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En route vers Pyeongchang 2018: promesses d'étoiles sur la neige

La skieuse américaine Mikaela Shiffrin veut récolter 5 médailles d’or en Corée du Sud

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Photo d’archives, AFP Mikaela Shiffrin caresse des objectifs ambitieux pour les Jeux olympiques de Pyeongchang.

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Les souverains Usain Bolt et Michael Phelps qui ont laissé leurs empreintes dans l’histoire olympique contemporaine pourraient trouver leur équivalent sur la neige aux Jeux de Pyeongchang. L’autorité de Mikaela Shiffrin sur le ski alpin mondial laisse croire que son idée d’y gagner cinq médailles d’or n’apparaît plus aussi tordue.

Ce projet ambitieux est sorti de sa bouche le 21 février 2014, le jour où elle est devenue, à trois semaines de fêter ses 19 ans, la plus jeune championne olympique en slalom.

« Maintenant, mon rêve, c’est d’aller aux prochains Jeux olympiques et de gagner cinq médailles d’or. Je sais, ç’a l’air fou ! » avait lancé l’Américaine au bas de la pente aux Jeux de Sotchi.

Spécialiste multitâches

Pour un ensemble complet en or, on verra. Pour cinq médailles, par contre, ce n’est plus si fou. La virtuose du Colorado compte sur un palmarès qui l’annonce comme l’étoile la plus brillante sur ces Jeux. Le programme de ski alpin prévu durant la quinzaine de février lui en offrira la possibilité.

Si elle n’a encore pas statué sur le nombre d’épreuves auxquelles elle entend participer, les deux concours techniques au début des Jeux – géant le 12 et slalom le 14 – la galvaniseront assurément pour la suite. Le super-G du 17 février et la descente, quatre jours plus tard, pourraient nourrir ensuite la menace qu’elle représentera pour le combiné (1 manche de descente + 1 de slalom) du 23 et l’épreuve par équipe du lendemain.

Cette enfant d’un père anesthésiste a ajouté à sa maîtrise des épreuves techniques une polyvalence jusque dans les disciplines de vitesse. On la savait déjà impératrice du slalom avec sa 30e victoire en carrière de mardi dernier en Autriche, mais elle a étendu sa domination dans les autres sphères en s’adjugeant notamment la descente de Lake Louise, le 2 décembre dernier.

« Il n’y a pas de limite, a-t-elle déjà affirmé. Je veux être la meilleure skieuse, pas seulement la plus rapide. Je veux être la meilleure techniquement, je veux être plus forte, la plus régulière. »

L’histoire du sport raffole de ce genre d’ambitions. Le patineur de vitesse Eric Heiden fut le dernier athlète américain à collectionner cinq médailles d’or dans une même édition des Jeux d’hiver. C’était à Lake Placid en 1980.

Il faudra voir si une telle réussite se peut encore, une génération plus tard.

Autre phénomène : Klaebo

C’est aussi sur la neige qu’on pourrait assister à la révélation d’un autre phénomène. La bourrasque pourrait cette fois souffler depuis la Norvège avec une tempête au nom ardu à prononcer : Johannes Hoesflot Klaebo.

Les dizaines de milliers de spectateurs qui avaient assisté aux finales de la Coupe du monde de ski de fond sur les plaines d’Abraham, en mars 2017, ont fait la connaissance de la plus récente trouvaille sortie de la fabrique norvégienne. Sa série de huit victoires en neuf départs cette saison, autant dans des épreuves de distance que de sprint, nous a confirmé que ce jeune joyau d’à peine 21 ans n’est pas du toc.

« Ce gars-là, ce n’est pas une surprise. On savait qu’il s’en venait », a reconnu Alex Harvey au mois de décembre à propos de celui qui dominait à ce moment le classement général.

Klaebo s’est éclipsé du circuit après sa victoire du 17 décembre en annonçant qu’il renonçait à l’éprouvant Tour de ski, afin de mieux se préparer pour les Jeux.

Ça regarde mal pour la concurrence...

La skieuse américaine Mikaela Shiffrin

  • Date de naissance : 13 mars 1995, Vail au Colorado
  • 3 X championne du monde slalom (2013, 2015, 2017)
  • 2e slalom géant, championnats du monde 2017
  • 122 départs en Coupe du monde
  • 58 podiums dont 41 victoires
  • Porte sur ses skis et son casque l’acronyme « ASFTTB » pour « Always Ski Faster Than The Boys » (Skier toujours plus vite que les garçons)

Pyeongchang 2018 en vitesse

Dopage: la Russie, même suspense

Le feuilleton sur la participation des athlètes de Russie n’a pas fini de s’écrire à moins d’un mois des Jeux. Dans une décision qui a secoué la planète du sport, le 5 décembre dernier, le Comité international olympique (CIO) a suspendu le pays des Jeux de Pyeongchang, une sanction basée sur les résultats d’une enquête révélant un système de dopage cautionné par l’État durant les Jeux de Sotchi en 2014.

Seuls les athlètes de Russie n’ayant jamais été pris pour dopage et soumis à des tests indépendants pourront toutefois participer aux Jeux en Corée du Sud. Un panel élu par le CIO et dirigé par l’ex-ministre des Sports de la France, Valérie Fourneyron, s’affaire encore à la sélection des athlètes.

Ceux autorisés à y participer devront toutefois défiler à la cérémonie d’ouverture et dans leurs épreuves sportives sans les couleurs de leur pays et identifiés comme « athlètes olympiques de Russie ».

« Pour l’ensemble de notre délégation au Canada, c’est essentiel de concourir dans un milieu propre. On a mis beaucoup de pression sur le Comité international olympique pour que des actions soient prises. Pour moi, ce qui s’est produit est positif. Des sanctions ont été prises et c’est un pas vers l’avant », observe la chef de mission de l’équipe canadienne, Isabelle Charest.

Patinage de vitesse: les yeux vers la glace

La Corée du Sud devrait trouver peu d’épreuves pour faire vibrer sa fibre patriotique durant « ses » Jeux, sauf assurément chez ses athlètes qui tournent en rond. Les patineurs de vitesse du pays, autant à la courte piste qu’à la longue, devraient procurer les meilleurs moments à leur peuple durant l’événement.

Ça vaudra surtout à l’ovale de 400 m de Gangneung. C’est sur cette même glace que Bo-Reum Kim avait remporté l’épreuve masculine du départ groupé des championnats mondiaux en février 2017, un concours dans lequel le Québécois Olivier Jean avait terminé troisième. Un autre enfant du pays, Seung-Hoon Lee, occupe cette saison le premier rang du classement général de la Coupe du monde à cette épreuve.

La Sud-Coréenne Sang-Hwa Lee, détentrice du record du monde au 500 m depuis novembre 2013, y jouera gros également. Sa deuxième place au classement mondial lui sert déjà comme carte de visite.

BIathlon: une légende échoue

Ça s’annonçait impensable, mais c’est venu près : la légende du biathlon Ole Einar Bjoerndalen pourrait avoir gaspillé ses dernières munitions dans son projet de participer à ses septièmes Jeux olympiques.

L’icône de ce sport alliant ski de fond et tir à la carabine, comptant 13 podiums olympiques dont huit victoires, a terminé à un 42e rang inhabituel pour lui, mercredi à Ruhpolding en Allemagne. Dans son espoir de qualification, il n’a inscrit comme meilleur résultat qu’une 18e place cette saison, ce qui lui confère le sixième rang de l’équipe norvégienne. À 43 ans, c’est sans doute fini maintenant. Pour de bon.