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Ce génie qui veut notre bien

Donald Trump
Photo AFP Donald Trump

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Chaque chronique sur Trump me vaut des courriels disant qu’il faudrait plus se concentrer sur ceux qui gouvernent le Québec et le Canada.

Le problème est que les décisions de celui qui vient de se qualifier de « génie très stable » nous affectent plus que celles de n’importe quel autre chef d’État étranger.

Regardons attentivement la semaine écoulée.

Déverser

Souvenez-vous de la vague de demandeurs d’asile haïtiens de l’été dernier.

La très grande majorité d’entre eux ne réussiront pas à faire la démonstration qu’ils sont de vrais réfugiés.

Beaucoup deviendront des illégaux clandestins chez nous. D’autres retourneront en Haïti. Une poignée verra son statut régularisé et restera ici.

Mais tous auront encombré un système de traitement des nouveaux arrivants déjà débordé, financé par vous et moi.

Ils se sont rués ici parce que le « génie stable » leur a retiré le statut de résident temporaire.

Voilà que le « génie stable » nous refait le coup avec les 195 000 résidents d’origine salvadorienne. Devinez ce que beaucoup d’entre eux tenteront de faire.

Je comprends parfaitement qu’un pays expulse des indésirables. Là n’est pas la question.

Mais le gouvernement Trump sait qu’il déverse ainsi, unilatéralement, un énorme problème dans la cour de son voisin.

Qu’on ne vienne pas ensuite me dire que les décisions du « génie stable » n’ont pas un impact profond sur nous.

Je concède que le Canada ne s’aide pas quand l’ado en chef à Ottawa laisse entendre que son pays a pour vocation d’accueillir les malheurs de la planète entière.

Le « génie stable » ne s’est pas arrêté là cette semaine.

Le Canada, voyez-vous, est le plus grand exportateur mondial de papier journal, frappé, depuis mardi, par d’autres tarifs punitifs imposés par Washington.

Les Résolu, Kruger, White Birch, Catalyst et autres, c’est 25 usines, situées principalement au Québec et en Ontario.

Uniquement pour la compagnie Résolu, ses usines de Dolbeau, Kénogami, Baie-Comeau, Clermont, Amos, Alma et Gatineau emploient environ 1280 travailleurs touchés par les mesures américaines.

Néfaste

C’est certes un vieux conflit, mais Trump lui donne trois tours de vis supplémentaires. Et je pourrais faire un exercice similaire pour pratiquement toute autre semaine.

Au-delà de sa personnalité, cet homme prend des décisions qui nous affectent très concrètement.

Ses défenseurs noteront que le NASDAQ, le Dow Jones et le S&P 500 pètent le feu.

Qui en profite vraiment ? Ses copains de Wall Street à qui il vient de donner, comme cadeau de Noël, une baisse d’impôts historique.

Ceux d’en bas, eux, viennent de se faire confirmer, par la Brookings Institution, que la croissance de leurs salaires dépassera à peine l’inflation.

Le « génie stable » savait à qui il devait parler pour se faire élire. Mais il sait aujourd’hui pour qui il travaille.