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La plus forte hausse de taxes en 6 ans pour les Montréalais

L’augmentation de la taxe de l’eau fait exploser la facture des propriétaires

Le président du comité exécutif Benoit Dorais et la mairesse Valérie Plante étaient tout sourire en présentant aux médias le premier budget de la nouvelle administration municipale à l’hôtel de ville de Montréal, mercredi en fin d’avant-midi.
Photo Agence QMI, DARIO AYALA Le président du comité exécutif Benoit Dorais et la mairesse Valérie Plante étaient tout sourire en présentant aux médias le premier budget de la nouvelle administration municipale à l’hôtel de ville de Montréal, mercredi en fin d’avant-midi.

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Les Montréalais devront ouvrir leur portefeuille. La mairesse Valérie Plante vient de leur imposer dans son premier budget la plus grande hausse de taxes depuis 2012, qui fera grimper leur facture de 3,3 % en moyenne.

Cette hausse importante que les propriétaires devront payer dans leur prochain compte de taxes s’explique notamment par la première augmentation de la taxe de l’eau depuis 2013, à hauteur de 1,1 %. Une décision nécessaire pour financer les importants investissements en cours depuis 2016 dans les infrastructures, dit la mairesse.

« Quand on doit gérer une urgence au niveau du réseau d’aqueduc qui est vieillissant, ça coûte 10 fois plus cher, a-t-elle expliqué mercredi. On veut être responsable et on a décidé d’investir et de ne pas attendre qu’il y ait des fuites. Ça coûterait plus cher de refiler la facture aux générations futures. »

Ces hausses ne vont pas à l’encontre de la promesse électorale de ne pas accroître les taxes foncières au-delà de l’inflation, soit 2,1 % selon le Conference Board, s’est défendu Mme Plante. Elle a martelé avoir toujours parlé de taxe foncière et non de taxe d’eau.

« Séparer la taxe foncière et la taxe d’eau c’est jouer sur les mots, ce n’est pas très transparent », regrette toutefois Pierre Pagé, du regroupement Montréal pour tous, qui défend les intérêts des propriétaires et petits commerçants.

118 $ de plus

Pour une résidence moyenne de 427 524 $, la hausse totale représente un montant de 118 $ de plus à payer cette année à la Ville.

« Je ne vois pas en quoi 118 $ d’augmentation au total ferait mal aux Montréalais. C’est 10 $ de plus par mois pour un compte moyen », a affirmé le président du comité exécutif, Benoît Dorais, devant les élus mercredi. 

« Je ne comprends pas comment [M. Dorais] peut banaliser une augmentation de 118 $ par année », a aussitôt répliqué le chef de l’opposition Lionel Perez.

C’est dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, où réside par ailleurs la mairesse, que la hausse sera la plus importante, soit de 5,6 %. 

Couper dans le gras

Au total, le budget de la Ville est de 5,5 G$, en augmentation de 5,2 %, en raison notamment d’une hausse des dépenses en matière de régimes de retraite et de la nouvelle entente Réflexe Montréal découlant de la nouvelle Loi sur la métropole. 

« Je reconnais qu’il y a des problèmes d’infrastructures, mais [augmenter les taxes], c’est la solution facile, affirme Carl Vallée, directeur de la Fédération canadienne des contribuables au Québec. Ils devraient mettre plus d’efforts pour couper dans le gras, comme dans les 2,3 G$ accordés aux fonctionnaires chaque année. »

Aucune raison

« Rien ne justifiait une hausse de taxes, précise Lionel Perez, qui avait établi un plan sur 10 ans avec l’ancienne administration pour rattraper le retard dans les infrastructures. On avait assez d’argent prévu dans notre programme d’immobilisations et dans le budget de fonctionnement. » 

Pour l’économiste de l’Université de Montréal, Jean-Philippe Meloche, c’est plutôt la « fin d’un cycle ». 

« On essaie de changer le mode de financement en payant la dette des infrastructures existantes et en faisant des provisions pour le futur. C’est normal qu’on doive redoubler d’efforts. »  

– Avec la collaboration de Sarah Daoust-Braun, Agence QMI

 

Ce qu’ils ont dit

« [Ce budget] va affecter la qualité de vie des Montréalais, ça va diminuer l’attractivité des Montréalais et ça va faire très mal aux commerçants. » – Lionel Perez, chef de l’opposition

« Si vous êtes une jeune famille ou un commerçant, vous avez pris une chance en croyant que cette administration-là respecterait sa parole. S’ils avaient su quelle était l’augmentation [à venir], ils n’auraient jamais voté pour cette administration. » – Alan DeSousa, porte-parole de l’opposition en matière de finances

« Je comprends que cela puisse être surprenant pour [les citoyens], mais nous n’avons pas brisé notre promesse. Nous faisons au contraire ce que nous avions dit que nous ferions, en investissant massivement, par exemple en logements. » – Valérie Plante, mairesse de Montréal

« Le 5 novembre dernier, nous sommes montés dans un train en marche [...]  Il fallait faire des choix difficiles pour maîtriser la hausse des coûts tout en maximisant l’efficacité des services qu’on veut fournir à nos citoyens. » – Benoit Dorais, président du comité exécutif

 

Écarts de hausse entre les arrondissements

 

Le premier budget de l’administration Plante a été présenté hier et se traduit par une hausse des taxes dans chaque arrondissement. L’augmentation en dollars pour une résidence de valeur moyenne est indiquée, tout comme la valeur moyenne d’une résidence par arrondissement. 

Le taux moyen de l’inflation pour 2018 est de 2,1 % selon les prévisions du Conference Board du Canada. 


Arrondissements en haut de ce taux

Arrondissements égaux ou en bas de ce taux


Ville de Montréal (+3,3 %)

  • Augmentation : 118 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 427 524 $

L’Île-Bizard–Sainte-Genevière (+2,5 %)

  • Augmentation : 85 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 408 129 $

Pierrefonds-Roxboro (+3,1 %)

  • Augmentation : 90 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 340 175 $

Saint-Laurent (+1,7 %)

  • Augmentation : 56 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 377 550 $

Plateau-Mont-Royal (+3,2 %)

  • Augmentation : 147 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 551 235 $

Ahuntsic-Cartierville (+3,5 %)

  • Augmentation : 131 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 443 575 $

Montréal-Nord (+1,3 %)

  • Augmentation : 48 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 377 371 $

Rosemont–La Petite-Patrie (+5,6 %)

  • Augmentation : 210 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 454 695 $

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (+2,8 %)

  • Augmentation : 78 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 306 128 $

Anjou (+2,8 %)

  • Augmentation : 83 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 308 167 $

Saint-Léonard (+1,4 %)

  • Augmentation : 61 $
  • Valeur moyenne d’une résidence:  493 133 $

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (+3,7 %)

  • Augmentation : 118 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 374 636 $

Ville-Marie (+3,2 %)

  • Augmentation : 105 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 416 558 $

Sud-Ouest (+3,4 %)

  • Augmentation : 109 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 371 567 $

Verdun (+2,4 %)

  • Augmentation : 77 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 387 879 $

Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (+4,2 %)

  • Augmentation : 213 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 616 935 $

LaSalle (+0,7 %)

  • Augmentation : 21 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 378 906 $

Lachine (+2,1 %)

  • Augmentation : 64 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 356 505 $

Outremont (+4,5 %)

  • Augmentation : 314 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 886 783 $

Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (+5,4 %)

  • Augmentation : 191 $
  • Valeur moyenne d’une résidence : 424 945 $

 

Où va chacun de vos dollars ?

  • Enlèvement de la neige: 3,0 ¢
  • Paiement au comptant d’immobilisations: 6,6 ¢
  • Logement social, inspection des aliments et autres: 1,9 ¢
  • Collectes, élimination des déchets et environnement: 3,2 ¢
  • Eau et égout: 4,6 ¢
  • Transport en commun: 10,5 ¢
  • Réseau routier: 5,1 ¢
  • Sécurité publique: 18,7 ¢
  • Charges corporatives: 4,8 ¢
  • Administration générale: 10,6 ¢
  • Service de la dette: 16,7 ¢
  • Loisirs et culture: 10,4 ¢
  • Aménagement urbanisme et développement économique: 3,9 ¢

 

Hausse moyenne des impôts fonciers à Montréal pour les immeubles résidentiels

  • 2010: 5,2%
  • 2011: 4,3 %
  • 2012: 3 %
  • 2013: 2,2 %
  • 2014: 2,8 %
  • 2015: 2,2 %
  • 2016: 1,9 %
  • 2017: 1,7 %
  • 2018: 3,3 %

 

Quelques éléments importants du budget

La ligne rose absente

Aucun budget n’a été alloué à la création d’un bureau de projet pour la ligne rose du métro, pourtant promis par Projet Montréal. Le directeur général Alain Marcoux a précisé qu’il y avait tout de même de l’« espace budgétaire » prévu pour sa réalisation.  

La brigade des chantiers attendue

Le budget prévoit la création d’une brigade de surveillance des chantiers, comme l’avait promis Projet Montréal. Aucun montant pour cette brigade n’a été dévoilé, mais un « espace budgétaire » y est réservé.

Plus pour les pompiers et les policiers

Le budget pour la sécurité publique augmente de 25,2 M$. Le SPVM recevra 647,3 M$ et le service incendie, 330,2 M$. 

Hausse de la rémunération globale

La rémunération globale s’élève à 2,33 milliards de dollars, soit une hausse de 31,3 M$ par rapport à 2017, et représente 42,6 % des dépenses de la Ville. 

Les commerçants aussi touchés

Les commerçants écopent d’une hausse moyenne des impôts fonciers de 3 % pour les immeubles non résidentiels. Ce taux s’élevait à 0,9 % en 2017. 

Une brigade pour la salubrité

Une brigade pour la salubrité des logements sera mise en place. Un million de dollars seront injectés pour la création de 13 nouveaux postes d’inspecteurs qui s’ajoutent aux 17 inspecteurs déjà au boulot.

Plus d’argent pour le déneigement

Le budget alloué au déneigement augmente de 6 M$ et se chiffre à 163,3 M$. On ajoute entre autres des crédits de 1,5 M$ pour l’épandage d’abrasifs sur les trottoirs.

53,6 M$ pour les régimes de retraite

La fin des mesures transitoires d’étalement pour rembourser les pertes des régimes de retraite liées à la crise de 2008 ajoute une dépense nette de 53,6 M$.