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Transformation extrême

Après une promesse à sa mère, Kevin Noël s’est pris en mains et a perdu 168 livres

Transformation extrême
Photo Martin Alare

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À 18 ans, Kevin Noël était un gros bonhomme. Son obésité était si grave que l’adolescent de 380 livres ne pouvait plus aligner deux phrases sans s’essouffler. Il a fallu une promesse faite à sa mère, aujourd’hui disparue, pour lui donner la force d’amorcer le virage santé dont il avait besoin et perdre ainsi 168 livres en trois ans.

Kevin Noël entre dans le restaurant près du gym où il s’entraîne à La Prairie. À observer ce gaillard de 5’10 et 212 livres, on ne devinerait jamais qu’il a déjà souffert d’obésité.

La petite assiette de bacon, d’avocat et de fromage de chèvre que le Longueuillois aujourd’hui âgé de 21 ans commande pour lui-même contraste avec la quantité importante de nourriture qu’il avait coutume d’engloutir auparavant. « J’étais du genre à déjeuner avec les restants de macaronis de la veille. Pour dîner, je me tapais une montagne de riz avec de la viande et, au souper, je me servais trois assiettes avec plusieurs pintes de jus », décrit-il. Malgré les remarques de ses parents, Kevin n’en faisait qu’à sa tête. « Je mangeais mes émotions et tous les prétextes étaient bons pour m’empiffrer. »

En dehors des parties de football avec l’équipe de sa polyvalente, l’ancien joueur de ligne offensive menait un mode de vie sédentaire. « J’étais la définition même de la patate de sofa. Je passais des journées complètes devant l’ordinateur et la télé. »

À 380 livres, Kevin Noël portait des pantalons de taille 46.
Photo Courtoisie
À 380 livres, Kevin Noël portait des pantalons de taille 46.

La vie devient compliquée quand on pèse 380 livres. À cette époque, Kevin portait des pantalons de taille 46 et devait s’habiller aux États-Unis pour trouver des vêtements à sa mesure. Son obésité l’empêchait d’ailleurs de réaliser la plupart des activités physiques que font les gens de son âge. Le simple fait de se lever de son lit lui demandait un gros effort. « Je n’avais aucune motivation pour me rendre à l’école et voir que j’étais différent des autres. Les gars de mon équipe m’encourageaient à m’accepter comme tel. Je l’ai fait, mais je n’étais pas heureux », raconte celui qui, aujourd’hui, enfile des pantalons de taille 36.

À 18 ans, Kevin Noël avait de la difficulté à se procurer des vêtements en raison de son problème de poids.
Photo Courtoisie
À 18 ans, Kevin Noël avait de la difficulté à se procurer des vêtements en raison de son problème de poids.

Kevin allait bientôt avoir 18 ans. Sa mère Marie-Ange, qui combattait un cancer du foie, lui a demandé de perdre 20 livres, en échange de quoi elle lui offrirait un plus gros cadeau. Le jeune homme lui a promis de faire des efforts et il s’est mis à s’exercer sur une machine elliptique.

Hélas, la maladie a emporté sa mère le 15 mars 2014. Happé par le drame, Kevin a mis ses bonnes résolutions de côté et abandonné temporairement l’exercice.

Une pente dure à monter

Pendant les mois qui ont suivi cette dure épreuve, Kevin passait beaucoup de temps chez la famille de son ex-copine Noémie, où il trouvait réconfort et soutien. L’envie de perdre du poids a tranquillement refait surface. Surtout, il n’avait pas oublié la promesse qu’il avait faite à sa mère. « Pour Noël, j’ai demandé à Noémie un abonnement au gym. Elle m’a répondu : “je te paye les six premiers mois, si tu aimes ça, je t’offre l’année au complet”. »

Kevin s’est craché dans les mains et s’est remis à l’entraînement à raison de trois séances de cardio par semaine. Les débuts ont été ardus. « J’étais incapable de marcher sur le tapis plus de cinq minutes. La vitesse était réglée à trois et je sentais que mon cœur allait lâcher. »

Kevin Noël s’entraîne dans un gym 
de La Prairie.
Photo Martin Alare
Kevin Noël s’entraîne dans un gym de La Prairie.

Un long apprentissage

Voyant que Kevin était sérieux dans ses démarches, ses beaux-parents de l’époque lui ont fait découvrir les bienfaits d’une saine alimentation. « Au souper, ils préparaient des plats santé et ils m’expliquaient les grands principes de la nutrition, alors qu’avant, je bouffais n’importe quoi. J’ai mangé du brocoli pour la première fois ! » Son menu a changé de façon radicale : moins de sucre et d’aliments transformés, plus de fruits et de légumes. Aussi, ses portions ont diminué.

Le sevrage de malbouffe a provoqué chez lui plusieurs sautes d’humeur. Kevin s’emportait pour un rien. « Je faisais des crises de panique parce que mon corps ressentait toujours les effets addictifs du sucre. Pour ne pas virer fou, je m’offrais une récompense quand j’atteignais un objectif. »

Ses proches ne l’ont jamais laissé tomber. Question de le motiver, son meilleur ami Charles-André l’accompagnait souvent en salle, même si – selon lui – le jeune homme n’en avait pas vraiment besoin. Au bout de quelques semaines, il a vu les premiers résultats tant espérés. « C’est à ce moment que j’ai pris goût à l’entraînement. Je lisais tout sur la nutrition pour comprendre les effets des aliments que je mangeais. »

À force de détermination et de discipline, il avait perdu 120 livres en un an. Par la suite, il a maintenu ses bonnes habitudes et poursuivi sa perte de poids. Il pèse maintenant autour de 210 livres.

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Photo Martin Alare

Le nouveau Kevin

Depuis sa transformation extrême, Kevin avoue ne plus être le même. Celui qui travaille au service à la clientèle chez Bell a la bougeotte. En plus de s’entraîner tous les jours, il pratique le badminton, le hockey et le vélo. « Je me sens tellement mieux. J’ai les idées claires et j’ai de l’énergie à revendre. »

Même si Kevin admet éprouver parfois des accès de gourmandise, il est capable de canaliser sa faim. « J’ai encore l’appétit d’une personne obèse, mais je peux me contrôler et choisir les bons aliments. Si je n’avais pas changé, je ne me serais pas rendu à 30 ans. Quand une personne me demande de l’aide, je suis volontaire pour l’épauler, car j’ai vécu tous les hauts et les bas de la mise en forme. »

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Sa victoire sur l’obésité lui a donné l’envie d’améliorer constamment sa condition physique. Prochain objectif : affiner sa carrure athlétique et descendre à 200 livres. Dorénavant, le jeune homme sait qu’il ne sera plus jamais à court de motivation.

Pour trouver la force de persévérer, il lui suffit de penser à sa mère. « D’où elle se trouve, je sais qu’elle me regarde. »