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« Ça m’a forcé à m’ouvrir et à m’intégrer »

Un jeune immigrant moldave est l’exemple parfait de l’impact du programme Passeport pour ma réussite

Ion Banaru
Photo pierre-paul poulin Ion Banaru, étudiant en génie électrique à l’Université McGill, ne passe pas par quatre chemins pour expliquer sa réussite. Arrivé de Moldavie à 12 ans, c’est l’encadrement de Passeport pour ma réussite qui a facilité son intégration au Québec.

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Débarqué tout droit de la Moldavie en 2008 alors qu’il ne parlait ni français ni anglais, un jeune Montréalais étudie aujourd’hui à l’Université McGill grâce à Passeport pour ma réussite, un programme qui pourrait bien s’étendre ailleurs au Québec prochainement.

Ion Banaru ne passe pas par quatre chemins lorsque vient le temps d’identifier les facteurs qui ont contribué à le mener à des études en génie électrique à McGill. Sans le programme Passeport implanté dans six communautés québécoises, il n’aurait peut-être jamais obtenu de diplôme.

« Pour un enfant de 12 ans, de voir ce but-là qui est si loin et de voir toutes les étapes, comme apprendre la langue, réussir les autres matières, passer par tout le système scolaire, le cégep et enfin atteindre l’université, c’était comme aller sur la lune pour moi. Mais le programme m’a permis de prendre tout ça par petites étapes », raconte le jeune homme qui a finalement très bien réussi partout où il est passé.

Plus que du tutorat

Au sein de Passeport, Ion a trouvé un accompagnement scolaire complet qui lui a permis d’avancer au même rythme que ses camarades de classe québécois. Toutefois, au-delà du défi scolaire, l’arrivée du jeune homme dans sa communauté d’accueil impliquait aussi un important défi social.

« Ça a fait une différence sur ma vie entière. C’est dans le programme que j’ai découvert des activités qui m’ont permis de rencontrer d’autres jeunes. Ça m’a forcé à m’ouvrir, à m’intégrer », raconte le jeune homme.

Le fait de côtoyer d’autres jeunes qui « ne l’avaient pas facile » a aussi contribué à l’épanouissement d’Ion. Jeunes immigrants, enfants de familles dysfonctionnelles ou défavorisées ; d’où venaient ces jeunes n’avait pas d’importance, c’est où ils allaient qui comptait.

« Peu importe notre background, nous étions tous dans la même situation. Tout ce qu’on voulait, c’était d’aller plus loin dans notre cheminement scolaire et dans la vie. On se comprenait et on s’appuyait là-dedans », se souvient celui qui revient donner du temps à son tour lorsqu’il en a l’occasion.

Aider plus de jeunes

Fiers de voir des jeunes progresser comme Ion l’a fait, les dirigeants du programme Passeport pour ma réussite voient grand. Comme le programme est actuellement financé à 100 % par des donateurs privés, des discussions ont été entreprises avec le ministère de l’Éducation pour assurer un développement.

« Il semble y avoir une ouverture. Les discussions sont positives et nous considérons qu’on peut réellement aider le gouvernement avec sa politique de décrochage », souligne le vice-président Québec de l’organisme, Sandro Di Cori.

Présentement implanté à Verdun, Shawinigan, Sherbrooke, Lachine, Pointe-Saint-Charles et Mashteuiatsh, Passeport pour ma réussite espère rejoindre plus de jeunes dans un avenir rapproché. Parce que « les besoins sont là » insiste la direction qui offre du soutien scolaire, social, financier et un suivi personnalisé aux élèves en difficulté.