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En route vers Pyeongchang 2018: des inconnus à l’assaut de l’or

Quatre Québécois qui ont joué dans la LNH sont retenus au sein de l’équipe canadienne de hockey qui participera aux Jeux olympiques

En route vers Pyeongchang 2018: des inconnus à l’assaut de l’or

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À défaut de Carey Price, Sidney Crosby ou Patrice Bergeron, ce sera à Kevin Poulin, Maxim Lapierre et des joueurs de ligues européennes que le Canada s’en remettra pour défendre sa médaille d’or au tournoi de hockey olympique.

Hormis les quatre Québécois de l’équipe dévoilée hier par Hockey Canada – Maxim Noreau, Maxim Lapierre, Kevin Poulin et Marc-André Gragnani –, les amateurs curieux de spéculer sur les chances de la feuille d’érable à Pyeongchang devront fouiller dans leurs archives pour s’informer sur la majorité des 25 joueurs.

« Au début, quand on a commencé, on ne savait pas trop quel genre d’équipe on allait être capable de bâtir. On a vraiment travaillé fort », a émis lors d’une conférence téléphonique Martin Brodeur, qui agit comme adjoint avec Tom Renney au directeur général de l’équipe, Sean Burke.

Chris Kelly, le « doyen »

Certains noms sonnent à nos oreilles, comme Derek Roy (738 matchs dans la LNH), Rene Bourque (725) et Lapierre (614). Dans la colonne du vécu dans la

« grande ligue », c’est l’ex-attaquant âgé de 36 ans et gagnant de la coupe Stanley avec les Bruins de Boston en 2011, Chris Kelly, qui domine avec 833.

À l’opposé, des inconnus renaissent grâce aux Jeux olympiques. C’est le cas des défenseurs Matt Robinson et Chris Lee, qui n’ont jamais atteint la LNH, ainsi que d’un autre défenseur, Chay Genoway, qui revendique avec le Wild du Minnesota en 2011-2012 une aide... en un match.

« Ce sera une équipe qui va travailler très fort et ce sont des matchs qui, tout dépendant de l’équipe que nous allons affronter, vont se gagner en troisième période. On s’est beaucoup bâti sur l’aspect défensif, sur la robustesse aussi avec nos troisième et quatrième trios. Je pense que nous allons être compétitifs à chaque match », anticipe Brodeur.

Quatre ex-joueurs du Canadien

Le trio de dirigeants a livré cette équipe à l’entraîneur-chef Willie Desjardins en écumant sept ligues professionnelles en Amérique du Nord et en Europe. Leurs emplettes ont favorisé quatre joueurs ayant déjà porté les couleurs du Canadien, soit Lapierre, Bourque, Christian Thomas et le gardien Ben Scrivens, qui avait servi de pneu de secours durant 15 matchs en 2015-2016 pour pallier l’absence de Carey Price.

Huit des joueurs ont déjà participé au championnat mondial disputé chaque printemps et 10 revendiquent une présence à la Coupe Spengler à Davos, dont Lapierre, Poulin, Noreau et quatre autres qui ont contribué à la victoire au récent tournoi en décembre.

« Belle opportunité »

L’équipe se prêtera à un camp préparatoire à compter du 28 janvier en Lettonie. La défense du titre olympique débutera le 15 février contre la Suisse.

Si ce n’est pas ce soir-là, la chef de mission du Canada, Isabelle Charest, assistera assurément à l’un des matchs. La feuille d’érable à l’avant du chandail lui inspire déjà confiance, même si les noms des joueurs à l’endos qui le porteront ne sont plus prononcés dans la Ligue nationale.

« J’ai assisté à la finale en 1994 et, même si ce n’étaient pas des joueurs de la Ligue nationale, c’était un super bon spectacle. Je trouve que c’est une belle opportunité pour voir la profondeur du sport au Canada. Ils ont quand même bien fait dans les tournois, récemment.

« Je suis convaincue qu’ils vont avoir réussi à composer une équipe performante », croit la « patronne » du pays à ces Jeux.

La réputation du Canada restera intacte

Médaillée d’or ou bredouille, l’équipe canadienne masculine de hockey ne devrait pas s’inquiéter des effets du résultat dans un tournoi olympique disputé dans l’indifférence.

« Peut-être que la prédiction est bonne et que les Russes vont gagner la médaille d’or, peut-être que le Canada va se battre pour une médaille, peut-être même pas. Ça ne va rien changer. Le hockey aux Jeux olympiques va devenir un tournoi de deuxième ordre. Les gens ne sont pas dupes. Je ne pense pas qu’il y aura un grand intérêt », prétend Pierre Sercia, professeur au département des sciences de l’activité physique de l’Université du Québec à Montréal, pour qui l’évolution du hockey international et les Jeux olympiques se situent dans ses champs d’expertise.

Titre menacé

L’absence des joueurs de la Ligue nationale menace la série de deux médailles d’or du Canada et le total de trois en cinq éditions (2002, 2010, 2014) depuis l’acceptation des meilleurs joueurs au monde à Nagano en 1998. Si l’équipe canadienne devait passer à côté du podium à Pyeongchang, son statut de référence au hockey international n’en sera pas affecté, croit cependant cet observateur.

« Pour moi, il n’y a aucun doute qu’il n’y aura aucun impact. Le Canada va toujours demeurer une référence pour le hockey, peu importe que leurs meilleurs athlètes y aillent ou non. Il y a beaucoup d’autres vitrines qui sont plus importantes pour le hockey, comme le championnat mondial junior et la Coupe du monde », estime Sercia.

Défi pour l’enthousiasme

Chose certaine, en raison du décalage horaire avec la Corée du Sud, les mordus québécois de la rondelle devront se lever tôt ou se coucher tard pour surveiller l’avancement de l’équipe du Canada. D’autant plus que, pour la première fois depuis les Jeux de 1994, le tournoi olympique sera confronté à la saison régulière du Canadien et de la Ligue nationale. Un défi se pose pour provoquer l’enthousiasme.

« Un match Washington contre Pittsburgh va attirer plus de téléspectateurs qu’un match Canada-Russie aux Jeux olympiques. », prédit le professeur.

La formation canadienne

Gardiens

Justin Peters (Blyth, Ont./Kölner Haie, DEL, Allemagne)

Kevin Poulin (Montréal/Medvescak de Zagreb, EBEL, Autriche)

Ben Scrivens (Spruce Grove, Alb./Salavat Yulaev d’Oufa, KHL, Russie)

Défenseurs

Stefan Elliott (Vancouver/HV71, SHL, Suède)

Chay Genoway (Morden, Man./Lada Togliatti, KHL, Russie)

Cody Goloubef (Oakville, Ont./Stockton, AHL, Amérique du Nord)

Marc-André Gragnani (L’Île-Bizard, Qc/HC Dinamo de Minsk, KHL, Russie)

Chris Lee (MacTier, Ont./Metallurg de Magnitogorsk, KHL, Russie)

Maxim Noreau (Montréal/SC de Berne, NLA, Suisse)

Mat Robinson (Calgary/CSKA de Moscou, KHL, Russie)

Karl Stollery (Camrose, Alb./Dinamo de Riga, KHL, Russie)

Attaquants

Rene Bourque (Lac La Biche, Alb./Djurgårdens IF, SHL, Suède)

Gilbert Brulé (Edmonton/Red Star de Kunlun, KHL, Russie)

Andrew Ebbett (Vernon, C.-B./SC de Berne, NLA, Suisse)

Quinton Howden (Oakbank, Man./HC Dinamo de Minsk, KHL, Russie)

Chris Kelly (Toronto, Ont./Belleville, AHL, Amérique du Nord)

Rob Klinkhammer (Lethbridge, Alb./Ak Bars de Kazan, KHL, Russie)

Brandon Kozun (Calgary/Lokomotiv de Yaroslavl, KHL, Russie)

Maxim Lapierre (Brossard, Qc/HC de Lugano, NLA, Suisse)

Eric O’Dell (Ottawa/HC de Sotchi, KHL, Russie)

Mason Raymond (Cochrane, Alb./SC de Berne, NLA, Suisse)

Derek Roy (Rockland, Ont./HC de Linköping, SHL, Suède)

Christian Thomas (Toronto/Wilkes-Barre/Scranton, AH, Amérique du Nord)

Linden Sondage (Wakaw, Sask./Barys d’Astana, KHL, Russie)

Wojtek Wolski (Toronto/Metallurg de Magnitogorsk, KHL, Russie)