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Le chant du cygne d’un grand acteur

Daniel Day-Lewis incarne le couturier de renom Reynolds Woodcock dans Le fil caché (Phantom Thread), le nouveau film du cinéaste Paul Thomas Anderson.
Photo courtoisie Daniel Day-Lewis incarne le couturier de renom Reynolds Woodcock dans Le fil caché (Phantom Thread), le nouveau film du cinéaste Paul Thomas Anderson.

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À 60 ans, l’acteur Daniel Day-Lewis tire sa révérence ce mois-ci avec la sortie du film Le fil caché, qu’il annonce comme son dernier rôle à l’écran. Que l’on croie ou non à sa décision de mettre fin à sa carrière d’acteur alors qu’il est encore au sommet de sa forme, on ne peut que lever son chapeau à l’immense héritage que nous laisse ce surdoué du 7e art.

Son palmarès parle de lui-même. Grâce à la vingtaine de films dans lesquels il a joué, Daniel Day-Lewis a remporté trois Oscars, deux Golden Globes et quatre prix BAFTA (l’équivalent britannique des Oscars).

Décrit par plusieurs comme le plus grand acteur de sa génération, le Britannique de 60 ans a marqué le cinéma des 30 dernières années avec plusieurs performances intenses et inoubliables, de My Left Foot (1989) à Lincoln (2012) en passant par Au nom du père (1994), Les gangs de New York (2002) et Il y aura du sang (2007).

Encore plus que ses rôles à l’écran qu’il a toujours choisis avec une grande minutie, c’est son dévouement pour le method acting qui m’a toujours fasciné chez Daniel Day-Lewis. Il n’a jamais eu peur de faire appel à cette méthode de jeu (et de préparation) extrême et rigoureuse pour se glisser dans la peau de ses personnages.

Dans la peau de...

Ainsi, pour incarner le peintre et poète irlandais Christy Brown dans My Left Foot, l’acteur avait insisté pour se déplacer en fauteuil roulant pendant tout le tournage et pour se faire nourrir à la petite cuillère exactement comme son personnage (qui était atteint de paralysie spasmodique).

Pour préparer sa performance dans Le dernier des Mohicans, il avait passé plusieurs mois à vivre seul dans une forêt et avait appris à chasser et à pêcher comme les Amérindiens de l’époque.

Pour jouer un jeune Irlandais accusé à tort d’un attentat à la bombe dans Au nom du père, il avait perdu une soixantaine de livres et avait passé plusieurs jours et nuits en prison pour tenter de comprendre ce qu’avait vécu son personnage.

Je me trompe peut-être, mais on ne voit plus beaucoup d’acteurs, de nos jours, faire autant d’efforts et de sacrifices pour se plonger dans un personnage. Mis à part quelques rares exceptions (comme récemment Leonardo DiCaprio pour Le Revenant), les stars hollywoodiennes semblent rester dans leur zone de confort quand ils se préparent pour leurs rôles.

Le fait que Daniel Day-Lewis ait été aussi habité par ses personnages a pesé dans sa décision de se retirer du métier. En entrevue au magazine W en novembre dernier, il a admis qu’il se sentait tellement investi par ses rôles qu’il ne pouvait accepter que des projets auxquels il croyait entièrement. À cause de cette énorme pression qu’il se mettait sur les épaules, il avait déjà songé à se retirer dans le passé. Mais cette fois-ci, c’est la bonne, a-t-il assuré.

Souhaitons tout de même qu’il revienne un jour sur cette décision.


Le chiffre de la semaine: 11,2 %. la part de marché du cinéma québécois au box-office en 2017 — une augmentation importante par rapport aux 5,1 % de 2016.


La citation de la semaine: « Nous sommes tellement reconnaissantes envers Jean-Marc Vallée. Sa vision des personnages, la façon dont il nous a dirigées... » – Reese Witherspoon, pour Big Little Lies

 

Mes choix de la semaine

Au cinéma : Le Post

La sortie d’un nouveau film de Steven Spielberg est toujours un événement. Dans ce drame historique un peu convenu, mais néanmoins réussi, le célèbre cinéaste américain revient sur le scandale des Pentagon Papers, au début des années 1970, alors que des journalistes du New York Times et du Washington Post s’étaient battus pour publier des enquêtes sur l’implication politique et militaire des États-Unis dans la guerre du Vietnam. Un film brûlant d’actualité en cette ère Trump.


Sur DVD ou VSD : Brad’s Status

Ben Stiller est surtout connu pour ses comédies, mais il est aussi capable de jouer dans un registre plus émotif. Dans cette comédie dramatique qui a été tournée à Montréal à l’automne 2016, l’acteur livre une performance touchante dans la peau d’un père qui, en faisant une tournée des collèges avec son fils, remet ses choix de vie en question en étant confronté à la réussite de ses anciens collègues de classe. Disponible en DVD et vidéo sur demande.


À la télé : Souvenirs de Brokeback Mountain

Daniel Day-Lewis incarne le couturier de renom Reynolds Woodcock dans Le fil caché (Phantom Thread), le nouveau film du cinéaste Paul Thomas Anderson.
Photo courtoisie Pathé Distribution

Gagnant de l’Oscar de la meilleure réalisation en 2006, ce film magnifique du cinéaste Ang Lee nous permet de redécouvrir l’immense talent de l’acteur Heath Ledger qui nous a quittés de façon tragique il y a déjà 10 ans. À Télé-Québec samedi à 22 h.


À la télé : Là-haut

Neuf ans après sa sortie en salles, ce film d’animation touchant et sensible de Pete Docter demeure, à mon avis, une des plus belles réussites du studio Pixar. Dimanche à 15 h sur les ondes de Radio-Canada.