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Hausse de taxes à Montréal: ils ont peur de perdre leurs locataires

Stéphane Arcand et Bianka Bernier sont propriétaires d’un immeuble locatif dans Rosemont–La Petite-Patrie et parents de deux jeunes enfants de 2 et 5 ans, Charlotte et Laurent.
Photo Catherine Montambeault Stéphane Arcand et Bianka Bernier sont propriétaires d’un immeuble locatif dans Rosemont–La Petite-Patrie et parents de deux jeunes enfants de 2 et 5 ans, Charlotte et Laurent.

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En plus de voir leur propre compte de taxes augmenter, des propriétaires d’immeubles locatifs de Rosemont-La Petite-Patrie craignent de perdre leurs locataires à cause de la hausse des loyers qui suivra.

« J’ai déjà eu des locataires qui sont partis parce qu’ils étaient tannés des augmentations. Je n’ai pas envie que ça arrive encore », lance Stéphane Arcand, propriétaire d’un multiplex sur le boulevard Saint-Michel.

La hausse de taxes annoncée hier par l’administration Plante-Dorais ne touchera pas que les propriétaires, rappelle M. Arcand. Elle se traduira aussi par une augmentation des loyers, particulièrement dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, qui encaissera la hausse la plus forte (5,6 % en moyenne).

« En tant que propriétaire, on n’a pas vraiment le choix de refiler la facture aux locataires, mentionne-t-il. Mais pour les gens qui ont déjà de la misère à joindre les deux bouts, une augmentation de quelques dollars par mois, ça finit par faire beaucoup. »

L’an dernier, M. Arcand payait 4969 $ de taxes pour son immeuble à cinq logements. En 2018, ce montant grimpera à 5247 $, soit 278 $ de plus.

Le propriétaire précise que ce ne sont pas quelques dollars de plus par mois qui feront fuir ses locataires. Mais lorsqu’on additionne la hausse de taxes aux autres augmentations qui ont une répercussion sur les loyers, notamment celle des assurances, le montant peut finir par être assez important.

Il ajoute que si la hausse des taxes est justifiée par l'amélioration des services et des infrastructures de l’arrondissement, celle-ci sera plus acceptable.

Jeunes familles

Élizabeth Gagnon-Whear, qui possède un immeuble locatif sur la rue Molson, s’inquiète elle aussi de l’impact qu’aura la hausse de taxes sur ses locataires.

« Chaque année depuis un bout, à Rosemont, on est toujours dans les plus augmentés, constate-t-elle. Mais on ne peut pas augmenter les loyers indéfiniment, parce qu’on ne sera plus capable de louer. »

« Ce qui me fait le plus peur, c’est que les gens partent de Rosemont et qu’ils s’en aillent tous ailleurs, comme à Hochelaga », ajoute-t-elle.

La femme de 33 ans qui est enceinte de son deuxième enfant admet qu’elle devra elle-même se serrer la ceinture pour pouvoir payer son compte de taxes.

« Je pensais que Valérie Plante était très pro-famille, et là, les jeunes familles vont se retrouver prises à la gorge, déplore-t-elle. Chez moi, on a juste une voiture, on voulait s’acheter un terrain cet été, mais on n’a pas pu... Tout augmente, c’est difficile. »

Du côté des propriétaires de maisons de Rosemont, plusieurs ont été surpris par l’ampleur de l’augmentation de taxes.

« On ne s’attendait pas à ça, parce qu’il me semble que ce n’est pas du tout ça que Valérie Plante avait promis », a mentionné Francine Barbier, une résidente de l’avenue des Plaines.

Malgré leur déception, la plupart des propriétaires rencontrés par Le Journal hier étaient prêts à donner à la nouvelle mairesse le bénéfice du doute concernant les justifications de la hausse.

« Il y a peut-être bien des choses qu’on ne sait pas encore sur ce que Denis Coderre a laissé derrière lui », a supposé Daniel Labrosse.

 

– Avec Laurence Houde-Roy