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Le dernier échelon

Mylène St-Sauveur
Photo Courtoisie

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Le nom de Mylène St-Sauveur n’était jamais apparu au sommet du générique d’une télésérie avant qu’elle décroche le premier rôle dans Hubert et Fanny, le nouveau drame romantique de Richard Blaimert à ICI Radio-Canada Télé. Qui dit tête d’affiche dit pression, mais en entrevue, la comédienne de 27 ans semble parfaitement bien gérer la situation. Ses 17 années de métier y sont sûrement pour quelque chose.

« J’ai commencé quand j’étais toute petite. Je suis habituée au rythme des tournages, à apprendre des textes, à respecter les raccords... Je fais ça depuis longtemps. Le travail ne m’a jamais fait peur. »

Mylène St-Sauveur partage la vedette d’Hubert et Fanny avec Thomas Beaudoin. Ensemble, ils incarnent deux étrangers qui ­développent une connexion inexplicable lors d’un vol à main armée qui tourne au vinaigre. Leur coup de foudre est aussi inattendu ­qu’improbable, puisque leurs vies diffèrent ­passablement. La première, une travailleuse ­sociale en couple depuis longtemps, essaie d’avoir un enfant. Le second, un tatoueur ­reconnu, collectionne les aventures d’une nuit.

« Fanny, c’est un paradoxe, décrit Mylène St-Sauveur. Au travail, elle arrive à bien parler, à trouver les mots justes pour traduire sa pensée, mais dans sa vie personnelle, elle est tellement mélangée. Dans les textes de Richard [Blaimert], c’est ce que je voyais. Il y avait beaucoup de points de suspension, par exemple. Fanny ne finit jamais ses phrases, elle étire ses mots... Son langage parle beaucoup.

« Elle est habituée à sauver les autres, mais elle ne sait jamais quoi faire pour elle. »

Faire ses classes

Mylène St-Sauveur a amorcé sa carrière à 10 ans. Entre deux rôles de figuration, elle apparaissait dans des publicités télé et dans des vidéos de sensibilisation au taxage scolaire.

« J’ai commencé en bas de l’échelle, ­résume-t-elle. J’ai fait mes classes et, ­d’audition en audition, j’ai réussi à monter. »

La jeune actrice a fait ses débuts au cinéma, en 2005, dans L’incomparable Mademoiselle C., de Richard Ciupka, avec Marie-Chantal Perron. Au cours des années suivantes, elle est apparue dans 5150, rue des Ormes, d’Éric Tessier, Sur le rythme, de Charles-Olivier ­Michaud, King Dave, de Podz, et Embrasse-moi comme tu m’aimes, d’André Forcier.

Au petit écran, elle a joué dans Les ­Invincibles, Les Parent, Destinées et L’heure bleue. Elle a décroché le rôle-titre dans ­Hubert et Fanny au terme d’un long ­processus ­d’audition, au cours duquel elle était ­convaincue de n’avoir aucune chance, puisque le personnage féminin avait été écrit pour une actrice légèrement plus vieille.

« Ils ont fini par changer l’âge du personnage, explique-t-elle. C’est une marque de confiance immense qui m’a fait chaud au cœur. »

Nouveaux visages

À travers les Marc Messier, Anne-Marie Cadieux et autres Fanny Malette, le grand public découvrira plusieurs nouveaux visages dans Hubert et Fanny, à commencer par André Kasper, Mani Soleymanlou, Olivia Palacci et Rodely Pitt. Selon Mylène St-Sauveur, il s’agit d’une valeur ajoutée.

« Les téléspectateurs vont pouvoir ­s’identifier aux personnages plus rapidement parce qu’ils n’auront pas d’autres références, je crois. Si on avait fait une distribution de name dropping, ils auraient peut-être plongé moins vite dans l’histoire. »

Entraide

Avant même de commencer à tourner Hubert et Fanny, l’été dernier, Mylène St-­Sauveur savait qu’elle s’entendrait bien avec ­Thomas Beaudoin (Victor Lessard, Blue Moon), puisqu’ils avaient déjà travaillé ensemble. C’était en 2012 sur Le Judas, une websérie interactive.

« On faisait un frère et une sœur qui ­s’entretuaient ! rigole-t-elle. Ce n’était pas ­exactement le même genre de relation ! »

L’actrice dit avoir trouvé en Thomas Beaudoin un allié de premier plan durant les tournages d’Hubert et Fanny. « Tous les deux, c’est notre première série comme lead. C’est rassurant d’avoir quelqu’un qui est au même point que moi. On a vécu ces premières choses ensemble. Lors du tournage, on s’encourageait mutuellement l’un l’autre. On s’épaulait.

« J’ai eu tellement de fun l’été dernier. Chaque jour, j’avais hâte de retrouver ma gang. J’avais l’impression que c’était ma famille et qu’on ­pouvait créer quelque chose de A à Z. »

Avec Mariloup Wolfe

Alors qu’on examine plus ­attentivement la manière dont certains réalisateurs ­dirigent leurs plateaux, Mylène St-Sauveur a ­uniquement de bons mots pour Mariloup Wolfe, qui réalise 10 des 12 premiers épisodes d’Hubert et Fanny.

« On parle beaucoup de réalisateurs qui crient, etc. Mais Mariloup ne crie jamais, précise l’actrice. Elle est rassurante et souriante. Elle sait diriger et elle sait ce qu’elle veut. C’est une belle femme de tête assumée. J’adore ça.

« J’admire cette femme parce qu’elle a été ­comédienne et, comme réalisatrice, elle a fait ses classes. Elle arrive préparée. C’est fou de penser qu’à son âge, elle est capitaine d’un énorme bateau. »

Grâce à Mariloup Wolfe, Mylène St-Sauveur s’est sentie impliquée tout au long de l’aventure.

« Elle m’a demandé de faire des moodboards (assemblage d’images) pour mes looks, ­explique la comédienne. Dès le début, elle m’a fait sentir que je n’étais plus “la petite”. Ça m’a fait ­tellement plaisir. »

► ICI Radio-Canada Télé présente Hubert et Fanny les mardis à 21 h. À compter du 9 janvier.