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Gilbert Rozon ne veut pas verser des millions de dollars

L’homme d’affaires contestera la demande d’action collective contre lui

Gilbert Rozon, Fondateur Juste pour rire
Photo AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS Gilbert Rozon, Fondateur Juste pour rire

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Gilbert Rozon ne veut pas payer les millions de dollars que lui réclame un regroupement de femmes qui affirment avoir été agressées par l’homme d’affaires, a-t-il fait savoir à la cour.

« Le défendeur Gilbert Rozon entend contester la demande pour autorisation d’exercer une action collective », indique le document déposé dans le dossier par Lavery de Billy, le plus grand cabinet d’avocats indépendant du Québec.

Plutôt que de transmettre aux avocats adverses un simple accusé de réception, Rozon a tenu à donner cette réponse, qui met ainsi un terme à la possibilité d’un règlement à l’amiable dans cette affaire civile.

C’est la première fois qu’il répond aux allégations portées contre lui, bien que par la voix de ses avocats. En octobre, il avait publié un bref message, affirmant qu’il était « ébranlé » par les dénonciations contre lui et annonçant qu’il se retirait du Festival Juste pour rire.

Patricia Tulasne, Comédienne et présumée victime
Photo d'archives
Patricia Tulasne, Comédienne et présumée victime

 

« Prédateur sexuel »

Le mois suivant, le regroupement Les Courageuses avait intenté ce recours collectif contre l’ancien grand patron de Juste pour rire, qui aurait agressé au moins 20 femmes entre 1982 et 2016.

Il s’agirait toutefois de « la pointe de l’iceberg », selon les avocats, qui croient que d’ici la fin des procédures, « le groupe soit composé de plusieurs dizaines de victimes ».

Dans la requête, l’homme d’affaires est qualifié de « prédateur sexuel » qui aurait « profité du silence, de la crainte, de la honte et de l’impossibilité d’agir de ses victimes pour continuer sa prédation ».

Traumatisme

Les Courageuses, dont fait partie la comédienne Patricia Tulasne, réclament des millions $ en dédommagement collectif, mais aussi des montants individuels, selon les séquelles à chaque victime alléguée. Et le regroupement veut que ces dommages punitifs soient « réellement exemplaires ».

« En effet, Rozon a agi avec un mépris pour les droits de ses victimes qui méritent la dénonciation la plus claire qui soit », indique la demande d’action collective menée par les cabinets TJL et Kugler Kandestin.

Dans le cas de Mme Tulasne, qui affirme avoir été agressée sexuellement par Rozon en 1994, les avocats réclament 400 000 $.

Depuis les événements allégués, la comédienne dit n’avoir plus jamais été capable de faire confiance aux hommes ou d’avoir une vraie relation amoureuse.

Elle avait publiquement dénoncé Rozon dans la foulée de la vague #MoiAussi, qui a secoué le Québec et le monde entier dans les derniers mois.

Message fort

En condamnant Rozon à des sommes faramineuses, plus élevées que les « standards habituels » dans les poursuites civiles contre des particuliers, les avocats affirment que cela enverrait un message fort à la population.

Mais le fondateur de Juste pour rire compte bien se défendre des allégations portées contre lui, avec ses trois avocats.

« Il réserve tous ses droits », concluent les avocats dans la réponse au tribunal, tout en ajoutant qu’il n’est pas impossible que leur client conteste même que cette affaire puisse être entendue par la Cour supérieure du Québec dans le cadre d’une action collective.