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Le bilan de mi-saison de Bergevin: un constat d'échec

Le bilan de mi-saison de Bergevin: un constat d'échec
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Il n’est jamais facile pour un directeur général d’admettre ses fautes. Marc Bergevin l’a fait partiellement au cours de son bilan de mi-saison.

Avant d’assister à cette victoire de 5 à 2 contre les Canucks dimanche soir qui permet à ses joueurs de partir le coeur un peu plus joyeux pour une pause de cinq jours, Bergevin a longuement répondu aux questions des journalistes. On l’a senti un brin nerveux au départ, mais il a bien composé avec ce supplice (!) traditionnel de la mi-saison.

Bergevin a pris soin de nous dire qu’il n’a pas lancé l'éponge (il ne fallait pas s’attendre à autre chose de sa part) et qu’il a la couenne dure devant l’avalanche de critiques qui déferle sur lui. «Je suis un fighter et je vais me battre jusqu’au bout», a-t-il lancé, tout en ajoutant que la marge de manoeuvre pour obtenir une place dans les séries est très mince.

Il a reconnu que Jonathan Drouin n’est pas à sa place au centre et que la synergie souhaitée avec Max Pacioretty ne s’est pas concrétisée. Si Drouin est employé au centre du premier trio, c’est parce que Claude Julien n’a pas d’autre option.

«Dans un monde idéal, Drouin est un ailier, a commenté Bergevin. Pour le moment, il occupe la position où il peut le plus aider l’équipe. On réalise qu’il n’est pas à la position idéale pour se justifier, mais il apprend beaucoup. Le jour où il retournera à l’aile, il sera le joueur qu’il peut être.»

En d’autres mots, Drouin est là par défaut, en attendant l’arrivée d’un joueur de centre numéro 1. Bergevin est en poste depuis plus de cinq ans et il n’a toujours pas trouvé la solution pour corriger la principale lacune du club. C’est donc un constat d’échec pour lui et ça pourrait lui coûter son poste à la fin de la saison. Il ne peut rien promettre aux partisans.

Les départs de Markov et de Radulov

Bergevin a été questionné au sujet d’Andreï Markov, dont les services manquent beaucoup au Canadien. Il a parlé d’un problème de communication avec le vétéran défenseur lors des négociations de contrat. Il me semble qu’une telle situation n’aurait jamais dû se produire, surtout que ce n’est pas le budget qui manque à Montréal.

Le public aurait aimé que Bergevin admette que la direction a mal évalué un personnel de défenseurs trop souvent incapables de relancer l’attaque, mais c’était trop demander comme aveu.

Au cours de ce point de presse, il n’a jamais été question du départ d’Alexander Radulov, qui totalise déjà 38 points, dont 16 buts, avec Dallas. Je sais qu’il n’était pas facile pour le Canadien de répondre aux demandes contractuelles de Radulov, mais n’est-ce pas la responsabilité d’un directeur général de s’assurer de garder ses meilleurs joueurs, surtout ceux que les amateurs apprécient le plus?

Je m’ennuie de Radulov, ce joueur productif et enthousiaste, capable de transmettre son dynamisme à ses coéquipiers. Si Radulov était toujours à Montréal, Pacioretty aurait quelques buts de plus à sa fiche tandis que le Canadien aurait possiblement dix points de plus au classement.

Et le bilan de mi-saison de Marc Bergevin aurait été bien différent...