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En route vers Pyeongchang 2018 : skiant «pour le fun», elle se qualifie pour les jeux!

Anne-Marie Comeau réussit un coup fumant aux sélections de ski de fond

Anne-Marie Comeau a donné un coup de tonnerre en se qualifiant pour les Jeux olympiques.
Photo courtoisie, Mario Walker Anne-Marie Comeau a donné un coup de tonnerre en se qualifiant pour les Jeux olympiques.

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Alex Harvey n’est plus l’unique fierté du ski de fond à Saint-Ferréol. Un an après avoir quitté la compétition active, Anne-Marie Comeau a donné un coup de tonnerre en se qualifiant pour les Jeux olympiques, mercredi, au mont Sainte-Anne, lors des sélections canadiennes, où elle était venue tenter sa chance « juste pour le fun »!

Deuxième au skiathlon de 15 km de lundi et troisième au 10 km en style classique de mercredi, la somme de ces résultats permet à Comeau de s’adjuger le deuxième poste pour les épreuves de distance aux jeux après celui obtenu par une autre Québécoise, Cendrine Browne.

« Les sélections étaient au mont Sainte-Anne, alors j’ai décidé d’essayer. Étant donné que je ne m’attendais pas à me qualifier, je me suis dit : je vais les prendre “pour le fun”. Finalement, ça a été un autre scénario, auquel je ne m’attendais pas », a partagé l’athlète de 21 ans.

Critères à remplir

Cette sélection surprise a lancé une cascade de décisions chez elle. Pour valider son billet pour les jeux en raison des critères de la Fédération internationale de ski (FIS), elle doit concourir à un minimum de cinq épreuves de distance certifiées FIS durant la saison en cours et y amasser les points requis.

Or, il lui manque deux courses pour atteindre le seuil minimum d’ici la date limite du 21 janvier, après les deux courses des derniers jours au mont Sainte-Anne et une autre complétée en Colombie-Britannique, le 10 décembre. En scrutant le calendrier, la skieuse en a ciblé une au Vermont, dimanche prochain, puis deux autres au Montana, les 18 et 19 janvier.

En plus de s’être enquise auprès de Ski de fond Canada de la possibilité d’être accompagnée d’un technicien, elle avoue qu’avec la logistique de ces voyages à organiser et la session universitaire qui débute lundi, le temps se bouscule.

« Je vais tout faire. Je ne m’attendais vraiment pas à me sélectionner pour les Olympiques et tout se passe vite aujourd’hui. Si ce n’est pas possible, c’est sûr que je vais être déçue, mais je vais me “crinquer” pour les mondiaux U23 et les prochains Jeux olympiques... peut-être », explique Comeau, qualifiée également grâce à ses résultats pour les Championnats du monde, du 28 janvier au 3 février, en Suisse.

Va-et-vient entre deux passions

Cette situation invraisemblable survient de la part d’une fille qui se consacrerait maintenant à une carrière universitaire de ski en dilettante afin de poursuivre ses études en administration. En complément à son entraînement avec l’équipe de course à pied de cross-country du Rouge et Or, elle n’avait effectué qu’une dizaine de sorties à ski à roulettes durant l’automne. Elle n’avait retrouvé la neige qu’à la mi-décembre.

Identifiée dans la relève montante du ski de fond canadien alors qu’elle était membre du Centre national d’entraînement Pierre Harvey, cette athlète reconnue dans le milieu sportif comme un gros moteur avait délaissé les pistes enneigées une première fois, en 2015, afin de se consacrer à son autre passion de la course à pied dans laquelle elle excelle.

Puis, de retour au ski de fond l’année suivante, avec les jeux de 2018 dans sa mire, elle avait à nouveau troqué ses bottes pour ses espadrilles à temps plein il y a deux ans.

« Depuis deux ou trois ans, le monde a eu de la misère à me suivre. Même moi! », avoue la détentrice du record québécois junior de 5000 m à la course à pied (16 m 34,43 s), réalisé en juin 2015.

« Quand tu aimes deux sports, ça demeure toujours compliqué de savoir où se lancer et où mettre nos énergies. La course à pied demeure très importante pour moi, mais moins évidente l’hiver, alors j’en profite pour skier », dit-elle candidement.