparations dans la résidence. Ils détériorent aussi les fenêtres de façon telle que Suzanne doit contracter un prêt auprès de son institution financière pour les remplacer. Elle utilise aussi sa carte de crédit et finit même par avoir recours à un prêteur privé pour pouvoir entretenir la maison et réaliser diverses réparations. Au bout du compte, après plusieurs années à ce régime, elle se retrouve avec des dettes de 15 800 $ (paiements minimums portant intérêt de 417 $ par mois), auxquelles s’ajoutent son prêt automobile de 24 000 $ (paiements mensuels de 329 $) et le prêt hypothécaire de 138 400 $ (paiements de 790 $ par mois).

Une faillite libératrice

Puisque ses locataires payent leur loyer régulièrement, Suzanne ne peut pas les évincer. Épuisée psychologiquement par leurs plaintes incessantes et à bout de ressources financièrement, elle n’a pas non plus le courage de se lancer dans la vente de sa maison. « La meilleure solution pour Suzanne est la faillite personnelle. Ses obligations financières n’ont cessé de croître à cause des prêts et de l’utilisation de son crédit. En faisant faillite, elle remet sa propriété au créancier hypothécaire, qui a expulsé les locataires et repris possession de la maison, et elle est également libérée de toutes ses dettes de consommation », explique Véronique Vachon. Elle conserve toutefois son véhicule, indispensable pour se rendre à son travail. Il lui faudra neuf mois pour être libérée de sa faillite, à raison de paiements mensuels de 225 $. Au bout de cette période, elle aura enfin l’esprit tranquille.

Sa situation financière

Actifs

  • Propriété 132 000 $
  • Honda Civic 2015 17 000 $
  • REER 33 500 $
  • Meubles 7000 $

Dettes

  • Banque Nationale du Canada (Prêt fenêtre) 5500 $
  • Visa TD 7300 $
  • Marge de crédit TD 1000 $
  • Crédit Risk Management Canada 2000 $
  • Prêt-auto Honda Canada Finance 24 000 $
  • Prêt hypothécaire Banque TD 138 400 $

Revenus mensuels

  • Salaire + prestation fiscale pour enfants : 2351 $

Dépenses mensuelles

  • 2124 $ (loyer, épicerie, assurances, paiement auto, essence, etc.)
  • Coût de la faillite : paiement de 225 $ par mois pendant neuf mois

Total : 2349 $ par mois