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Cannabis: entrepreneurship ou entrepreneurshit (dixit Michel Chartrand)?

Cannabis: entrepreneurship ou entrepreneurshit (dixit Michel Chartrand)?
Capture d’écran TVA nouvelles

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Privatisé aux amis

Comme pour les garderies privées subventionnées qui n’ont de privé que le nom; les bineries pseudo-pétrolières québécoises Gastem, Pétrolia et Junex, vivant aux crochets de l’État; les éoliennes et les barrages dits privés qui chargent le gros prix à Hydro-Québec et par conséquent aux Québécois, voilà qu’arrivent les pousseux de cannabis, ex-politiciens ou gens connectés aux partis politiques qui ont reçu gratos des permis du gouvernement fédéral qui les autorisent à se lancer comme ça, du jour au lendemain, dans la production du cannabis. Du cannabis médical thérapeutique qu’ils disent pour péter de la broue. En raison du nombre limité de joueurs autorisés, même avant d’avoir commencé quoi que ce soit sans véritable expérience et peu d’investissements, ils sont déjà multimillionnaires. Déjà, ils se pètent les bretelles, se sont formés des associations et ont embauché des lobbyistes afin de tenir au loin de leur chasse gardée d’autres prétendants. Ils sont pour un marché monopolistique sans compétition! Il me semble que l’on ne doit pas être taxé de socialiste ou de communiste, faut juste être pragmatique et donner préséance à l’intérêt collectif plutôt qu’à l’intérêt privé, de dire que la production et la distribution du pot auraient dû relever strictement d’une société à propriété collective. Mais non, des politiciens inféodés ont préféré donner cette manne à des faiseux. Des élus qui honnissent tout ce qui est de propriété ou de service publics.

Par ici la bonne soupe à piastres

Juste en passant en revue quelques titres d’article de journaux récents, on sent l’effervescence chez les opportunistes du cannabis qui, il y a pas si longtemps, étaient considérés comme des criminels et qui, en raison d’une législation « amicale », passent maintenant pour d’éminents gens d’affaires et des créateurs de richesse. Faites-moi rire. En passant, les Hells Angels aussi créent de la richesse et de l’emploi et ont d’importantes retombées économiques. Tiens, que dites-vous de ce titre d’article paru dans Le Devoir du 15 avril 2017? : « Les producteurs de marijuana flairent une occasion en or. Des Canadiens rêvent d’exporter leurs connaissances à l’étranger ». Déjà, ils se posent en experts et en innovateurs prêts à exporter leur « know-how » partout dans le monde. Connaissances autoproclamées qu’ils viennent juste d’acquérir : de vrais petits génies en « herbe ». Aie, il faut arrêter de rire du monde. Est-ce que ça prend une expertise acquise en complétant un doctorat pour savoir comment faire pousser une plante qui produit du pot? Pas plus difficile à faire pousser de la marijuana que de cultiver des concombres ou des tomates. Tout le monde est capable de faire ça et plusieurs le font déjà depuis plusieurs années. Tiens, un autre : « Législation du cannabis. D’autres acteurs flairent la bonne affaire » (Le Devoir, 17 juillet 2017). D’autres arrivistes... s’entend bien, branchés au Parti libéral du Canada.

Recyclage des serres du Québec

Vous le savez que les serres au Québec qui font pousser des fruits et des légumes en hiver jouissent de tarifs préférentiels d’électricité que les consommateurs québécois doivent leur défrayer en recevant leurs gros « bills » chaque mois d’Hydro-Québec? Voilà une autre industrie maintenue en vie artificiellement sur le bras de la collectivité. En termes d’efficience économique, il serait nettement mieux de diminuer les tarifs d’électricité résidentiels des gens qui sont les propriétaires de cet instrument collectif plutôt que d’offrir des tarifs ridiculement bas à un autre groupe industriel que sont les serres, en plus des pentes de ski, des mines, des alumineries, des forestières, etc. Y’a ben une limite à siphonner Hydro-Québec et les consommateurs résidentiels au profit de gens d’affaires qui doivent uniquement leur existence aux cadeaux offerts par leurs amis politiciens, cadeaux qui par contre sont payés par la population sans avoir daigné demander leur avis. On appelle ça des B.S. corporatifs. Ça va faire de vouloir faire pousser en plein hiver des fruits et des légumes qui nécessitent une énorme quantité d’électricité. Bientôt, ils vont vouloir être subventionnés pour cultiver dans leurs serres (qui ne créent pas d’emplois si ne sont que quelques jobs à temps partiel, peu rémunérés et pas spécialisés) des bananes et des mangues « made in Québec. »

Ah ben zut, que vois-je comme titre d’article du Journal de Montréal du 19 décembre 2017? : « Pour lui (l’agriculteur qu’il se dit), le cannabis est 10 fois plus payant que les tomates ». On n’en doute pas. J’espère que le gouvernement libéral du Québec aura la décence de ne pas offrir, à nos dépends, des tarifs préférentiels d’électricité à ces pseudo-agriculteurs du pot. En fait, il faudrait charger à toutes les serres, comme aux pentes de ski, les pleins tarifs d’électricité au nom du principe que le PLQ affectionne et applique à nos propres services publics, soit celui de l’utilisateur-payeur. Fini les folies de subventionner aussi la fabrication de neige artificielle aux mois de novembre et d’avril.

Il ne faut surtout pas attirer au Québec des firmes étrangères du pot en raison de nos tarifs d’électricité bonbons comme cela semble malheureusement se présager : « Marijuana. Le Québec, terre promise des producteurs. Les bas tarifs d’électricité attirent les promoteurs de l’extérieur notamment de l’Ontario » (Le Devoir, 16 septembre 2017). Faut-tu être colonisé pas à peu près pour que la patente de la production de la marijuana soit déjà contrôlée presque exclusivement par des firmes étrangères du Québec? Merci Justin Trudeau. Pourtant, n’importe qui peut faire pousser du pot. Pour enfoncer un peu plus notre niveau d’aliénation économique, déjà très élevé, ces affairistes vont venir au Québec afin que l’on leur fasse cadeau de notre électricité. Dans ce cas, nos élus vont alors forcer la population du Québec à payer les gros tarifs d’électricité pour chauffer leurs maisons afin d’en offrir de très bas à des parvenus étrangers qui se font aller dans une industrie que l’on ne peut pas qualifier de stratégique en termes de création de richesses. Mais probablement que Philippe Couillard et le PLQ vont quand même les subventionner au nom des « vraies affaires », quitte à couper davantage dans les « vraies affaires » que sont la santé, l’éducation et les garderies publiques!

Déjà multimillionnaires à ne rien faire, sauf du lobbying

Moi, je suis vraiment fâché pour les vrais entrepreneurs québécois qui chaque jour doivent concurrencer des transnationales étrangères comme dans le domaine de la restauration. On n’a qu’à penser aux restaurants québécois de la Cage aux Sport, Lafleur, Normandin, etc. qui eux n’ont pas droit aux tarifs ridiculement bas d’électricités offertes aux serres, aux pentes de ski, à la Cimenterie McInnis, aux alumineries, etc.

À voir par exemple le titre de ces deux brèves publiées dans Le Journal de Montréal du 2 et 20 décembre 2017 me fâche : « Un nouveau multimillionnaire du pot » et « Le patron d’une firme de pot encaisse ». Franchement révoltant et indécent. Michel Chartrand appelait ça des faiseux qui sont devenus multimillionnaires du jour au lendemain grâce à leurs gros contacts avec des politiciens qui leur ont tricoté des lois accommodantes sur mesure. Voilà une autre façon sur comment nos élus augmentent sans cesse les funestes inégalités économiques. Je reviendrai prochainement avec un article sur cette fumisterie qu’est l’industrie du cannabis devenue, grâce à eux, médicale et thérapeutique.

Dernière nouvelle

« Mike Tyson devient mariculteur » (TVA Nouvelles, 2 janvier 2018). Un autre expert du pot médical, thérapeutique, biologique et écologique.