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Beau temps pour la raquette en ville

raquette
Courtoisie Myranda Plourde

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Le père Noël m’ayant fait cadeau d’une paire de raquettes, je n’étais pas fâché que Dame Nature me donne l’occasion de les étrenner hier en pleine ville. Tant qu’à avoir des trottoirs et des rues encombrées, aussi bien en profiter !

À une intersection, une pelleteuse s’immobilise pour me laisser traverser. Le chauffeur et moi nous saluons même si nous sommes dans des camps ennemis : lui travaille à enlever la neige nécessaire à mon loisir. Le promeneur en raquettes est le seul sans doute à espérer que le déneigement ne se fasse pas trop vite. Devant certains trottoirs grattés, je m’exclame «Oh non !» Et je déambule plutôt dans les ruelles pour trouver une épaisseur de neige idéale, semblable à celle d’un sentier dans la forêt. Une ruelle enneigée, c’est pittoresque et désert (à part quelques chats-yétis).

Nombreux sourires de connivence de la part des gens que je croise. Ma destination : le café où je m’installe pour finaliser cette chronique. Un bon 45 minutes. Sur place, je sirote mon café au lait avec impression d’être au chalet. C’est fort agréable, la raquette urbaine. Mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que ça irait drôlement plus vite en ski de fond. Je dépasse quand même les piétons bottés ; eux glissent, mes raquettes mordent.

Obstacles aplanis

Associée au folklore du coureur des bois et à la randonnée en pleine nature, la raquette s’avère commode dans une ville encore enterrée par la tempête. L’espèce de mur de neige qui barre le trottoir et par dessus lequel on essaie normalement de sauter pour éviter de renfoncer et de se remplir les bottes, on marche dessus.

Mieux : lorsque je passe sur une butte qui fait obstacle aux piétons, parce que je suis gentil, j’y fais de petits pas rapide avec mes raquettes afin de taper la neige. Je facilite la vie du prochain passant. Dans le concert des coups de pelles et des moteurs qui vrombissent furieusement tandis que les roues qui glissent «dans le beurre», j’ai vraiment l’impression m’inscrire dans une minuscule minorité privilégiée ; cette tempête qui embête tout le monde devient une partie de plein air.

Pratique

«Bonne idée, mon homme !» me dit un fumeur debout devant la porte d’entrée de sa résidence tandis que je rentre chez moi. «Oh c’est pratique, ça!» s’écrie ensuite Émi, la gérante de mon supermarché habituel.

En raquettes, évitez les marches... Il faut initialement poser latéralement une raquette deux marche plus haut, puis gravir une seule marche avec l’autre ; c’est compliqué, ça manque d’élégance. Aussi, souvenez-vous que lorsque vous perdez pied dans une neige épaisse, c’est difficile de vous relever. Vos mains calent dans la neige... Ça se peut que des gens vous voient dans cette fâcheuse posture et se moquent de vous... cela m’est bien sûr arrivé sur la butte où je suis monté pour illustrer cette chronique.